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      « Seul sur Mars », la critique du film réalisé par Ridley Scott

      « Seul sur Mars », en ce moment dans nos salles, est le dernier film de Ridley Scott. Matt Damon interprète un astronaute laissé pour mort sur Mars par son équipe qui a fui précipitamment le lieu. Le personnage de Matt Damon ressort vivant de son accident et doit survivre dans cet environnement hostile. Le casting se complète par Sean Bean, Jessica Chastain et Michael Pena.
      Un long-métrage qui se démarque de « Interstellar » et « Gravity »

      « Seul sur Mars » est un film dans l’air du temps. Les succès de « Gravity » d’Alfonso Cuaron et de « Interstellar » de Christopher Nolan ont relancé les épopées spatiales. Ridley Scott profite de cette mode pour en venir lui aussi au genre. Mais alors qu’il aurait simplement pu offrir un copier-coller de plus, le réalisateur essaye d’innover et de présenter sa propre vision du survival spatial. L’histoire, le pitch, restent sensiblement identiques aux autres films du genre ; à savoir un homme seul qui doit survivre face à des éléments supérieurs mais aussi face à ses craintes. Cependant, le ton choisi par Scott est différent des longs métrages précédemment cités et des épopées spatiales en générale. Alors que le sujet prête à être dramatique, un homme perdu dans tous les sens du terme, le réalisateur choisit un traitement plutôt léger. Si le personnage de Matt Damon devrait être complètement détruit psychologiquement, celui-ci trouve pourtant le moyen d’être décontracté et de plaisanter en permanence. Alors que les enjeux sont accablants, le traitement est décontracté. Un traitement inattendu qui entraine quelques désillusions.

      Un traitement que minimise l’ampleur du sujet

      Même si ce traitement offre quelques passages revigorants, assez cocasses et qui finissent par faire sourire le spectateur, cette exécution est à double effet. La décontraction avec laquelle Ridley Scott traite le sujet minimise les émotions que le long-métrage aurait pu transmettre. Le réalisateur, de part ce choix, délaisse complètement les aspects dramatiques, le potentiel de tristesse que pourrait déverser « Seul sur Mars. » Il délaisse également l’aspectMatt Damon psychologique du personnage, de même que le suspens. Le spectateur entrevoit la conclusion très vite, il sait où le film va l’emporter sans grande difficulté. Cette dérision crée une barrière entre le protagoniste et le spectateur. Celui-ci ne se rend pas réellement compte de la détresse qui devrait apparaître, il ne ressent pas de crainte quant à l’avenir du personnage. Ce ton décalé ne permet pas au spectateur de s’immiscer réellement dans la condition de cet homme abandonné. Le ton léger de « Seul sur Mars » facilite également les actions de l’aventurier. Le personnage résout ses problèmes avec bien trop de simplicité. A chaque nouveau bouleversement qui réduit ses efforts à néant, le protagoniste trouve très rapidement un nouveau moyen de palier à cet effondrement. L’astronaute résout chaque difficulté les unes après les autres avec une facilité déconcertante et décevante pour le spectateur qui assiste à une épopée qui n’en est finalement pas vraiment une. Les sensations sont minimisées, de même pour les émotions, et l’immersion. Le réalisateur ne va pas au fond de son film, il en oublie le principal : l’émotion. Un plan est significatif, Matt Damon apparaît terriblement maigre après un éprouvant rationnement. Pourtant, cette image percutante, qui aurait pu amener une étude psychologique, ne se contente que d’être une simple image au milieu d’autres. Ridley Scott livre ici une énorme bande-annonce de 2h30. « Seul sur Mars » peut être considéré comme un film vain, qui n’a en réalité vraiment pas grand-chose à raconter et qui n’innove absolument pas le genre, ni le cinéma de son metteur en scène. Le film est un élément facultatif dans l’équation des épopées spatiales. Mieux réussit que le « Mission to Mars » de De Palma formellement et artistiquement, de même que dans l’écriture, il apparaît néanmoins moins percutant et d’avantage vide philosophiquement.

      Un film sympathique

      seul-sur-mars

      Mais « Seul sur Mars » a le mérite d’être un film franchement sympathique. Le spectateur passe un bon moment devant les tribulations de Matt Damon qui interprète son rôle avec efficacité. Malgré sa longueur excessive, jamais le spectateur ne s’ennuie. Le rythme et le montage, justes, évitent l’asphyxie courante des blockbusters ou des longs films. Le spectateur ne sera jamais fatigué, lassé, agacé, plombé, il ne s’ennuiera pas devant « Seul sur Mars ». Le film de Ridley Scott est formellement très beau. La musique, le cadrage, la photographie sont très réussis et choisis avec perspicacité. Les interprètes sont convaincants et les personnages attachants. La relation entre la Terre et Mars à travers les communications et le montage entre les deux pôles est des plus salvatrices. Le spectateur se retrouve en alternance entre la Terre et la planète rouge sans se trouver brusqué, décontenancé et garde ses repères avec facilité et plaisir.

      Finalement « Seul sur Mars » n’est pas le meilleur film de Ridley Scott, mais il ne situe pas non plus dans ses plus mauvaises réalisations. « Seul sur Mars » est un peu l’antithèse de «Alien le huitième passager », et cette fois « dans l’espace personne ne vous entendra rire ».

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