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      Critique du Codex de Simon de Thuillières : les Très Riches Heures de la pop culture

      « En l’an de grâce 1395 un enlumineur du nom de Simon de Thuillières par un mystérieux sortilège reçut le don d’anticiper les récits et les personnages de ses lointains descendants. Il revisite nos films, séries et emblèmes de la pop culture. ». C’est par ces mots que l’auteur présente le mystère de la création de son ouvrage. Né en pleine période de pandémie, le présent livre a commencé par quelques dessins postés sur les réseaux sociaux. D’accueil enjoué en commentaires inspirés, les images deviennent séries saluées par une communauté de plus en plus passionnée. Le passage au format livresque se fait naturellement par le biais d’un financement participatif. Pour aboutir en juin 2021 à la sortie officielle du codex, bel ouvrage de 174 pages, agrémenté de 200 illustrations et moult commentaires et traits d’esprit. Un petit bijou graphique et narratif, cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année qui se profilent.

      Les 12 maisons de la pop culture

      En 12 chapitres, l’auteur nous propose un état des lieux de la culture geek. Ce qui est fascinant c’est l’intelligence des choix dressant un tableau éclectique de cet univers. En effet ,à côté des figures tutélaires (Totoro, Captain America, Alien), s’imposent des références plus originales : El Risitas, David Goodenough, pedobear. Le livre peut ainsi se lire de différentes manières. Soit en remontant les 12 chapitres dans l’ordre proposé soit en construisant son propre cheminement.

      Simon de Thuillières construit dès lors un ouvrage sous forme de témoignage et interroge la nature de la pop culture. Comment se constitue-t-elle ? Pourquoi des figures des années 70 sont-elles demeurées iconiques 40 ans plus tard? Pourquoi Sergio Leone a-t-il traversé le temps ? Les chercheurs en sciences sociales et artistiques retrouveront les stigmates de la génération club Do, du cinéma de Carpenter, de la révolution des jeux vidéos. Ainsi que l’héritage de la culture geek : de star wars à Stranger Things en passant par Donkey Kong et Batman. De sorte que geek et non geek trouveront leur plaisir dans un recueil, célébration référencée d’une culture, et présentation pédagogique de cet univers.

      Le Codex de Simon de Thuillières : la divine Comédie

      Ce livre analyse la pop culture sous le prisme de l’humour. Son auteur s’est amusé à voir comment les enluminures médiévales pourraient représenter la culture des XXè-XXIè siècles. Certaines figures s’adaptent très facilement. Hellboy, Ghost and Goblins, Scream par exemple se transposent de manière quasi naturelle. A l’inverse, le lecteur admirera la créativité de l’auteur pour représenter Cobra, les Transformers, le cinéma de Michael Bay ou bien Alien. Plusieurs tableaux s’offrent en plus le luxe de détourner des œuvres originales.

      Cet humour se retrouve aussi dans les textes accompagnant ces miniatures. Car Simon de Thuillières a poussé la précision jusqu’à renommer ses figures à la manière médiévale. Les bouteurs de spectres, une mandale ou rien, Escrime, Métal Guy Solide, s’enchaînent en autant de titres inspirés pour renforcer l’immersion. D’autant plus que chaque chapitre se conclut par le scriptorium, sélection des meilleures commentaires et saillies en « vieux françois » des internautes.

      Un livre proposant plusieurs cheminements

      L’une des nombreuses surprises du Codex de Simon de Thuillières réside dans les multiples usages qu’il propose. En effet, vous pouvez l’appréhender comme la visite d’un musée de la pop culture. Les héros vous attirent, prenez la direction du chapitre 1. Vous préférez les anti-héros, l’aile numéro 8 vous attend. Johan le Charpentier (John Carpenter) vous intrigue, la salle numéro 10 lui est consacrée.

      L’ouvrage vous permet également une plongée dans la culture médiévale. Grâce à deux très belles préfaces, le lecteur sera initié à l’histoire complexe du livre au Moyen Âge et aux rudiments de la langue médiévale, notamment la syntaxe. Une brillante idée qui renforce encore l’admiration devant le travail de l’auteur. Sa transposition allie la beauté graphique à la justesse de la Lettre.

      Cette revisite audacieuse et inspirée transforme enfin ce codex en livre de jeu. Chaque planche est construite comme une devinette. Les dessins, le titre, les annotations, incitent le lecteur à identifier la référence. Qui se cache derrière la « furieuse route », « le « maximus colossalis lombricus », le « cercle de pugilat » ? Seul ou entre amis, le codex promet des soirées drôles et animées. Et si vous êtes dans le flou, la réponse se révélera grâce au monocle de vérité.

      Ce codex, alliage de savoir et de plaisir des yeux, a tous les atouts pour avoir une place de choix dans vos bibliothèques. Avec les fêtes de fin d’année qui se profilent, voici un cadeau idéal pour tout adepte de la Savante Comédie.

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