Critiques de deux métrages adaptés du même roman : Ouragan sur le Caine

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Ouragan sur le Caine (1954) – « Oublie ma lâcheté. Mon chien m’aime »

Le commandant Queeg voit sa fonction contestée par son second.

C’est davantage un métrage de prétoire qu’un film de guerre. L’œuvre est fort déliée, car elle allègue qu’avec un bon baveux, on pourrait remporter n’importe quel litige. La séquence du procès est une acmé de tension. Humphrey Bogart montre toute l’étendue de son talent en interprétant ce marine paranoïaque aux instructions inopportunes. Néanmoins, la romance est superflue, les images d’archives pour les moments d’action sont malitornes et certaines scènes sont longuettes.
IMG 0229 Critiques de deux métrages adaptés du même roman : Ouragan sur le Caine
L’Affaire de la mutinerie Caine – « Eh bien, la normalité reste une chimère en psychiatrie. Tous les adultes ont des problèmes, excepté les imbéciles heureux »

Un second démet de ses fonctions, son commandant à cause de prétendus troubles psychologiques.
Le métrage pourra paraître terriblement prosaïque, car l’unique chose qui est filmée : ce sont les baveux énonçant des sentences même si leur langage corporel est des plus éloquents et fascinants à analyser ; personnellement, je raffole des œuvres verbeuses. Le film est véritablement ingénieux dans sa mécanique en faisant émettre un doute raisonnable quant à l’aliénation du marine jusqu’à établir clairement sa folie dans un monologue fort efficace avec des élucubrations saugrenues à propos de fraises par exemple. La production déclare vers la fin avec un laïus édifiant le pluralisme des opinions que tout jugement est subjectif. Bref, un chant du cygne qui dénonce le chancre de l’administration, de la justice et plus généralement du monde.