Critiques de Sur les chemins noirs, Annie Colère et La chambre des merveilles

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Sur les chemins noirs – « L’alcool est innocent, seul l’ivrogne est coupable »

Pierre tombe d’un balcon alors qu’il est en état d’ébriété. Il se promet de sillonner la France sur plus de mille kilomètres. Inspiré de l’histoire de Sylvain Tesson, il est lassant de voir quelqu’un randonner pendant une heure trente.

Le film est trop long malgré son temps réduit, j’aurais cru qu’il ferait des rencontres percutantes mais ce sont des confrontations excessivement molles. Jean Dujardin tente vainement de s’approprier le personnage mais c’est peine perdue. Néanmoins, Denis Imbert mérite sa prébende rien que pour les paysages et les aphorismes en voix-off sont stimulants.

Annie Colère – « Tu as le cœur à rire, moi je l’ai à pleurer »

Annie renaît quand elle rencontre la MLAC, mouvement pratiquant l’avortement ouvertement. Beaucoup connaissent Simone Veil, peu savent le combat que cela a été avant l’entérinement de sa fameuse loi, c’est ce que raconte ce film. Quand on sait que cela se base sur une longue thèse, on comprend les aspects militant et excessivement didactique.

Il y a d’ailleurs une surabondance d’informations explicatives même médicales qui amène un ennui constant. Annie Colère ne réussit pas à intéresser les hommes à son sujet, à être moins sectaire.

La chambre des merveilles – « Dire je t’aime à maman »

Un adolescent a un accident. Pendant son coma, sa maman fait des fouilles et elle trouve un cahier qui contient une liste de rêves, elle les réalisera alors et viendra lui raconter sur son lit d’hôpital, espérant que cela le réveillera. Un drame qui débute par une munificente exploration du Japon à l’Écosse. Une ode aux mères qui résisteront toujours aux côtés de leur progéniture. Le scénario est simple mais il exige de nous de cesser de chicaner pour nous recentrer sur l’essentiel.

En réalisant les rêves de l’enfant, elle s’accomplira elle-même. Alexandra Lamy nous convainc aisément en Mère Courage et Muriel Robin est complètement truculente en grand-mère fofolle. Le film contient quelques moments de respiration à l’instar de la bataille de poudre colorée mais tout de même des moments de pesanteur comme lorsque le médecin annonce qu’il faudrait réfléchir à débrancher son fils.