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      Easy : Critique d’une série Netflix tout en originalité

      La série Easy est la dernière création Netflix sortie le 22 septembre 2016. Amour, sexe, banalité, le réalisateur Joe Swanberg les entremêle et nous offre des épisodes remplis de justesse. Retour sur une série à la fois drôle, tendre et crue, dans un article sans spoilers.

       

      Une série sous le signe du « mumblecore« 

      Pour commencer, un petit point technique sur Joe Swanberg doit être fait, et notamment à propos du mouvement “mumblecore” dans lequel cette série s’inscrit. Le “mumblecore” est un mouvement cinématographique du 21ème siècle qui se caractérise par des thématiques autour des aléas de la vie d’adulte à notre époque, des acteurs souvent non-professionnels mais surtout une place très importante pour l’improvisation dans les dialogues. Le terme “mumblecore” vient du verbe anglais “mumble”, qui signifie “marmonner” : lancés dans l’improvisation, les acteurs parlent dans leur barbe, leurs paroles se chevauchent, et le réalisme s’installe alors naturellement dans une discussion. Joe Swanberg est l’une des figures représentatives du mouvement et Easy en est une digne illustration.

       

      Des tranches de vie réalistes

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      Les épisodes de la série sont dans un format court, d’environ trente minutes chacun, et pourtant ce laps de temps est largement suffisant pour que le spectateur se prenne une claque devant ces tranches de vie. Easy se compose de huit épisodes, tous indépendants, racontant le quotidien émotionnel, sexuel et ennuyeux des habitants de Chicago. L’un des avantages de l’indépendance des épisodes, c’est qu’ils n’ont pas besoin de cliffhanger ou de happy ending : dans la vraie vie, nous ne pouvons pas choisir le meilleur moment pour éteindre la caméra et c’est exactement la même chose ici. On y retrouve des scènes de la vie de tous les jours filmées au plus prêt de l’intimité des chicagoans, dans des bars, des cuisines, des lits, et on peut affirmer que ces scènes sont toujours filmées de la bonne façon. La caméra ne porte jamais un jugement, elle ne fait que nous montrer de manière crue la réalité des relations modernes, que ce soit au milieu d’une partie de jambes en l’air ou au cœur d’une rupture via Skype.

       

      Tout en crédibilité

      Ce qu’on apprécie surtout dans Easy ? La légèreté et la qualité de la mise en scène. On se retrouve face à des personnages auxquels on peut se rattacher, à des relations crédibles et justes. Swanberg nous dépose dans une antre de tendresse passionnée, où l’improvisation donne aux personnages une texture émotionnelle que les grands discours ne pourraient jamais leur apporter. Quand on regarde bien, il n’y a absolument rien de facile (easy en anglais) dans les relations dépeintes dans la série : des sujets parfois gênants sont traités devant nous mais avec un regard tellement extérieur qu’on se retrouve scotchés devant nos écrans. On aurait pu redouter une approche filmée du sexe trop crue, mais la caméra offre en général au spectateur easy_2un érotisme sans excès, parfois doux, parfois brusque. L’infidélité, l’homosexualité, la curiosité, l’ennui, tout le monde peut trouver son compte avec Easy.

      Mais comme tout ne pouvait pas être aussi parfait, quelques bémols sont à relever. Tout d’abord, les épisodes sont assez inégaux, certains n’ont pas de réel intérêt scénaristique ou cinématographique. L’improvisation des acteurs, on dit oui, mais parfois le réalisme de la longueur des discussions peut ennuyer le spectateur si la scène s’étale un peu trop. Dans l’ensemble, Easy comporte peu de mauvais côtés mais n’est pas encore un sans-faute.

       

      Un casting exaltant !

      Pour terminer, comment passer à côté d’un casting assez revigorant ? Vous qui aviez l’habitude de le voir avec de longs cheveux et armé d’un arc ou d’une épée dans Le Seigneur des Anneaux ou Pirates des Caraïbes, vous pourrez voir Orlando Bloom dans un rôle de jeune père décomplexé, un véritable délice d’interprétation. Parmi ses comparses masculins, on retrouve par exemple Dave Franco (21 Jump Street ; Now You See Me), Jake Johnson (New Girl) ou encore Michael Cernus (Orange Is The New Black). Du côté des femmes, le casting est tout aussi riche et tout aussi séduisant : on y retrouve notamment Malin Åkerman (Watchmen ; 27 Robes), la mannequin Emily Ratajkowski (Gone Girl), Elizabeth Reaser (Twilight ; Grey’s Anatomy) ou encore Gugu Mbatha-Raw (Black Mirror). Une partie du casting est constituée d’acteurs non professionnels, mais on ne doute pas qu’ils réussiront à se faire un nom assez rapidement s’ils continuent sur leur lancée.

       

      En somme, Easy est une série tendre. Joe Swanberg a retranscrit sur le petit écran des tranches de notre quotidien, importantes ou futiles, mais toujours est-il qu’elles sont représentées avec une très grande justesse. Avec quelques longueurs mais des plans si méticuleux, on ne peut que tomber sous le charme de la plupart des épisodes. Si tout n’est pas absolument parfait, Easy est tout de même une belle réussite.

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