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      Ambulance : quand Michael Bay joue le bourrin généreux

      Pour son quinzième long-métrage, Michael Bay est de retour avec un thriller survitaminé qui respire les années 1990 : Ambulance. Porté par Jake Gyllenhaal, Yahya Abdul-Mateen II et Eiza Gonzalez, le long-métrage raconte comment deux frères adoptifs décident de voler 32 millions de dollars. Évidemment, les choses tournent mal, et le duo se retrouve dans une course-poursuite interminable dans une ambulance, avec un policier entre la vie et la mort et une jeune infirmière à l’intérieur.

      Ambulance : du Michael Bay pure souche

      Avec Ambulance, le réalisateur Michael Bay a poussé tous les curseurs de son cinéma à son paroxysme. Gros délire stupide et régressif, le long-métrage reprend tous les poncifs de son auteur : réalisation épileptique, montage sur-cuté, action à gogo et un souffle épique de tous les instants. Ici Michael Bay s’est totalement lâché, a laissé parler sa caméra, qui semble en permanence être en roue libre totale.

      Ambulance : quand Michael Bay joue le bourrin généreux
      Les Transformers sont de retour ?

      Une nouvelle œuvre dans laquelle il s’est particulièrement torché avec le montage. Particulièrement vif, ce montage enchaîne les plans à une vitesse folle, toujours trop élevée, marque de fabrique Bay. Ambulance est finalement servit par un découpage particulièrement dégoulinant, où certaines séquences d’action sont parfois presque incompréhensibles.

      Forcément, ce nombre hallucinant de plans, qui sont clairement récupérés sur des rushs différents, laisse passer les traditionnels faux raccords de Michael Bay. Des menottes qui se détachent toutes seules, des voitures qui changent de place, une mousse d’extincteur qui ne touche qu’un des deux personnages,  jusqu’à la présence d’un technicien à l’écran qui tient un chien à l’arrière d’une voiture de police (soyez vigilant ça va vite), tout y est. Et comme d’habitude, Michael Bay s’en tamponne royalement.

      Ambulance : quand Michael Bay joue le bourrin généreux
      Jake Gyllenhaal filmé dans un trou de souris, c’est aussi ça Michael Bay

      Et par cette nonchalance du détail, Ambulance s’inscrit parfaitement dans le style et le ton de son auteur. Le film est un joyeux brouillon, ultra généreux, qui propose quelques superbes plans iconiques (l’air de rien Michael Bay sait comment composer une image), et surtout une course-poursuite volontairement asphyxiante d’une durée impressionnante.

      La synthèse du cinéma de Michael Bay

      En plus d’être un trip sous cocaïne intuitif et boursouflé, Ambulance reprend des thématiques chères à son auteur. Yahya Abdul-Mateen II traduit la traditionnelle figure héroïque du soldat américain délaissée par le système, déjà au centre de 13 Hours ; tandis que Jake Gyllenhaal est le portrait d’une Amérique perdue, à la recherche d’un rêve américain illusoire, qui préfère passer par la violence (et des plans bancals) pour se faire de l’argent. Une idée déjà fortement abordée dans No Pain, No Gain évidemment.

      Ambulance : quand Michael Bay joue le bourrin généreux
      Pas content

      Comme à l’époque de Rock ou de Armageddon, Ambulance renoue avec le cinéma pop-corn des années 1990. Un cinéma d’action qui repose sur des concepts simples, et sur une décomposition des codes de l’action des années 1980.

      Mais Ambulance est également une synthèse de tout ce qu’a fait Michael Bay par le passé. Un duo iconique (Bad Boys, Rock, etc…), des personnages excentriques (Jake Gyllenhaal pète littéralement un câble façon Nicolas Cage au fur et à mesure du film), et un traitement de l’action qui rappelle évidemment ses derniers trips visuels comme 6 Underground. Et dans toute sa subtilité, le cinéaste veut le faire savoir en s’auto citant.

      Ambulance : quand Michael Bay joue le bourrin généreux
      Eiza Gonzalez en ambulancière prête à tout !

      Ambulance est donc une forme de quintessence du cinéma de Bay. Un scénario qui tient sur un timbre post, des personnages parfois très stupides (à quel moment leur plan tient la route aussi longtemps), une volonté de tout tourner en dérision à l’image d’un braquage totalement absurde, et surtout une apathie pour l’action à tout bout de champ qui se ressent dès les premiers instants. Michael Bay ne s’embête pas d’une quelconque exposition et se lance directement dans un joyeux chaos de deux heures, avec très peu de respirations. Son humour décalé, bien que plus discret que d’habitude est lui aussi de la partie. Quelques grosses punchlines, mais surtout une relation hilarante entre Olivia Stambouliah et Garret Dillahunt.

      Bref, Michael Bay se lâche, et ça fait un plaisir fou. Attraction pop-corn par excellence, Ambulance est d’une générosité explosive. Un produit de divertissement maîtrisé, qui propose quelques envolées visuelles sympathiques, notamment quand le cinéaste décide de se servir de ses drones et passe dans des trous de souris pour filmer l’action sous des angles toujours inédits. Ambulance est donc la représentation du cinéma de Michael Bay poussée à l’excès. Un divertissement brouillon, généreux, sous adrénaline permanente, mais aussi boursouflée, et pourtant incontestablement attrayante.

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