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      Découvrez le futur de l’Empire du Milieu avec La terre vagabonde

      Une grande partie de la science-fiction vient actuellement des États-Unis mais ce genre existe dans le monde entier. Découvrez ainsi la science-fiction chinoise par La terre vagabonde, l’adaptation en bd par Delcourt d’une nouvelle de Liu Cixin.

      Les futurs vus de Chine

      Le futur dans La terre vagabonde

      Les éditions Delcourt entament avec La Terre vagabonde une ambitieuse collection de quinze titres : Les Futurs de Liu Cixin adaptent les nouvelles de l’écrivain de science-fiction le plus populaire de Chine. Il a gagné neuf récompenses dans son pays et a été le premier chinois à recevoir en 2015 le prix Hugo en France. On peut penser que ces adaptations en bd feront connaître plus largement cet auteur. Chaque titre sera réalisé par des artistes différents. Christophe Bec est le premier scénariste par La terre vagabonde. Cet auteur français s’est fait connaître par la série de science-fiction post-apocalyptique Carthago. Il est donc un fin connaisseur de ce genre. Il est associé une nouvelle fois avec le dessinateur italien Stefano Raffaele qui impressionne par plusieurs scènes de paysage s’étendant sur trois ou quatre pages.

      L’ouverture de La Terre vagabonde est frappante : le narrateur est né le jour où le Terre s’est arrêté de tourner. Cette fin est certes triste mais l’humanité est préparée. Des moteurs puissants ont été construits pour déplacer la Terre jusqu’à la constellation du Centaure et y trouver une nouvelle étoile. Cependant, le trajet sera long, près de 2500 ans, et complexe.

      Comment voyager avec une planète ?

      La Terre vagabonde n’est pas un récit d’action mais décrit le début du voyage de la Terre et les effets écologiques et sociaux de cette aventure. Le lecteur réalise que, même sans soleil, il y a de la lumière grâce aux douze mille réacteurs placés dans l’hémisphère nord. Leur emplacement est géologiquement justifié mais leur présence entraîne des bouleversements météorologiques. Ces chalumeaux de dieu sont plus hauts que les montagnes. Le Nord est si chaud que l’on ne peut sortir sans combinaison et des tempêtes permanentes obstruent le ciel. La prose de Liu Cixin alterne entre la poésie et le réalisme. Toutes ces informations s’expliquent car Liu Cixin a débuté sa vie professionnelle en tant qu’ingénieur. Mais, il va plus loin que la technique : la philosophie a aussi changé car le soleil est devenu le synonyme du mal. En effet, il n’apporte plus la vie mais la mort. La société est partagée entre ceux qui ont connu l’âge solaire et ne cessent de ressasser leur paradis perdu et les plus jeunes qui rêvent d’un futur plus heureux. Entre temps, chacun tente de survivre. Plus la terre s’éloigne du soleil et plus la société se glacifie et les sentiments disparaissent.

      Un récit à message ?

      Une leçon problématique dans La terre vagabonde

      Cependant, on peut voir dans La terre vagabonde une dimension géopolitique dérangeante. La fin du soleil et ce nouveau monde est-il le marqueur de la fin de la domination de l’Occident et de l’émergence de la Chine ? L’aspect techniciste et collectif du récit s’expliquerait alors par le développement chinois face aux États-Unis. En effet, le monde de La terre vagabonde est dur mais l’État résiste et s’adapte. C’est lui qui a la solution et les autres propositions semblent disqualifiées. Seuls les professeurs ont des noms, au contraire du personnage principal totalement anonyme. Chacun se soumet au projet commun et l’individu s’efface. Cette soumission aveugle peut choquer tout comme les leçons en classe proche d’un bourrage de crâne. Les matières littéraires et les religions sont disqualifiées.

      Premier titre des Futurs de Liu Cixin, La terre vagabonde est un récit passionnant par son originalité mais dont le propos semble réactionnaire ou alors très pessimiste ? Le récit raconte la formation programmée d’une génération de survivants et le passage à un autre monde pour sauver la Terre, mais cette nouvelle société promise est sans âme individuelle.

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