La Petite Sirène : Disney prend l’eau dans cette nouvelle adaptation en live action

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Disney continue son inlassable croisade pour adapter tous ses classiques du cinéma d’animation en live action. Après le récent Peter & Wendy sur Disney+, c’est La Petite Sirène qui est à l’honneur cette semaine dans les salles de cinéma. Pour diriger cette nouvelle adaptation en prises de vues réelles, c’est Rob Marshall qui a été choisi par le studio aux grandes oreilles. Un fidèle du studio qui a déjà mis en scène Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence (2011), Into the Woods (2014) et Le Retour de Mary Poppins (2018). Mais alors, que vaut cette nouvelle adaptation de La Petite Sirène ?

La Petite Sirène : retour sur le mythe

A la base, La Petite Sirène est un conte de fées écrit par l’auteur danois Hans Christian Andersen. Publié en 1837, l’histoire de la Petite Sirène est alors beaucoup plus sombre. A cette époque, le personnage est dépeint comme une créature maléfique qui cherche à envouter un pauvre prince pour lui voler son âme et obtenir l’immortalité. Aujourd’hui, La Petite Sirène est l’un des contes les plus adaptés de l’histoire du cinéma.

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En 1989, Disney s’empare du mythe pour offrir une adaptation animée devenue culte. Réalisé par John Musker et Ron Clements, La Petite Sirène a remporté deux Oscars : Meilleure chanson et Meilleure musique. Côté box-office, le long-métrage a rapporté plus de 211 millions de dollars de recettes. Une suite est alors produite en 1999. En tout, une vingtaine d’adaptations, plus ou moins officielles, ont vu le jour au cours du temps. Certaines sont même d’origine soviétiques. Rob Marshall est donc le dernier en date à apporter sa pierre au mythe de la Petite Sirène.

Une adaptation paresseuse

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est bon de revenir rapidement sur la polémique Halle Bailey. En effet, à l’annonce du casting, la comédienne afro-américaine a reçu de lourdes critiques quant à sa couleur de peau. Les conservateurs les plus intransigeants ont critiqué le choix de Disney de changer la couleur de peau de son personnage. Entre nous, La Petite Sirène pourrait avoir la peau violette qu’on s’en tamponnerait royalement. Le fait que ce soit un personnage qui vive sous l’eau et respire par des branchies ne choque personne, mais une couleur de peau noire est un problème ? La jeune Halle Bailey (tout juste 23 ans) fait un excellent travaille dans la peau de La Petite Sirène et est incontestablement le point fort de cette nouvelle adaptation.

Parce que franchement, Disney ne s’est pas foulé. Le studio aux grandes oreilles propose une adaptation paresseuse. Copier-coller du dessin animé, le long-métrage manque cruellement d’originalité, de prises de risques et surtout d’événements inédits. Ce n’est qu’une pure retranscription en version live qui n’apporte rien de plus au conte. Un récit d’émotion qui ne prend jamais totalement, une intrigue qui s’étire inutilement, une absence totale de renouvellement des thématiques, La Petite Sirène est un film fainéant…

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Rob Marshall s’enferme dans une mise en scène insipide, et ne parvient pas à insuffler quelconque âme dans une réalisation en images de synthèses sans charme. Le mouvement semble interdit, et ce dans un univers aquatique où les déplacements devraient être des voyages en soit. Le tout parait généralement très figé et les personnages semblent être littéralement en apnée. Le mouvement des cheveux d’Ariel ne fonctionne jamais. En fait, l’intérêt premier d’une adaptation live de La Petite Sirène était de mettre en forme les décors, l’océan, sa beauté et ses dangers. Mais Disney s’effondre totalement sur ce point. La mer n’est jamais une menace ou un havre de paix. Pire, on oublie même parfois que l’intrigue se déroule sous l’océan, pour citer notre chère Sébastien…

Voici donc une nouvelle adaptation sans cœur, sans humour, sans profondeur, qui échoue à moderniser un conte pourtant passionnant. Rob Mashall passe à côté de sujets pourtant très contemporains comme l’écologie, le colonialisme ou le sexisme. Reste Melissa McCarthy, qui parvient à donner un peu d’épaisseur à Ursula. Mais tout ceci demeure tout de même très léger…