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      Julius Corentin Acquefacques revient rêver parmi nous

      L’Hyperrêve, nouvel album de la série-phare de Marc-Antoine Mathieu (Delcourt) présente une escapade au pays des rêves de son personnage favori, mais pas seulement.

      L’hyperrêve : Série originale, au propre comme au figuré

      Au départ, il y avait une série d’albums qui paraissaient de façon régulière au cours des années 1990 dans laquelle on suivait les aventures oniriques et fantastiques de Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves (anagramme sophistiquée de Kafka, épelé à l’envers : « Akfak ». Ce qui renseigne tout de suite sur la nature de l’univers que l’on va découvrir, en noir et blanc qui plus est). Chaque tome présentait une « originalité éditoriale », marque de fabrique de la série : une case manquante, une spirale développée sur trois pages ou une lecture tête-bêche, notamment ; procédés servant au génial auteur à mettre en rapport le fond et la forme de ses récits tarabiscotés.

      Mathieu : auteur unique

      Marc-Antoine Mathieu s’est ensuite détourné de la série pour créer d’autres œuvres indépendantes encore et toujours motivées par ses recherches formelles qu’il lie sans cesse au fond de ses sujets. Et puis, après neuf années (en 2004), est apparu le cinquième tome des aventures de Julius, cette fois confronté à la 3D. Une nouvelle fois, on a cru la série terminée, puis après neuf nouvelles années, on a vu arriver Le Décalage dans les rayons de nos librairies préférées.

      En cette sinistre année 2020 (seulement sept ans plus tard cette fois), voici donc venir la nouvelle cuvée : L’Hyperrêve. Et l’on peut dire que Marc-Antoine Mathieu n’a pas ménagé sa peine pour satisfaire la patience du lecteur. Ce septième tome est sans conteste son œuvre la plus vertigineuse, qu’on appréciera d’ailleurs certainement mieux à la relecture. Comme toujours, Julius évolue dans un univers qu’il ne sait être le réel ou l’imaginaire, le rêve ou la réalité. Cette fois, son rêve se mélange à celui de son voisin Hilarion (clin d’œil à un autre voisin célèbre, sans aucun doute) et tous deux vont être confrontés à l’infini des choses et du rien. On entre cette fois, plus que jamais, dans le domaine de la philosophie et de la science, et bien sûr le contenu ne cesse de questionner le contenant.

      C’est un numéro d’équilibriste magistral auquel se livre Mathieu, et cela pourra sans doute rebuter quelques nouveaux lecteurs (à qui on conseillera d’aborder la série dans l’ordre pour l’apprécier pleinement). Mais les habitués seront comblés. Le compte à rebours est lancé : peut-être n’aurons nous la prochaine fois que cinq années à patienter pour découvrir la prochaine aventure de Julius Corentin Acquefacques, prisonnier des rêves.

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