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      L’amour saigne dans le tome 3 de Shigahime

      Les vampires reviennent chez Mangetsu avec Shigahime, mais la chasse au sang laisse place à des relations perverses entre les plus jeunes.

      Un jeune homme perduLa maîtresse dans Shigahime tome 3

      Depuis le premier tome de Shigahime, le jeune lycéen Osamu est devenu contre son grè l’esclave d’une vampire. Cela bouleverse sa vie personnelle, mais aussi son corps. Osamu qui guette désormais avec appétit chaque goût de sang, résiste à cette envie criminelle, mais jusque quand ? Il a trouvé une solution pour ne pas tuer des innocents et même se venger des vampires : il chasse les familiers. Cependant, maladroit, il manque d’entraînement pour réussir. Parallèlement, sans s’en rendre compte, il se soumet de plus en plus aux règles d’un esclave et se détache de la vie normale d’un lycéen. Il n’arrive plus à suivre en cours. L’attirance sexuelle d’Osamu pour sa maîtresse Miwako devient plus fort et complique sa relation naissante avec la lycéenne Murase.

      A trois ou quatre ?

      Cachant sa double vie à tout le monde, Osamu subit un quiproquo. Sa petite amie croit avoir été sauvé par l’ancien familier de Murase. Elle devine que Tachibana en sait beaucoup sans vouloir le dire et refuse de le dire. Par elle, on découvre aussi la maison du premier familier. En raison de la dépression de sa mère, les ordures ont envahi toutes les pièces sur plusieurs couches. Il est aussi harcelé à l’école.

      Dans sa vie nocturne cachée, Tachibana a un nouveau statut. Il chasse pour lui-même et non plus au service de quelqu’un d’autre. Un triangle amoureux se forme donc entre les trois lycéens. Cependant, l’amour est dépassé par la jalousie et le mépris. Dans Shigahime, l’espoir d’être amoureux rend plus humain, mais ensuite il y a la jalousie qui rend monstrueux. De plus, une adulte intervient dans cette histoire déjà compliquée. Miwako joue avec les sentiments de chacun et rend encore plus pervers les sentiments prenant possession du corps de la jeune fille. On n’est pas loin d’un viol. Mais, elle est un personnage complexe, car plus loin, elle aide son familier en lui offrant une solution pour combattre sans perdre son humanité.

      La série écrite et dessinée par Sato Hirohisa fonctionne par la noirceur des ennemis. Dans ce troisième tome, le lecteur assiste avec angoisse à la rencontre entre les deux femmes du héros. Mais, loin de la confrontation attendue, le lecteur assiste à un échange rempli de mensonges et de non-dits. Les échanges deviennent presque sexuels. Une dominatrice expérimentée joue avec une soumise naïve. La plus âgée habille l’autre comme si elle lui apprenait à séduire.

      Corps à corpsLe joker de Shigahime tome 3

      Shigahime oppose humanité et animalité. Une bouche devient une gueule multiple avec des crocs. On voit beaucoup d’entrailles. Les corps et les costumes des familiers les rapprochent des animaux : dans les tomes précédents, on croise un cochon et ici un chat. On le retrouve d’ailleurs dans leurs surnoms (groin et bec). En servant leur maîtresse, ils ne sont plus des hommes, mais des animaux domestiqués. A l’inverse, libéré de sa soumission, Tachibana se métamorphose avec une tête de fou du roi et une faux en os gigantesque. Loin des vampires occidentaux, ce sont des humains dont les corps se déforment pour devenir des monstres. Un bras mobile peut sortir du corps devenant un croc de la mort, une tête coupée parle.

      Des scènes me semblent uniquement possibles par le talent du dessin. Le visage d’Osamu change. Il a perdu sa candeur adolescente et ses traits se durcissent expriment la rage et l’envie de meurtre. Le dessin est écœurant par des détails comme un zoom dans un film d’horreur. Sato Hirohisa joue sur la texture de la peau pour exprimer la souffrance.

      Même s’il s’agit d’une série d’horreur et d’action, Shigahime parle du corps humain et sexuel. En pleine puberté, des jeunes cherchent une identité ou se soumettent à une adulte dans une relation perverse. La série montre également que les jeunes ne sont pas doux entre eux et que les lycéens refusent toute différence. La vision du Japon dans Shigahime est sombre, mais passionnante.

      Si vous avez encore faim de séries fraîches, vous pouvez retrouver les chroniques sur le premier tome et la suite.

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