The Lazarus Project, voyages temporels et dilemmes

Critique de la saison 1 de la série créée par Joe Barton

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Affiche de la saison 1 / Sky TV

The Lazarus Project c’est l’histoire de George, un homme à la petite vie tranquille qui se rend compte après avoir vécu la fin du monde et être revenu en arrière qu’il a le don de ressentir les voyages temporels ; il est donc recruté en tant qu’agent du Projet Lazare, les responsables de ces multiples retours en arrière qui font tout leur possible pour sauver le monde de ses diverses fins. Le jour où sa femme meurt dans un stupide accident, tout change et il est prêt à tout pour la sauver, quitte à enfreindre les règles.

Une écriture surprenante et passionnante

Alors qu’on pourrait s’attendre à une histoire de science-fiction des plus classiques qui se sert du voyage dans le temps comme une sorte de ressort de fond, ce n’est pas le cas et c’est même tout l’inverse. The Lazarus Project maîtrise parfaitement son sujet et tient son spectateur de bout en bout en le surprenant constamment sans aller au-delà des règles définies par la série elle-même et donc, en gardant toujours sa logique en ligne droite. On ne sait jamais à quoi s’attendre et elle peut nous emmener n’importe où, nous laissant avec un sourire aux lèvres et un sentiment que tout est à la fois imprévisible et pourtant écrit à l’avance. Quand on pense qu’elle se dirige dans une direction l’histoire nous fait mentir et les sous-genres sont nombreux : thriller, action, comédie et même comédie romantique. Tout cela parfaitement mélangé dans un monde qui prend forme petit à petit sous nos yeux et se forge une forte personnalité sans aucune difficulté. Une aventure prenante, autant d’un point de vue émotionnel que dans le pur divertissement.

Un développement de personnage solide

Les personnages de The Lazarus Project sont très marquants, notamment grâce à leur développement qui exploite parfaitement le format sériel et laisse son spectateur s’approcher d’eux et de leurs histoires de plus en plus personnelles petit à petit. On prend le temps d’apprendre à les connaître et on finit par comprendre pourquoi et comment ils font face aux dilemmes moraux très corsés que l’histoire met en place. La plupart d’entre eux font des choix vraiment discutables d’un point de vue moral toujours, mais en aucun cas on ne parvient à se placer juge de leurs actions, du moins pas avant un long moment durant le visionnage, parce qu’on a comme créé une proximité avec ces personnages et qu’on nous met face à toute la complexité des diverses poids qu’ils portent sur les épaules ; et le plus grand poids de tous : l’équilibre entre le bien du monde entier et de ceux qu’ils aiment, individuellement. Chacun d’entre eux est présenté comme un archétype d’équipe de série policière ou d’action et s’affine au fur et à mesure des épisodes. Tous ces personnages sont aussi portés par un casting efficace, parmi lequel on retrouve Paapa Essiedu, Anjili Mohindra ou encore Tom Burke parmi les plus marquants, mais chacun des acteurs campe son rôle avec brio.

Réflexion plurale

Dilemmes moraux, voyages dans le temps à répétition, histoires d’amour… The Lazarus Project a son lot de sujets qu’on pourrait qualifier d’existentialistes. Entre ce qui est affirmé et ce qui est laissé en suspens, les réflexions sont nombreuses et c’est une des grandes qualités de la série. Les personnages se donnent corps et âmes à leur mission et sont déterminés à sauver le monde par tous les moyens, et pour cela ils doivent souvent mettre leurs intérêts personnels de côté. Le Projet Lazare a des règle strictes, mais ce ne sont que des êtres humains après tout. Si le dilemme principal est celui de George qui veut sauver sa femme à tout prix, chaque personnage a son lot de complications voire d’histoires tragiques. De nombreuses questions découlent des techniques d’opération de l’organisation et des conséquences qu’elles ont sur ses employés et leurs proches. Est-ce que le destin existe, est-ce que malgré tous les retours en arrière certaines personnes sont faites pour se connaître et vivre quelque chose ensemble ? Le monde est-il condamné et est-ce que leur combat est véritablement utile ? Est-ce que, malgré les surprises, tout est déjà écrit quelque part ? Les nombreuses questions morales, allant même au-delà de l’univers de la série, peuvent aussi titiller le spectateur. C’est ce qui rend The Lazarus Project si marquante.

Une histoire passionnante de voyage dans le temps qui nous embarque dans tous les recoins narratifs possibles en ne perdant jamais le cap et en nous mettant face à des questions de morale fortes, tout cela dans un univers bien géré d’un point de vue technique et porté par un casting talentueux : The Lazarus Project saison 1, disponible en intégralité sur OCS le 5 février.