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      Tokyo 24th Ward, critique de l’épisode 1 : un bon début

      C’est le 5 janvier que wakanim a diffusé le premier épisode de l’anime Tokyo 24th Ward. Ce projet est porté par le studio Cloverworks, à qui l’on doit The Promised Neverland. Il a confié au scénariste Vio Shimokura et au réalisateur Naokatsu Tsuda la tâche de mener à bien cette série très mystérieuse où se croisent secrets, modification du temps, deuil et amitié. Signe de l’importance de cette œuvre, le premier épisode a une durée exceptionnelle d’une heure. Après ce visionnage, la série tient pour l’instant toutes ses promesses en conservant une grande part de son mystère.

      Une voix venue du passé

      Ran, Koki et Shuta sont trois amis d’enfance. Ils ont grandi dans le district spécial de l’Extrême-Orient, le 24 ème, bâti sur une île artificielle dans la baie de Tokyo. Malgré leurs origines différentes, ils sont inséparables jusqu’à ce jour terrible de l’incendie. Une école brûle et l’une de leurs amies décède. Un drame terrible qui brise leur union. Depuis, chacun a choisi une voie différente. Ran Akagi est devenu un artiste de rue contestataire dont les œuvres enflamment le web. Shuta Aoi enchaîne les petits métiers. Koki Suido ambitionne de faire carrière en politique en suivant les pas de son père, le puissant maire du 24ème district.

      La commémoration du premier anniversaire de l’incident est l’occasion pour les amis de se retrouver par hasard. Alors que chacun n’a pas vraiment fait son deuil, leurs téléphones sonnent en même temps. Au bout du fil, la voix d’une amie censée être décédée, leur propose de « choisir l’avenir ». Intrigués par ces mots venus d’outre-tombe, ils n’ont pas le temps de tergiverser car l’interlocuteur leur a envoyé une vision du futur proche. Les voici lancés dans une course contre la montre pour empêcher un nouveau drame et comprendre la mission qui leur est confiée.

      Tokyo 24th Ward : un récit qui aime prendre son temps

      Ce premier épisode exploite parfaitement le format qu’il lui a été accordé. Long d’une heure, il permet de poser les bases d’une histoire complexe. En effet, celle-ci nous place sur deux temporalités. Celle du passé d’abord. Il y a d’un côté l’histoire de cet étrange quartier. Zone spéciale, zone autonome, zone modèle, ce 24 th district est étonnant. Si l’anime nous explique sa mise en place, il se garde encore de nous expliquer les enjeux tapis dans l’ombre. Il y a de l’autre côté l’histoire de ces trois jeunes, de ce drame et de l’ami défunt. Par un habile montage, ce n’est qu’à la fin que l’on apprend l’identité du mort. Un très beau twist qui renverse les enjeux.

      L’autre temporalité c’est celle du futur proche. Quelle est cette menace qui plane sur le district? Quel est le sens de l’épreuve relevée par nos trois héros ? Etait-ce un test pour révéler leur vrai potentiel ? A moins que le récit ne s’oriente vers un « effet papillon ». Nos héros seraient alors engagés dans une course contre le temps pour éviter un terrible drame. Dans tous les cas, cette mise en place posée fonctionne bien.

      Une animation très soignée

      On ne peut que saluer l’excellent travail de studio Cloverworks sur cette introduction. D’abord, le character design est très propre avec trois protagonistes très différents. Entre l’artiste, le politique et le désinvolte, les animateurs proposent des variations intéressantes. On apprécie particulièrement le contraste entre l’artiste de rue et le jeune technocrate. Une orgie de couleurs face à de la sobriété. Le baroque, la street opposés au classicisme et au sérieux.

      Ce qui est aussi appréciable c’est la construction de leur univers. Ce quartier de Tokyo 24th Ward se dévoile par bribes. D’un côté, il semble moderne, peuplé, dynamique. Il est l’archétype d’une petite ville conçue comme modèle. Elle associe le nec plus ultra de la technologie et des aspects purement japonais : petite boutique, l’église. Mais d’un autre côté, il a une part d’ombre. Quel est le prix de cet idéal ? Qui sont les oubliés ? Tout le premier épisode fait ressentir l’étrangeté du lieu qui n’est pas sans rappeler la ville idéale de San Angeles dans Demolition Man.

      Tokyo 24th Ward : des mystères prometteurs

      En une heure de narration, le scénariste a pu encore approfondir le mystère entourant cet anime. Il est encore impossible d’en définir le genre. Science-fiction, critique sociale, récit super-héroïque, conte initiatique ? Il est tout à la fois et c’est loin d’être déplaisant. Car Tokyo 24th Ward réussit astucieusement à passer d’un ton à l’autre alternant le comique (la mise au pas des voyous), le tragique (le cauchemar), l’action (le sauvetage), le réflexif (les funérailles). L’ensemble forme un tout très cohérent.

      D’autant plus que ce premier épisode nous embarque vers des thématiques imprévues. Grâce au personnage du maire tout d’abord, le récit questionne sur l’action politique, le populisme sans nous dévoiler la vraie nature de ce protagoniste. Grâce aussi à la mystérieuse police locale, incarnation des lois spéciales en vigueur dans ce district. Plusieurs moments multiplient les clins d’œil à minority report ou même à Psycho Pass laissant augurer d’un développement fort.

      Ce premier épisode de Tokyo 24th Ward est une habile mise en bouche. Très beau techniquement, il ne lève que peu le voile sur son mystère. Une série stimulante donc que nous vous incitons à suivre.

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