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      Petit Hanneton a disparu, l’Atom Agency enquête !

      Yann & Schwartz nous avaient fait découvrir Atom Agency il y a deux ans avec Les Bijoux de la Begum (Dupuis), remettant au goût du jour l’ambiance surannée des polars chics des années 1950 tout en ressuscitant l’atmosphère un peu lourde de l’Après-Guerre. Aujourd’hui arrive la suite…

      Alors que la police est sur les dents parce qu’elle n’arrive pas à capturer l’ennemi public numéro un, René la Canne, Jean Gabin et Jean Marais font appel à Atom Vercorian et ses associés pour retrouver la trace de « Petit Hanneton ». Derrière ce curieux patronyme se cache en fait une infirmière portée disparue qu’ils ont tous deux côtoyée en 1945 durant la débâcle allemande.

      Atom Agency : Ambiance polar et titi parisien

      Comme toujours avec Yann, le scénario est bien structuré et l’intrigue rondement menée. On ne saurait en attendre moins de la part d’un vieux briscard comme lui. On croise donc ainsi des truands d’époque, des forts des halles au langage fleuri, on se promène avec Atom et ses petites sœurs dans une fête foraine qui n’est pas sans rappeler celle de Casse-pipe à la Nation de Malet et Tardi ou l’on fait de mauvaises rencontres dans les bidons-villes de la banlieue parisienne.

      Schwartz, quant à lui, se plaît visiblement beaucoup à donner vie à cette histoire rétro qui évoque tour à tour le cinéma de Grangier ou Becker ou les bons vieux albums de Gil Jourdan, fleuron de la BD classique de l’école de Marcinelle. On reconnaîtra d’ailleurs l’inspecteur « Krutonian » et même le héros-phare de Tillieux au coin d’une case.

      Quelques regrets cependant

      Une nouvelle fois, les défauts de l’album viennent uniquement du scénariste ; ou plutôt, du dialoguiste. Car si Yann sait sans conteste structurer convenablement une histoire pour la rendre intéressante, il n’arrive pas à se départir des travers qui le caractérisent depuis quelques années maintenant. À savoir son obsession de la Seconde Guerre mondiale et la surabondance de langages régional, indigène, argotique ou autre qui rendent parfois la lecture fastidieuse, voire rebutante. Si cela peut fonctionner auprès d’un public adulte, il n’est pas certain qu’un lectorat plus jeune y trouve son compte.

      En allégeant les dialogues de ses lourdeurs de vocabulaires, le récit s’en trouverait plus fluide et agréable à lire. Espérons donc que le message soit entendu et que Du mouron pour deux petits moineaux (le tome 3 annoncé en quatrième de couverture) sera une réussite plus franche que ses deux prédécesseurs qui méritent de toute manière qu’on s’y arrête.

      Petit Hanneton est une aventure de détective classique qui ravira les nostalgiques et les passionnés des années 1950 françaises. Le talent graphique de Schwartz est certainement la partie la plus incontestablement réussie de l’album et malgré les lourdeurs traditionnelles de Yann, on se plaît à lire cette aventure qui aurait pu être encore plus satisfaisante sans cela. On attend tout de même le tome 3 avec envie.

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