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      American Flagg !, un monument de la bd arrive en France

      Alors que les milliardaires voyagent dans l’espace, Urban comics propose American Flagg, un portrait au vitriol de l’Amérique du futur et une œuvre majeure très actuelle qui date pourtant des années 1980. Embarquez avec nous pour un voyage à nul autre pareil.

      Quand la science-fiction critique le présent

      American Flagg par Howard Chaykin

      American Flagg commence par une conquête de l’espace mais où l’élite fuit la Terre. En 2031, après plusieurs grandes catastrophes, le gouvernement des États-Unis a préféré fuir sur Mars. Les habitants qui sont restés sur Terre vivent dans les grandes métropoles où la consommation (surtout des corps) est reine. La vie tourne autour d’immenses supermarchés et les médias diffusent des émissions racoleuses qui ne servent qu’à propager des messages subliminaux ultra-violents. Heureusement, une star de série TV vient de rejoindre la police des Plexus Rangers et Reuben Flagg va rétablir l’ordre… ou foutre un sacré bordel.

      American Flagg est un titre d’anticipation unique au carrefour du roman noir et du western. Chaque épisode est prenant et hilarant. On s’amuse de très nombreux rebondissements qui vont transformer Reuben, un acteur en policier fidèle puis en révolutionnaire. La sexualité est clairement suggérée. Au-delà de l’action, American Flagg est également une satire politique qui nous renvoie aux tensions et aux crises les plus actuelles. L’inégalité entre des riches dans l’espace et des pauvres sur Terre pourrait donner des idées à Elon Musk et Jeff Bezos.

      Une étape majeure dans l’histoire des comics

      American Flagg chez Urban comics

      Deux auteurs de la bd américaine des années 1970-80 ont marqué les esprits en France : Alan Moore et Frank Miller. Pourtant, ils ne sont pas les seuls à avoir marqué cette période du premier boom des comics indé avec des titres comme Nexus de Baron et Rude (dont l’édition en français est à venir chez Delirium) et Grendel de Wagner (à venir chez Urban)… et American Flagg d’Howard Chaykin. Hélas, ce dernier artiste est encore trop mal connu bien que cette série soit tout aussi révolutionnaire que The Dark Knight Returns et Watchmen. Le titre connaît un grand succès et inspire la vague des comics postmoderne. L’édition est largement à la hauteur de l’œuvre. Des drapeaux américains ornent le dos tout comme les premières et la dernière page. Une préface de l’éditeur et des postfaces de Warren Ellis, Michael Chabon ou Jim Lee replacent l’œuvre dans le contexte de l’époque.

      En effet, American Flagg marque une rupture. Fait assez rare à l’époque, douze des quatorze épisodes sont entièrement réalisés par Howard Chaykin. Au fil des pages, le lecteur voit un auteur libéré qui s’amuse à dépasser les limites. En effet, il a accepté l’offre de l’éditeur indépendant First car il était sûr d’avoir le contrôle total. Ses dessins sont d’une précision rare pour l’époque et la mise en page sort du gaufrier classique. Il ne se gêne donc pas pour montrer et dire ce qu’il veut ce qui fait d’American Flagg une œuvre aussi personnelle que politique. Chaykin rejette les conventions des récits de super-héros. Le premier épisode est une présentation très dense de l’univers car chaque épisode fait trente pages. Plutôt qu’un fil continu, Chaykin opte en effet pour différentes aventures de plus en plus prenantes autour d’un chassé-croisé de personnages. On suivra les premiers pas de Reuben Flagg dans la police alors qu’il découvre l’envers de la société de Chicago. On partira en Amérique du Sud pour suivre une équipe de basket puis une tempête de neige sera l’occasion d’organiser une révolution.

      Avec ce titre, Urban comics commence la découverte d’un auteur majeur et le choix est bienvenu. American Flag est une splendeur visuelle et offre un grand plaisir de lecteur. Cette œuvre reste toujours aussi forte même si la représentation des femmes est un peu datée.

      Vous pouvez trouver d’autres propositions de lecture dans notre guide des sorties en novembre et notre chronique sur Le dernier des dieux chez le même éditeur.

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