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      Critique de la pièce Family Circus

      Trois frères se retrouvent une fois par an chez l’aîné, Jules, celui qui a réussi, notaire de province au naturel angoissé. Antoine, homosexuel, dirige une agence de communication. Patrick, le plus jeune, comédien et metteur en scène, galère quelque peu.

      Les réunions de famille ont tendance à dégénérer et cette fratrie est presque un volcan en éruption ! On les suit sur une période de dix ans en trois tableaux qui se déroulent dans la cuisine de Jules.

      Ils se confient pourtant les uns aux autres, non sans complicité. On apprend les ambitions politiques de la femme de Jules, maire puis députée, qu’il trompe allègrement. Antoine, malgré les difficultés dans son couple avec un compagnon alcoolique, adopte un enfant. Patrick vient d’avoir un fils, mais se fait rapidement plaquer par sa compagne et ne réussit pas à retrouver l’amour.

      Quelques répliques traduisent l‘esprit mordant de la pièce :

      • A force d’être dans le moule, tu vas finir par ressembler à une tarte
      • L’authenticité c’est comme la drogue. Plus c’est pur, plus c’est nocif !
      • Un pour tous, tous pourris ! est leur devise
      • Cela m’a coûté un bras. Oui, mais il te reste l’autre !

      Les comédiens précisent dans leur note d’intentions que cette histoire de fratrie n’est pas exclusivement masculine. Les femmes y sont omniprésentes (mères, épouses, maîtresses, enfants… Ce sont elles les moteurs, les éléments déclencheurs de toute évolution. Et puis, à la direction du jeu, Hélène Couëdellot vient apporter son regard, sa précision, son sens du rythme au service de l’humour. C’est notre point cardinal, notre phare. Preuve s’il en était que ce sont bien les femmes qui mènent le bal…

       Il ne s’agit pas d’une énième pièce sur la famille détestable et malveillante au sens de Gide, le fameux famille je vous hais ! La famille est dans Family Circus préservée si l’on peut dire grâce à l’humour de l’auteur, Paul Bertho, qui nous donne à voir la tendresse, la complicité, la compréhension existant entre les trois frères malgré leurs différences irréductibles. Se tirer mutuellement dans les pattes fait partie de leur mode de fonctionnement, mais ils le font sans véritable aigreur ni acrimonie. Petites vacheries, petites piques se succèdent, mais rien de si grave, finalement, et ils continuent à se retrouver une fois par an, parfaitement conscients de leurs défauts respectifs !

      C’est drôle, enlevé, virevoltant. Les comédiens, pleins de ressources et de vitalité, nous offrent sur un rythme effréné des situations cocasses pour des moments de franche rigolade.

      Rire, émotion, tendresse, joie, humour décapant sont au rendez-vous de cette excellente comédie, à voir absolument !

      Ecrit par Fabrice GLOCKNER

      Avec Patrice Rocour, Grégoire Aubert, Julien Guglielmi

      Texte de Paul Bertho

      Regard extérieur Hélène Couëdellot

      Attachée de presse Dominique Lhotte

      Bande son Benjamin Civil

      Décor et régie Jérémy Nègre

      Du 8 au 30 juillet à 20h15 les jours pairs (relâche le 20 juillet)

      Au théâtre du Grand Pavois à Avignon

      En alternance les jours pairs avec Trio sur canapé, une autre comédie décapante signée du même Paul Bertho, à voir absolument également !

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