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      Critique « England is Mine » de Mark Gill : un biopic dispensable

      Alors que s’apprête à sortir dans nos contrées le film England is Mine de Mark Gill, biopic sur le leader et membre fondateur du légendaire groupe The Smiths, Steven Morrissey, revenons donc sur ce film, plutôt réussi mais pas vraiment nécessaire. 

      England is Mine est un biopic sur Steven Morrissey, leader du groupe de rock anglais The Smiths mais également un portrait sur l’Angleterre Tatcherienne et sur la « Working class » britannique. Le film s’attarde précisément sur le parcours de Morrissey durant cette période, à Manchester, bien avant qu’il ne fonde son groupe. Un film qui ne traite donc pas du succès, mais des sacrifices et des efforts entrepris pour pouvoir être un artiste. Un point de vue qui est donc intéressant et qui à le mérite de ne pas vendre de rêve, contrairement à de nombreux autres biopics. Le personnage de Steven apparait comme étant asocial et d’une timidité maladive, l’empêchant même de chanter malgré son talent.

      L’un des problèmes du biopic musical est la question de la représentation de la musique. Ici, le choix est assez radical. On n’entendra Steven chanter qu’une seule fois de tout le film. Ce qui permet au spectateur de se demander si celui-ci n’est pas qu’une simple grande gueule où s’il est vraiment doué. Car, même s’il est parfaitement interprété par Jack Lowden (remarquable dans le génial Dunkerque de Christopher Nolan), celui-ci apparaît au mieux comme n’étant qu’une grande gueule incapable de s’adapter dans la société. Un personnage de marginal, qui devient vite insupportable pour le spectateur, pouvant s’énerver de le voir s’apitoyer sur son sort. Énervement partagé par la mère du protagoniste, qui comme tout bon biopic, est le personnage le plus important aux yeux de son protagoniste.

      Mais le véritable sujet du film n’est pas la vie de Steven Morrissey. Il s’agit en réalité d’un portrait sur la « working class » britannique. Plus précisément, le film s’interroge sur les difficultés et les combats contre la société, mais aussi internes, afin de devenir artiste dans un monde qui considère l’art comme n’étant pas dispensable à la survie des personnages. Si les questionnements sont intéressants, les réponses le sont beaucoup moins. Car finalement à part expliquer qu’il faut s’accrocher à tout prix à son rêve et ne jamais renoncer, le film n’offre rien de nouveau. Même s’il a le mérite que le succès n’arrive pas d’un coup, mais qu’il dépende uniquement d’un travail acharné. 

      Cependant, Mark Gill n’est pas David Fincher ni Milos Forman. England is Mine n’est donc pas un grand film. Malgré des questionnements intéressants, le film n’arrive pas à dépasser sa condition de biopic. Il manque de punch et d’énergie pour pouvoir dépasser sa condition. Bien que formellement, le film soit de bonne facture, il ne possède pas d’audace esthétique qui permettent au film d’être autre chose qu’un film agréable à voir. 

      England is Mine est donc un film assez conventionnel mais qui réussi à éviter certain pièges, dans lequel de nombreux biopic taillés pour les oscars (comme le larmoyant Le Discours d’un Roi) se sont engouffrés. Ce qui est déjà en soit une réussite. England is Mine est sans aucun doute un bon film, avec de nombreux questionnements et une efficacité certaine, notamment un humour très réussi. Un bon moment en salle, qui permet de plonger efficacement dans l’époque qu’il représente. 

      Bande-annonce England is Mine : 

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