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      Rencontre avec le groupe australien Good Morning lors de leur concert à Paris

      Good Morning était à Paris début juillet pour la dernière date de leur tournée mondiale. Justfocus a eu le plaisir d’interviewer le groupe australien d’indie rock et d’assister à leur concert au Popup du Label.

      Revivez ce moment en images avec notre reportage photo de l’évènement. 

      Justfocus : Salut Liam! Pourrez-tu présenter Good Morning en quelques mots pour nos lecteurs qui ne connaissent pas encore le groupe ? 

      Liam : Je suis Liam et je joue dans Good Morning, un groupe originaire de Melbourne en Australie. Il y a Stephan, qui ne peut pas être là car il est allé récupérer les clés d’une sous-location ici à Paris, et moi. On est juste un petit groupe australien. 

      JF : Pourquoi « Good Morning » ?

      L : Pour être honnête… on avait besoin d’un nom ! (Rires.) On avait déjà créé de la musique, notre premier album était terminé et on avait pas de nom. On s’est donné une nuit pour en trouver un et c’est le meilleur nom auquel on a pu penser. (Rires.) Je ne me rappelle pas de la raison exacte mais je suis sûr qu’il y avait quelque chose de spécifique…J’ai jamais pensé que je devrais répondre à cette question, si j’avais su j’aurais trouvé une meilleure explication… ou un meilleur nom ! (Rires.) 

      JF : Votre premier album « Shawcross » est sorti en 2014. Comment a commencé l’aventure ? 

      L : Stephan et moi, nous nous sommes rencontrés au lycée. Quand on a lancé Good Morning on se connaissait depuis environ 5 ans, depuis qu’on avait 15/16 ans je pense. On s’est rencontré dans un cours de réalisation cinématographique et ça a été le coup de foudre. (Rires.) On s’est très vite rapprochés grâce à la musique et on a formé des groupes de lycée. On en a eu plusieurs. De là, sans trop y réfléchir, ça a évolué et donné Good Morning. On écrivait chacun des chansons, se les envoyait, jouait sur nos démos respectives, créait des choses et avant de s’en rendre compte on avait un album. Ça a jamais été « Asseyons-nous et créons un groupe ». C’était vraiment naturel, c’est juste quelque chose qui a découlé de notre amitié.

      JF: Du coup, vous jouiez chacun d’un instrument et vous mettiez en commun ce que vous créiez ? 

      L : Oui, c’est exactement ça. On jouait tout les deux plus ou moins des instruments typiques du rock: guitare, batterie, basse et clavier. On a beaucoup de chance par rapport à ça, c’est pas comme si l’un de nous devait toujours jouer que de la guitare par exemple. C’est plus une question d’idées et de goûts. 

      JF : En parlant de goûts, quelles étaient vos influences et inspirations à l’époque ? 

      L : Je sais pas trop, je pense qu’une des raisons qui a fait qu’on s’est bien entendu avec Stephan c’est parce qu’on aimait vraiment tout ! On aimait tous les styles de musique, il n’y avait pas un genre spécifique. Ça allait de l’indie rock au rap, en passant par le punk, la musique électronique et le jazz. Tout était bon pour nous. Je pense que c’était plutôt ça qu’un artiste en particulier. C’était une bonne période pour être jeune et tout télécharger. (Rires.) Il fallait juste réfléchir à ce que tu voulais télécharger. C’était avant que tout soit disponible et sélectionné presque automatiquement pour toi. (Rires.)

      JF : Et depuis cette époque, y’a-t-il des choses qui vous ont particulièrement inspirés ? 

      L : Même si c’est toujours un peu pareil, oui je pense qu’il y a des choses qui sont restées et qui nous ont pas mal inspirés, comme Neil Young. Je dirais aussi Cate Le Bon. C’est quelqu’un qu’on a toujours beaucoup aimé et qu’on suit depuis des années. On était aussi très fan de Deerhunter. Earl Sweatshirt aussi. Beaucoup de trucs très différents je pense. 

      JF : Vous avez déjà sorti beaucoup de disques entre les albums, les EPs et les singles. Tu as mentionné qu’au début de votre carrière c’était très spontané sans intention spécifique. Quel est votre processus de création aujourd’hui? 

      L : Au début, c’était vraiment comme ça en effet. On créait juste des choses et puis on a fini par avoir un disque terminé. Après avoir sorti quelque chose, on s’est dit qu’il fallait sûrement sortir quelque chose d’autre, un autre titre ou un autre album. (Rires.) Donc depuis ce moment, la plupart du temps, ça dépend de où on se situe dans le monde. (Rires.) On part quelque part et on se donne quelques semaines pour créer quelque chose dans cet endroit. Des fois, on installe notre studio dans une maison près de la plage à Melbourne où on habite. C’est vraiment plutôt ça pour nous, d’avoir une certaine durée, par exemple deux semaines et on voit ce qu’il se passe pendant ces deux semaines. Je pense qu’on est toujours plus ou moins en train d’écrire. On écrit chacun notre musique, des trucs qu’on partage l’un avec l’autre. C’est plus comme une collection de chansons, à ce moment et à cet endroit. C’est globalement comme ça qu’on travaille tout en changeant nos méthodes un peu à chaque fois. 

      JF : Good Morning c’est juste vous deux. Comment ça se passe quand vous créez une chanson ? Créez-vous ensemble ou chacun amène une chanson terminée et vous mettez en commun ? 

      L : Ça dépend. La moitié du temps, l’un de nous a un titre terminé et le présente à l’autre en mode « Voilà comme sonne la chanson, ça donne ça ! ». Le reste du temps c’est, soit on s’assoit et on écrit ensemble, soit l’un à quelques accords et l’autre met des mots dessus. Ça dépend vraiment des fois. Il y a aussi eu quelques fois où on a travaillé avec un groupe de musiciens live, on les a fait venir en studio et on a créé des choses avec eux. Ça change un peu. Des fois, si tu fais toujours la même chose ça devient un peu ennuyeux, tu tombes dans une routine. Donc ouais, si on fait trop souvent quelque chose on essaye généralement de nouvelles choses, histoire de pas toujours avoir la même formule. Même si les formules c’est pas mal (rires), comme Abba par exemple ! Abba est génial ! (Rires.)

      JF : De ce qu’on a lu vous aimez tout faire vous-même : les clips, les pochettes d’albums, les affiches… Est-ce juste parce que vous trouvez ça fun ou avez-vous l’impression que ça enlève quelque chose à votre processus créatif si vous ne le faites pas vous-même ? 

      L : Un peu des deux ! C’est quand même plus fun de faire le plus de choses possible. Ni Stephan ni moi sommes très bons à visualiser des choses, mais on s’en sort et on arrive à faire ce dont on a besoin. C’est aussi comme ça qu’on apprend, en faisant les choses. Au début, on n’était pas de super bons musiciens, puis on a pratiqué. Ça peut que s’améliorer. C’est agréable de créer quelque chose à chaque fois. Ça fait du bien. 

      Après, je pense qu’au delà de ça, on a tous les deux un côté « si ça marche pas, tu peux t’en prendre qu’à toi même » plutôt que d’avoir quelqu’un d’autre qui a foiré. (Rires.) C’est sûrement une façon super pessimiste de voir les choses mais on est des gens plutôt pessimistes (rires) donc je pense que ça joue beaucoup. Au final, si quelque chose se passe mal, j’ai pas envie d’en vouloir à quelqu’un d’autre, je préfère en vouloir à Stephan ou à moi-même. (Rires.) C’est pas un super sentiment d’avoir confié quelque chose à quelqu’un et à la fin d’être là : « Mon Dieu ils ont foiré! ». C’est sympa d’avoir la possibilité de juste s’en prendre à soi-même des fois. (Rires) Mais ouais, d’un autre côté si le résultat est bon tu peux être fier car c’est grâce à toi ! (Rires.) 

      JF : Parlons un peu de ce qu’il s’est passé il y a deux ans… Comment le COVID a-t-il affecté le groupe ? 

      L : Eh bien, déjà, on était en tournée quand ça a commencé… On était aux Etats-Unis, on avait fait les 4 premiers dates d’une tournée de 6 semaines. On a dû annuler le reste et rentrer en Australie immédiatement. C’était évidement super stressant mais ça avait aussi un côté un peu nouveau (rires) du genre « Whaou c’est vraiment fou, on sait pas trop ce qu’il est en train de se passer ». Donc on est rentré chez nous et on a dû s’isoler pendant deux semaines. C’était avant que l’Australie mette en place l’isolation en hôtel donc on a décidé d’aller dans la maison d’un ami, en bord de mer et on a eu ces deux semaines super agréables. C’était une des meilleures périodes de ma vie. (Rires.)

      Après ça, ça a continué encore et encore… surtout en Australie. Au bout d’un moment, on a créé un studio. On a loué un espace à Melbourne, on a construit un studio et on a enregistré une tonne de musiques ! On y allait tous les jours, comme un job à temps plein, de 9h à 17h. Mais plutôt de 23h à 6h ! (Rires.) On enregistrait. C’était vraiment sympa ! C’est quelque chose qu’on avait jamais vraiment fait avant, d’avoir un endroit où aller pour être focus non stop sur quelque chose de précis. Que quelque chose ressorte des sessions ou non, c’était  sympa et c’était aussi un super moyen de passer le temps pendant le COVID : faire de la musique et se concentrer sur quelque chose quand y’avait pas grand chose d’autre sur quoi porter son attention à cette période. A part ça, on a aussi toujours eu d’autres jobs et projets donc on a aussi travaillé sur d’autres choses. 

      JF: Quels sont vos autres jobs ? 

      L : J’y travaille plus maintenant mais je bossais à la commission électorale qui organise les élections et tout. Ouais, c’était mon job ! (Rires.) Stephan travaille dans un bar. Mais on a tous les deux eu genre 30 jobs différents. (Rires) Tellement de boulots différents ! (Rires.) Des bons et des mauvais !

      JF : Pour revenir à votre dernier album « Barnyard » qui est sorti l’année dernière, comment le décrirais-tu par rapport à vos anciens disques ? 

      L : C’était la première fois qu’on enregistrait un album dans le studio de quelqu’un d’autre. On a travaillé avec un ingénieur du son. Pour la première fois depuis très longtemps, c’était pas un de nos amis. C’est probablement la différence principale, ça sonne moins low-fi car ça a été fait par quelqu’un qui sait vraiment ce qu’il fait (rires) à l’inverse de nous qui improvisons plutôt. Je pense qu’à part ça, cet album est dans la continuation du précédent : « Basketball breakups ». On avait des chansons à peu près prêtes sur lesquelles on avait chacun plus ou moins travaillé puis on s’est retrouvé en studio avec très peu de temps, à essayer chaque idée qui nous passait par la tête et en créant sur le moment une sorte de collage bizarre et bordélique ! 

      JF : Combien de temps vous a pris l’enregistrement ? 

      L : 5 jours ! Du lundi au vendredi. Cette fois-ci c’était vraiment 9h – 17h ! (Rires.) Parce qu’on travaillait avec quelqu’un d’autre ! (Rires.) On a pas eu le choix ! (Rires.) Mais ouais, 5 jours. Enfin, on avait eu quelques sessions en amont pour réfléchir et écrire ensemble mais créer l’album nous a pris seulement 5 jours, il n’y a même pas eu de mixage. Ce qu’on avait le vendredi soir c’est ce qu’on entend sur l’album. 

      JF : Les chansons étaient terminées ou vous avez aussi écrit pendant l’enregistrement ? 

      L : Les trois quarts étaient en quelque sorte à moitié terminées avant l’enregistrement puis il y en a eu des nouvelles écrites sur le moment selon le même processus que ce que j’expliquais plus tôt : j’avais des accords, Stephan venait compléter et inversement. 

      JF : Ce soir c’est la dernière date de votre tournée. Comment s’est passé le tour et comment c’était de repartir sur la route ? 

      L : C’était fun ! Les concerts étaient vraiment bons, c’était super sympa de jouer pour les gens. J’ai l’impression qu’on est dans une bonne dynamique avec le groupe. Par contre, j’ai réalisé à quel point c’est dur d’être en tournée. (Rires) Ça sonne comme si j’aimais pas bosser (rires), mais en vrai, j’ai vieilli de 2 ans pendant la pandémie et maintenant c’est plus difficile de vivre dans un bar chaque nuit ! (Rires.) Plus sérieusement, c’était vraiment bien. C’était vraiment agréable de partir et de voyager ! 

      JF : Un souvenir en particulier à nous raconter ou quelque chose de spécial qui s’est passé pendant la tournée ? 

      L : Je pense qu’on est vraiment malchanceux ! (Rires.) Surtout parce qu’on est super maladroits et désorganisés (rires) donc on le cherche surement un peu. (Rires.) Il y a toujours des petits trucs pénibles qui nous arrivent ! Mais cette fois on a pas eu de mauvais concerts, tout s’est bien passé. J’ai l’impression qu’on avait l’habitude de faire des concerts vraiment nuls (rires) et ça fait plaisir de plus vraiment en avoir.

      A part ça, on était au Rosklide Festival il y a quelques jours. C’était vraiment fun ! On a pas encore fait beaucoup de gros festivals donc c’était vraiment sympa de participer à celui là.

      Oh et aussi, on a pas mal d’amis partout dans le monde ! Donc un des super trucs pour nous était de pouvoir dire « Oh on est à Los Angeles ou au Danemark, on peut sortir avec nos potes ». Voir des gens qu’on avait pas vu depuis avant la pandémie ! C’était vraiment sympa ! Je pense que c’était un des meilleurs trucs, rattraper le temps perdu ! 

      JF : Et maintenant c’est quoi la suite ? Retour en Australie ? 

      L : En fait, non, je reste. Stephan aussi. En ce qui concerne le groupe, je pense qu’on va prendre une grosse pause parce qu’on fait ça depuis super longtemps et qu’on a juste continué de le faire un peu par accident. (Rires) On en avait jamais vraiment discuté. Je pense qu’on a va juste arrêter pendant quelques temps. Ça sera aussi sympa d’essayer de trouver ce à quoi d’autre on est bons. 

      Ceci étant dit, on a aussi un album qui est définitivement en route. Il est pas terminé mais il vraiment bien avancé. Donc, on verra. Je pense qu’on va juste prendre notre temps, prendre une pause et rester un peu en Europe. Mon petit-ami et moi allons profiter un peu, il a trouvé un travail ici et je vais être un homme au foyer, ça va être sympa. (Rires) Stephan va faire la même chose. On va se reposer et on se regroupera un jour. 

      JF : Dernière question avant que tu montes sur scène : pourrais-tu nous recommander quelques artistes ? 

      L : Oh oui carrément ! Bon on tombe un peu dans le népotisme mais Snow, qui est dans la pièce d’à côté et qui joue de la guitare dans le groupe, a un groupe génial qui s’appelle Snowy Band. Ils sont vraiment bons et influencent beaucoup nos disques en fait. Je pense qu’on est super chanceux d’avoir autant de bons musiciens parmi nos amis proches ! Des gens super talentueux ! Il y a genre un million de groupes… Skydeck, Partner Look, Emma Russack et Lachlan Denton. 

      (Snow entre dans la pièce) 

      L : Snow, est-ce que t’as des bons groupes australiens à recommander ? J’ai dit Snowy Band, j’ai dit… 

      Snow : Ah c’est mon groupe ! Hum… (Réfléchit.) D’habitude ,j’en ai plein à recommander mais là j’ai rien qui me vient… Désolée… (Rires.)

      L : On l’appelle le Jukebox ! (rires)

      Découvrez le dernier très bon album de Good Morning, disponible sur Spotify et suivez les aventures du groupe sur Instagram.

      Photos du concert au Popup du Label : ©Ludivine Pellissier – @ludpellissier_musicphoto

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