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      Shy tome 9 : la mécanique du cœur

      Depuis sa sortie aux éditions Kana, la série Shy nous enchante volume après volume. En basant son histoire sur l’univers des super-héros,  Miki Bukimi insuffle un vent d’air frais mélangeant les codes et dressant un pont entre le monde super-héroïque japonais et nord-américain. Si elle n’est pas la première à le faire (la série Tiger and Bunny l’a déjà brillamment réalisé), elle apporte une sensibilité nouvelle. Ce tome 9 ne déroge pas à la règle et étoffe encore un univers décidément plein de surprise.

      Le temps des sacrifices

      Shy la super-héroïne du Japon conduit avec les héros du monde entier une opération de la dernière chance au-dessus de Tokyo. Leur adversaire, l’organisation secrète Amalarilk vient en effet de lancer son nouvel assaut contre la capitale. Cette fois-ci, c’est un immense dôme noir qui recouvre la capitale. Protégé par les sbires de Stigma, le chef d’Amalarilk, il menace de répandre la peur dans le cœur des habitants de la capitale.

      Tandis que les héros vétérans organisent un sauvetage, la jeune garde réunie autour de Shy tente de briser le sortilège. Mais elles ne sortent pas indemnes de l’affaire. Ai a perdu sa sœur, leurs corps sont meurtris. Seule consolation, Mademoiselle Foufou, servante de Stigma, a été capturée. Mais que faire de cette prisonnière ? Peut-on la ramener du bon côté ? Et que va apprendre aux défenseurs du bien l’étude de ces étranges anneaux portés par les membres d’Amalarilk ?

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      Shy : la chute des héros

      La qualité d’écriture de Miki Bukimi se confirme volume après volume. Dans celui-ci, elle poursuit son travail sur la nature du héros. En effet, elle insiste sur la parcours de ce personnage, ses échecs, ses dilemmes. Elle porte son attention sur l’idée de rédemption. Naît-on mauvais ou le devient-t-on ? Toutes ces questions se regroupent autour de la relation entre Ai et sa sœur, une histoire touchante. Dans la grande tradition des shonen, la corruption des âmes n’est pas éternelle. Mais il faut un jour payer son dû. Le sacrifice de ce personnage participe à la construction de nos personnages, à leur avancée vers l’âge adulte. Il renforce aussi l’implication du lecteur qui comprend que ces héros sont mortels et qu’il faut profiter de chaque instant avec eux.

      Ce passage vers la maturité se lit aussi dans le rapport entre les héros vétérans et la jeune garde. A plusieurs moments, le récit prend des airs de Saint Seiya. En effet, les Anciens héros, à l’image des chevaliers d’or, ont formé  Shy et ses amis. Ils les ont éprouvés. Ils commencent maintenant à les laisser mener leurs missions à leur manière et à leur confier les rênes du pouvoir. Et c’est tout l’enseignement de ce volume. Les icônes du passé sont destinées à s’éclipser, remplacées par une nouvelle génération. Quand le maître a tout transmis, il cède sa place et devient une ombre.

      9782505114338 pg

      Le temps des questions

      Ce volume clôt l’arc narratif centré autour de l’assaut sur Tokyo. L’autrice choisit clairement ne pas finir sur un statu quo. Amalarilk a clairement perdu et doit se reconstituer. Cette victoire pose pourtant en elle-même toute une série d’interrogations. D’une part, Stigma ne va-t-il pas engager de nouvelles forces encore inconnues à l’image d’Alléluia la corruptrice de l’Amour. D’autre part, la prisonnière ne  serait-elle pas un cheval de Troie ? Nous ignorons encore ses motivations mais des indices laissent présager de révélations fracassantes. En effet, la fin de ce tome revient sur la nature des anneaux. Ils sont l’équivalent chez les vilains des bracelets de métamorphose des héros.

      Or, le mystère reste entier sur leur origine, leur fonctionnement et le concepteur. Shy, pourtant, a depuis le début un doute sur cet artefact si proche de son bracelet. L’autrice distille alors des éléments étranges qui poussent le lecteur à s’interroger. Ne va-t-on pas vers une révélation comme dans Puella Magi Madoka Magica qui bouleversera totalement l’univers ? Ce tome 9 ouvre en tout cas une nouvelle phase dans le récit où toute certitude semble fragile.

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      Le temps de la légèreté : le héros français

      La très jolie surprise de ce volume concerne l’apparition d’un nouvel héros. Après la Russie, la Chine, la Grande Bretagne ou la Suisse, c’est la France qui est à l’honneur. L’Arc Materia Renoir ou Lavoir appelé aussi l’artiste de l’univers, fait une entrée fracassante dans Shy. Son pouvoir découle de son imagination. Il peut ainsi changer l’apparence d’un personnage, faire apparaître des objets ou des environnements en quelque secondes. Miki Bukimi rend à travers lui un hommage sincère à la France tout en jouant avec habileté sur les stéréotypes associés à la France (le fameux salut à la Française !!).

      L’Arc Materia Renoir apporte surtout à Shy une dose d’humour et de légèreté. Ce héros est réputé pour ces nombreuses farces et son envie de mettre de la joie et des sourires sur les visages. Il forme avec Pepesha, l’héroïne de la Russie, un duo touchant. Elle démolit, il répare. Il taquine, elle le recadre. Ils sont en fait très complémentaires et la légèreté du héros français cache un idéalisme profond. Avec Pepesha, ils vont tenter de sonder l’âme de leur ennemie dans le but de dévoiler le plan de Sitgma.

      Variant les tons et les situations, ce volume 9 nous propulse dans un nouveau chapitre d’une intrigue toujours aussi riche. Brillamment illustré et écrit, il confirme tout notre amour pour cette série

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