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      On a volé le bras de Costentenus au Cirque Electrique

      Après le succès du magazine Hey! sur l’art moderne et la culture pop, après l’exposition Tatoueurs Tatoués au Quai Branly, Anne et Julien (Rosita Waelock et Mr Djub) lancent leur nouvelle création scénique « On a volé le bras de Costentenus » au Cirque électrique, autour de l’univers du tatouage. Une création circassienne moderne joué jusqu’au 1er Novembre 2015. Plus que trois dates pour découvrir leur monde !

      Un univers onirique porteur

      On a volé le bras de Costentenus a tout pour intriguer. Plongés dans l’ambiance du Cirque Electrique, les spectateurs embarquent pour un voyage, celui de la grande épopée du tatouage depuis le XIXème siècle. Ils remontent le temps au travers de la biographie fantasmagorique de Costentenus, illustre figure de cette époque. Orné de 388 tatouages, il fit des apparitions remarquées lors d’expositions, de conventions et notamment aux Folies Bergères. Depuis 1874, la légende persiste quant à l’origine de ses tatouages et sa mystérieuse disparition en 1890.

      Costentenus apparaît poétique, épique et animal

      Au cœur du Tatoo Hall, un lieu unique honorant la mémoire des grands tatoués, deux maîtres de cérémonie (Rosita Warlock et Mr Djub) content l’histoire du « Prince Constentenus ». Le récit est illustré par des numéros de cirque moderne originaux. La belle Lala Morte, grande performeuse de la scène néo-burlesque, électrise la scène en pin-up, en « oiseau du paradis », en dansant sur du verre, en se body-paintant à l’aide de peinture fluorescente. Pendant ce temps, la musique est mixée par deux MC ainsi qu’Antoine Bitran au moyen de gramophones, de scies musicales et de boîtes à musique.

      Sous les traits de Yannick Unfricht, Costentenus apparaît poétique, épique et animal. Il évolue au rythme des vidéos projetées et réalisées par Sarah Brown. Ces gravures et effets visuels animent le spectacle en interagissant avec le mouvement des comédiens et la musique live.

      Yannick Unfricht - On a volé le bras de Costentenus
      Yannick Unfricht – On a volé le bras de Costentenus

      Le concept du spectacle, très original, plonge le spectateur dans cet univers poétique et mystérieux. Cependant, on oublie l’intrigue initiale : qui a volé le bras de Costentenus ? Le propos dramaturgique de disparition et d’apparition de la fameuse relique n’est pas clairement exploité sur scène.

      Un concept plus qu’une histoire

      On salue le travail de la troupe qui a su nous transporter dans son monde : un univers circassien décalé et mystérieux. Les personnage sont bien définis et intriguent. Les costumes et la scénographie sont parfaitement étudiés afin de nous plonger dans cette époque. La musique, les vidéos et les performances se marient gracieusement et proposent un style à la fois rétro et nouveau. Les numéros sont accomplis avec talent et surprennent.

      HEYLaCie_06©ZoéForget copie HEYLaCie_07©ZoéForget copie

      La troupe possède de grandes qualités scéniques. Il manque cependant un propos dramaturgique suffisamment fort pour maintenir l’attention du spectateur du début à la fin. Le vol du bras en serait un bon. Il fonctionne à merveille sur le papier mais n’est pas suffisamment exploité sur scène à notre grand regret. Sans ce fil rouge plus présent, les numéros paraissent illustratifs et l’histoire de Costentenus s’apparente à un prétexte pour montrer les nombreux talents de la compagnie. Les numéros, ainsi présentés, n’éclairent pas l’intrigue et ne font pas avancer l’histoire du vol du bras qui devient alors anecdotique.

      Les personnages manquent d’âme et sont sous-exploités. Très marqués en apparence, on aimerait qu’ils aillent plus loin, qu’ils s’animent, qu’ils aient un objectif dans cette histoire. On aimerait les voir interagir, comme dans la scène de la Pin-up et du marin. Il est frustrant de les voir vivre séparément. Leur indépendance nous prive d’une compréhension claire de l’histoire.

      HEYLaCie_08©ZoéForget copie HEYLaCie_30©ZoéForget

      Par ailleurs, lorsqu’on voit les MC arriver, nous avons envie de les connaître, de comprendre leurs personnalités. Ils intriguent, ils captivent avant même de parler. Quel dommage de les voir seulement réciter la biographie de Costentenus ! Ces personnages ont une force sous-estimée. Même remarque pour la « Femme-foune » monteuse de mât chinois. Son intervention n’est pas compréhensible. Et s’il s’agit bien de la voleuse, qui est-elle ? Pourquoi a-t-elle volé la relique ? Pourquoi porte-t-elle ce costume chair sur tout le corps et à la pilosité faciale anarchique ?

      « On a volé le bras de Costentenus » est un spectacle très prometteur. Son socle est solide. Il suffirait toutefois de l’animer davantage pour nous faire pleinement vibrer. La troupe possède la créativité et le talent nécessaire pour faire évoluer la forme et aller loin avec ce show.

      Informations pratiques

      Le spectacle « On a volé le bras de Costentenus » c’est au Cirque Electrique
      Place du Maquis du Vercors, 75018 Paris
      Tel : 09 54 54 47 24

      Plus que 3 dates pour les applaudir
      mercredi 28 octobre 2015 à 21h
      jeudi 29 octobre 2015 à 21h
      dimanche 1er novembre 2015 à 18h

      Durée : 1h30

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