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      Critique de « The Boys » saison 2 : une suite plus maîtrisée que la première saison

      Initialement, The Boys est une série de comics créée en 2006 par Garth Ennis. Pendant six ans, à travers 72 numéros, le scénariste a imaginé un monde où les super-héros sont les pires ordures de la création. Un univers dominé par des individus dotés de super-pouvoirs, mais qui n’ont aucune morale, aucun sens de l’honneur et de la justice. Des tueurs sans foi ni loi, capables des pires atrocités. Eric Kripke, aidé par Seth Rogen et Amazon Prime Video, a décidé d’adapter ce comics culte en série TV. Après une première saison relativement réussie en 2019, le show était de retour depuis début septembre à raison d’un épisode par semaine. Ce vendredi, le final de la saison 2 a été dévoilé. Ainsi, il est temps de revenir sur cette deuxième saison.

      The Boys : une deuxième saison plus réussie

      Cette suite a largement réglé les problèmes de la première saison. Le show a offert un spectacle impressionnant et beaucoup plus maîtrisé, que lors de la saison précédente. Eric Kripke est parvenu à offrir un rythme bien mieux géré, plus précis, plus en adéquation avec le ton des comics. Tandis que la première saison souffrait de quelques longueurs, de quelques défauts de rythme majeurs, limitée par quelques ventre mous, celle-ci est beaucoup mieux dosée.

      Critique de "The Boys" saison 2 : une suite plus maîtrisée que la première saison

      Fini les quelques épisodes moins qualitatifs, la lenteur du développement de l’intrigue et des personnages, les quelques clichés malvenus. Cette fois, le show sait dans quelle direction aller et les choses s’accélèrent. Moins superficielle, The Boys trouve dans cette deuxième saison son rythme de croisière. Le show parvient à offrir du grand spectacle couplé à un scénario plus étoffé, plus intéressant aussi. Chaque épisode promet sa dose d’action, et les trois derniers opus valent assurément le détour.

      The Boys joue toujours aussi bien avec les clichés du genre super-héroïque. Eric Kripke a compris ce qui faisait le charme des comics, qui s’amusaient à détourner la concurrence Marvel et DC pour offrir sa propre vision du mythe du super-héros. Le show TV propose encore des déferlements de violence pop géniaux, déjouant les attentes des spectateurs en tournant toujours les super en dérision, et vers des horizons inédits. Eric Kripke parodie toujours aussi bien, même si les enjeux deviennent de plus en plus dramatiques au fil de l’intrigue.

      Des personnages ultra efficace

      Mais l’intérêt premier de The Boys réside dans ses protagonistes. Chaque figure est un élément indispensable à la réussite du show. Et cette saison 2 peut compter sur un ajout de taille à travers le personnage de Stormfront. Une nouvelle héroïne ultra-puissante, et encore pire que ses semblables. Un personnage détestable, qui appuie l’horrible image des super-héros dans cette série. Un rajout intéressant, qui a offert une nouvelle dynamique au Protecteur. Ce dernier est toujours aussi important dans la série. Antony Starr interprète cette figure emblématique avec une facilité déconcertante, offrant une profondeur inédite à ce personnage qui gagne en ambiguïté dans cette deuxième saison.

      Critique de "The Boys" saison 2 : une suite plus maîtrisée que la première saison

      Grâce à Stormfront, mais aussi par rapport à l’intrigue entourant son fils, le protagoniste devient moins manichéen, plus ambigu, plus imprévisible. Une évolution intéressante, que la fin vient couper de manière inattendue, et surtout extrêmement brutale. Le héros a gagné en sympathie et en charge émotionnelle, tout en restant une menace inébranlable. Une force de la nature mentalement faible, manipulable, et qui cherche encore à trouver sa place.

      On salue également le traitement de Stella, qui gagne elle-aussi en intérêt. L’héroïne quitte son statut de petite naïve fragile, gagne en importance, et devient un ressort scénaristique plus profond que la simple romance avec Hughie. On retiendra également le développement hilarant de The Deep, qui devient un ressort comique passionnant, et d’une absurdité désopilante. Eric Kripke décide d’en faire un bouffon de première, dépassé par les événements, constamment à côté de la plaque. Un personnage cocasse, risible au possible, aidé par les immondes Fresca. Difficile d’oublier l’excellente séquence où cette parodie d’Aquaman fait du surf sur un énorme cachalot.

      Karl Urban : l’acteur indispensable au show 

      Critique de "The Boys" saison 2 : une suite plus maîtrisée que la première saison

      Enfin, impossible de ne pas citer l’irremplaçable Butcher, campé d’une main de fer par un Karl Urban au top de sa forme. Un rôle sur-mesure dans lequel excelle le comédien, qui, on l’espère, va enfin avoir la carrière cinématographique qu’il mérite après ce passage remarqué par le petit écran. Le héros de cette histoire gagne lui aussi en profondeur, devenant de plus en plus sombre au fil des épisodes. Sa dualité avec le Protecteur permettait de mettre en avant une relation intrigante, une dualité de tous les instants, via ces deux personnages qui ne sont finalement pas si différents. Pendant un moment, on aurait pu croire que les deux figures du show allaient échanger leur statut. Que le Protecteur aurait pu passer du bon côté de la ligne l’espace d’un instant, pendant que Butcher continue inexorablement de se diriger vers le côté obscur de la force.

      Cette saison 2 de The Boys est donc largement plus réussie que la première. Plus de rythme, une écriture plus précise, des personnages en plein développement, le show prend une tournure intéressante. Un final efficace qui promet du très lourd pour la suite. 

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