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      Méfiez-vous des plantes avec The Plot

      Avec The Plot édité par Hi comics, le lecteur attiré par la superbe couverture comprend le cadre : une maison menaçante au milieu des marais. Il sera ensuite convaincu par ce récit d’horreur où le mal ne se cache pas dans l’âme humaine ayant bâti la maison mais dans la nature sauvage.

      Une famille brisée réfugiée dans le manoir

      Charles Blaine et sa femme Wendy viennent d’être mystérieusement tués – même si le lecteur sait que le tueur est une créature spongieuse à la Swamp Thing. Son frère, Chase Blaine, devient le tuteur de ses deux neveux. Pour se reconstruire, le tout jeune chef de famille décide de s’installer dans sa maison d’enfance. Mais cette maison et les marais environnants sont loin d’être sûrs…

      La maison hantée dans The Plot

      Chase se retrouve dans sa maison en rénovation à tenter de construire un foyer pour des enfants qu’il n’a croisés que trois fois. Mackenzie est une ado si directe qu’elle en devient cynique. Plus étrange, Zack, le cadet, ne parle plus aux adultes mais murmure à son chien. Chase refuse de chercher le meurtrier pour se consacrer sur son nouveau rôle mais étant donné son passé erratique, la tâche s’annonce compliquée. A leur arrivée dans le manoir, ils sont attendus par le shérif Sullivan qui refuse que Chase revienne et semble même le soupçonner du meurtre. Le récit de The Plot prend le temps d’installer une ambiance lourde sur un épisode mais un cliffhanger à la fin rendra accro le lecteur. A peine franchi la porte du domaine, les deux enfants sont piégés par la nature.

      Pour recevoir, il faut d’abord donner…

      Cet excellent récit de genre se place sur le chemin de grands maîtres ce qui n’est pas étonnant car le passé dans The Plot est un lieu de mystère et de danger. Les scénaristes Tim Daniel et Michael Moreci situent leur récit à Cape Augusta dans le Maine, État américain bien connu des fans d’horreur, car il est le lieu de nombreux récits d’horreur depuis Stephen King. Des fantômes apparaissent et les mensonges sont nombreux comme chez le King. Cette maison ancienne appartenant aux Blaine depuis 200 ans fait nécessairement penser au livre La maison hantée de Shirley Jackson.

      On retrouve également les classiques du genre dans le thème principal. The Plot est un récit sur une famille marquée par la folie depuis de nombreuses générations. La maladie mentale est vue comme une tare génétique. Le père de Chase était vu par les autres villageois comme perturbé comme de nombreux hommes dans la famille. Mais pour Charles, il était un homme maladivement généreux qui n’a jamais été récompensé. Chase boit au point de s’effondrer sur le sol de la maison familiale abandonnée mais refuse d’être aidé. Il a rompu avec son frère. Charles est l’inverse et incarne l’American Way of Life par son succès professionnel – il est le pdg de Sortland Pharmaceutical – et personnel – une belle maison moderne où il vit avec Wendy sa superbe femme amoureuse et ses deux enfants. Pour cela, il a quitté la ville de la lignée mais reste marqué par le passé car il travaille pour soigner la maladie mentale. L’un construit et l’autre détruit. Mais le passé retrouve Charles et le tue sous la forme d’un monstre.

      Du rouge au vert

      Les monstres de The Plot

      On est ravi de retrouver le dessinateur Joshua Hixson qui avait marqué les rétines des lecteurs de Shanghai Red. Il change de genre en passant d’un récit de vengeance historique rouge sang à une histoire d’horreur contemporaine. Hixson adopte alors une nouvelle gamme chromatique autour du vert mais il a surtout gagné en précision pour les visages sans sacrifier son style volontairement inachevé. Il est aussi plus régulier en ne bâclant plus la fin des épisodes par manque de temps. Sa mise en page reste fluide et parfois très réussie comme lorsque Chase apprend la mort de son frère et sa belle-sœur. Le lecteur n’est jamais lassé car il sait alterner scènes d’action et un temps calme sur l’émotion.

      Ces quatre premiers épisodes de The Plot proposent un comics d’horreur à la croisée de Locke & Key et de Swamp Thing. Le scénario de Tim Daniel et Michael Moreci recèle de nombreux mystères à l’image de la maison alors que le splendide dessin Joshua Hixson plonge le lecteur au cœur des marais sombres et verdâtres. Une fois la dernière révélation découverte, on est prêt à tout pour lire la suite des aventures des Blaine.

      Si cette chronique ne vous a pas trop fait peur, vous pouvez retrouver un récit de vampire dans Love Kills et notre vision de la première œuvre du même dessinateur : Shanghai Red.

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