Vivre, histoire d’une renaissance

Critique du film d'Oliver Hermanus

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Affiche du film

Adapté du film Ikiru de Akira Kurosawa, Vivre raconte l’histoire touchante de Williams, un vieil homme qui apprend qu’il est en phase terminale d’un cancer et qu’il ne lui reste plus longtemps à vivre. Cette révélation choquante va le pousser à tout remettre en question et lui permettra de se réinventer durant ses derniers instants.

Un récit émouvant

Rien que par son sujet, Vivre fait la promesse de nous délivrer une aventure touchante. Le parcours de Williams est à la fois surprenant, divertissant et émouvant. Entre ses espérances, ses rencontres et tout ce qui le pousse à vivre ses derniers instants avec passion, on l’accompagne dans une véritable renaissance. L’intelligence du film c’est aussi de multiplier les points de vue : le sien, celui de sa famille, ceux de ses proches ou de ses collègues voire même des inconnus… On découvre le personnage sous toutes ses facettes, dans toutes ses vulnérabilités ; et on s’attache inévitablement à lui, campé par un Bill Nighy qui nous offre une performance incroyable. Tout le monde peut s’identifier à son histoire et aux questions frontales que posent le film : Est-ce qu’on profite pleinement ? Est-ce qu’il y a quelque chose qu’on ferait autrement ? A quoi peut-on se raccrocher ? Et puis qu’est-ce que c’est vivre vraiment ?

Une esthétique éblouissante

Que ce soit les décors, la couleur, la lumière ou le cadre de Vivre, tout semble millimétré, et ce pour le bonheur de nos yeux de spectateur. Le film se déroule en 1953 et profite amplement de son cadre temporel pour nous faire profiter des plus belles tapisseries et des plus beaux lieux. Il ne cache pas ses inspirations puisées dans les films de l’époque en commençant déjà avec un générique old school, le genre qu’on retrouve dans les mélodrames à la Thé et Sympathie de Vincente Minnelli. La lumière est elle aussi d’époque et le montre dans sa précision et sa mise en valeur des personnages, des acteurs ; avec cette façon de les éclairer qui donne l’impression que chacun d’entre eux est prêt à nous éblouir par sa performance. Tout cela donne un cadre exceptionnel avec des images magnifiques, qui peuvent se targuer d’élever le film parmi ceux qui ont la meilleure photographie de 2022.

Des performances prodigieuses

La précision du film ne s’arrête ni à son image, ni à son ambiance sonore, ni à son scénario ou à sa réalisation. Les performances d’acteur sont également stellaires. Bill Nighy bien sûr, qui réussit à émouvoir sans difficulté dans son rôle principal avec un jeu très subtil. Aimee Lou Reed, connue pour son rôle d’Aimee Gibbs dans la série Netflix Sex Education, qui ici reprend le rôle pétillant de Margaret Harris, la jeune collègue ambitieuse qui doit faire ses preuves en tant que femme dans la société misogyne de l’époque. Le reste du casting parvient tout autant à éblouir, dans un film où chaque personnage est marquant à sa façon et a son importance dans l’histoire de Williams.

Vivre est un film magnifique en tout point qui ne peut qu’émouvoir son spectateur et éveiller ses sens. L’histoire de Williams est une sacrée aventure humaine et l’une des images les plus belles de toute cette année 2022.

En salles le 28 décembre.