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      Tourisme – Leeuwarden : capitale culturelle européenne 2018

      Chaque année, l’Europe met en avant la culture de ses pays membres et de leurs régions. Ainsi, l’heureuse élue de 2018 est Leeuwarden, capitale de la Frise. C’est la région la plus septentrionale de Hollande. Avec des sols fertiles et ses nombreux monuments, la Frise est réputée pour son agriculture et son attrait touristique. Avant même de devenir capitale culturelle européenne, Leeuwarden était déjà une ville où l’art et le patrimoine figuraient en bonne place.

      Un vaste ensemble culturel

      Musée Frison : ce vaste bâtiment à l’architecture lumineuse propose simultanément plusieurs expositions permanentes et temporaires et accueille une cinémathèque, un café et une boutique. Les deux expositions permanentes concernent la résistance frisonne pendant la Seconde Guerre mondiale et l’identité frisonne. Cette section tout particulièrement montre les différentes facettes de la culture régionale allant des costumes traditionnels à l’art, en passant par l’histoire et les paysages. La scénographie est transversale et place l’individu au centre, notamment avec des séries de portraits de plusieurs époques. Mention spéciale pour la reconstitution d’un intérieur d’époque avec tout son mobilier en bois, ses carreaux de faïence, etc. Une salle est également consacrée à Mata Hari, de son vrai nom Margaretha Geertruida Zelle (1876-1917) originaire de Leeuwarden. 

      Nocturnal Rome – Small Churches, Piazza Venezia (1934), M.C. Escher © The M.C. Escher Company, B.V. All rights reserved. www.mcescher.com

      En ce moment et jusqu’au 28 octobre 2018, le musée propose une exposition monographique consacrée à l’artiste visionnaire Maurits Cornelis Escher (1898-1972). Né dans la ville de Leeuwarden dans une famille aisée, Escher est destiné par ses parents à devenir architecte. Mais il fait preuve de telles qualités artistiques que l’un de ses professeurs, avec qui il restera ami de longues années, convainc ses parents de le laisser embrasser la carrière artistique. Une fois diplômé, il part s’installer en Italie qu’il a découverte lors d’un voyage avec ses parents. Il y rencontre également son épouse. Le couple s’installe à Rome où Escher se consacre à son art, créant des paysages incroyables. Avec la maturité artistique, il s’intéresse de plus en plus à son propre monde intérieur et se passionne pour les illusions d’optique. Ses œuvres sont reconnues dans le monde entier. La scénographie de l’exposition mêle éléments biographiques et créations. Le numérique tient également une grande place dans la médiation.

      Musée Princessehof : cet ancien palais de Marie-Louise, la première régente de la famille royale actuelle Orange-Nassau du Pays-Bas, est devenu au XIXe siècle le musée de la céramique. La Hollande est en effet détentrice d’une longue histoire dans la création de céramiques en tout genre, comme l’explique l’exposition Made in Holland, 400 ans de création. Très tôt, les marins néerlandais se sont rendu dans les confins de l’Asie. Pays à majorité protestante, ils avaient même le droit de commercer avec le Japon, pourtant fermé, sur l’île de Dejima. La première européenne à s’être rendu au Japon était l’épouse d’un officier de marine marchande de la compagnie des Indes Orientales. Grande, voluptueuse, avec les cheveux bouclés et une tenue occidentale, elle n’est pas passée inaperçue auprès de la population locale. Tout en poursuivant ses importations de « chinoiseries », la Hollande a commencé à produire ses propres porcelaines dont le centre le plus connu est Delft. Très réputées, les productions hollandaises se sont largement exportées en Europe. Aujourd’hui encore, cette tradition est toujours vivante et des artistes contemporains s’emparent de la céramique aux possibilités quasi-illimitées pour s’exprimer et expérimenter.

      Musée d’Histoire naturelle : la capitale frisonne possède également un musée d’Histoire Naturelle. A l’occasion de Leeuwarden Capitale européenne, une exposition sur la faune locale, en particulier sur les menaces qui pèsent sur elle avec la pollution et l’agriculture, est l’occasion de faire découvrir le patrimoine naturel à la population et de sensibiliser les visiteurs aux problèmes environnementaux.

      Oldehove : monument emblématique de la ville, cette tour penchée est un vestige de l’ancienne cathédrale de la ville jamais terminée. Construite tout en briques sur un sol moitié dur, moitié meuble, l’édifice, avant même l’achèvement de sa construction, a commencé à pencher dangereusement. L’architecte a alors tenté de rattraper le problème en modifiant l’angle de construction des étages supérieurs, mais son décès a mis fin aux travaux. Les habitants de la ville affectionnent ce monument qui prouve que même si cela débute mal, cela peut bien se terminer.

      La fête des langues : construit face à l’Oldehove, le pavillon de la fête des langues propose à chacun de découvrir les langues du monde via une installation artistique et des activités participatives. Ce nouveau lieu a pour vocation de devenir pérenne.

      Grote of Jacobijnerkerk : cette petite église, construite tout en briques dans le centre-ville, conserve quelques éléments du XIIIe siècle. Elle a la particularité d’avoir accueilli les tombeaux d’une partie des ancêtres de la famille royale actuelle, mais ces derniers ont été détruits lors de la Révolution française. Les liens avec la famille royale de Hollande sont tout de même toujours visibles à l’arrière du bâtiment qui conserve toujours la porte destinée à la famille régnante. Juste en face de l’église se trouvait l’ancienne école juive. Mais la vaste communauté juive de la ville de Leeuwarden a été presque entièrement décimée lors de la Seconde Guerre mondiale. Le square représente le vide laissé par la disparition de cette partie de la population. C’est un lieu de mémoire.

      Sint Bonifatiuskerk : légèrement excentrée par rapport au centre-ville historique, cette église catholique impressionne par ses dimensions, sa hauteur et sa décoration de briques. Une tempête a fait tomber une partie du clocher au milieu du XXe siècle, mais les habitants se sont mobilisés et les nouveaux éléments ont été posés en 1974.

      Blokhuispoort : ce vaste bâtiment, construit tout en briques rouges, n’est autre que l’ancienne prison de la ville reconvertie en centre culturel. S’y trouvent un café-librairie, des ateliers, des boutiques et un théâtre.

      Post plaza est également un bâtiment singulier. Cet ancien centre des postes et télégraphes de la ville, construit dans un style néo-médiéval, a perdu sa fonction postale en 1992. Il a été racheté par un fonds privé qui l’a entièrement restauré en conservant le style architectural et en a fait un centre de conventions. Aujourd’hui, c’est un hôtel 4 étoiles proposant tout le confort moderne. Il possède également un restaurant offrant des plats élaborés avec des produits locaux.  

      Museumhaven est un quai où sont amarrés de nombreux anciens bateaux dont les plus anciens remontent au XIXe siècle. La majorité a été transformée en habitations privées mais il est possible de visiter celui qui a été transformé en restaurant. 

      Si vous souhaitez découvrir tous ces lieux et bien d’autres ainsi que profiter de nombreuses anecdotes sur l’histoire et les traditions de Leeuwarden, la meilleure solution est de réserver une visite de la ville en français ou en anglais chez guide to Leeuwarden

      Une programmation variée pour cette année de festivités

      A l’occasion de Leeuwarden capitale culturelle européenne, la ville propose de nombreuses activités allant de l’art de rue aux expositions, en passant par des spectacles en sus des activités culturelles habituelles.

      Expositions : outre les expositions déjà pré-citées, la ville de Leeuwarden organise jusqu’au 30 juin une vaste exposition sur Mata Hari, une femme au destin exceptionnel, dont l’effigie est présente un peu partout dans la vieille ville.    

      Spectacles : le programme de Leeuwarden 2018 est très riche. avec par exemple la présence des célèbres Géants de Royal de Luxe, pour la première fois aux Pays-Bas, des 17 au 19 août. Autre spectacle qui s’annonce impressionnant : De Stormruiter, du 8 septembre au 7 octobre, qui mettra en scène 100 chevaux frisons.

      Installations : non loin du pavillon de la fête des langues, on trouve plusieurs installations sonores dans le petit parc arboré. On y trouve aussi un café tenu par des personnes souffrant de surdité, le but étant de se faire comprendre, ainsi qu’un pavillon sur le frisson et les installations sonores qui voient ronfler un banc public, boire un arbre ou encore, deux pierres jouer au ping-pong.

      Art urbain : art populaire et participatif par excellence, l’art urbain voit la cohabitation d’œuvres d’artistes confirmés et de particuliers. Parmi les articles professionnels, plusieurs sont basés sur les arts optiques qui ne se dévoilent qu’à travers l’objectif d’un appareil numérique. Il y a ainsi cinq installations de l’artiste allemand Leon Keer et un pixel art représentant la première épouse de Rembrandt, elle aussi originaire de Leeuwarden.

      Pour ne rien rater des lieux les plus intéressants et découvrir plein d’anecdotes sur la ville et son histoire, les guides proposent des visites en français ! Il est aussi possible de faire une visite des canaux en gondole, comme à Venise.

      En lien avec son territoire

      En bonne capitale régionale, Leeuwarden conserve un lien fort avec son territoire, comme en témoigne la création du circuit de 11 fontaines ou encore la forte mise en avant de l’identité frisonne.

      Les 11 fontaines : A l’époque où les hivers suffisamment froids le permettaient, la ville de Leeuwarden et ses voisines étaient le théâtre d’une grande course de patinage de vitesse : l’Elfstedentocht. Cette fête populaire est maintenant très rare, l’épaisseur de la glace sur les canaux ne permettant plus de soutenir le poids des participants. Afin de maintenir le lien qui unissait à l’époque les onze villes de Leeuwarden, Sneek, IJlst, Sloten, Stavoren, Hindeloopen, Workum, Bolsward, Harlingen, Franeker et Dokkum, il a été décidé, à l’occasion de Leeuwarden capitale européenne de la culture 2018, de créer 11 fontaines contemporaines.

      A Leeuwarden, elle a été confiée à l’Espagnol Jaume Piensa et représente deux enfants, une fille et un garçon, qui se font face. A Franeker, c’est le Français Jean-Michel Othoniel qui s’est occupé de créer la fontaine devant l’église protestante Martinikerk. Elle évoque le travail du grand astronome Jan Hendrik Oort. Toujours dans la ville de Franeker, ne manquez sous aucun prétexte la visite du planétarium Eisa Eisinga, vous ne le regretterez pas ! Il s’agit du plus ancien planétarium encore en activité au monde. 

      Les manifestations locales dans la programmation proposent entre autres un retour à la nature, ses beautés, ses paysages avec Sense of Place ou encore, l’ancienne ferme abandonnée réhabilitée par Claudia Jongstra dans Farm of the World.

      La mise en avant de l’identité locale : les Frisons sont particulièrement fiers de leur langue et de leur culture. La langue frisonne est parlée par une bonne partie de la population et, en ville, les magasins affichent une cocarde représentant le nénuphar (ce n’est pas un cœur) rouge, emblème de la région, sur leur vitrine quand il est possible d’y parler frison. L’emblème et les couleurs de la ville sont omniprésents, tout comme son héraldique, un lion d’or passant droit sur fond d’azur.

      Les produits locaux : la Frise est une grande région agricole. Si, de la gastronomie hollandaise, on connaît surtout le fromage, la ville regorge de boulangeries (bakkerij) proposant des spécialités locales dont le fameux pain au sucre (et à la cannelle) très prisé pour le petit-déjeuner. La région étant propice à l’élevage de vaches laitières, il n’est pas rare de voir sur la carte des cafés et des restaurants la mention « lait frison ». Pour manger, voici quelques adresses : Hotel Post Plaza (Tweebaksmarkt 25-27, 8911 KW Leeuwarden) pour un repas savoureux et original à base de produits de saison. Au Fruitbar (Naauw 5A) ou au Broodje Bewust (Groentemarkt 1) pour un repas à emporter équilibré. Pour se restaurer rapidement, il y a le café Douwe Egberts (Ruiterskwartier 111). Et pour une bonne glace, rendez-vous au De Vijff Roode Cruijsen sur la Kleine Kerkstraat.

      Ainsi, Leeuwarden propose une impressionnante diversité d’activités culturelles avec pas moins de 600 monuments recensés, mais aussi des rues dédiées au shopping, de nombreux restaurants etc. Cette ville est idéale pour un city break dépaysant ou des petites vacances.

      Photos : ©SandraBERNARD sauf mention contraire dans la légende

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      Sandrahttp://katatsumurinoyume.com/
      Sandra est passionnée de découvertes culturelles au sens large et d'Asie plus particulièrement !

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