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      Festival des Arcs 2017 – « Mademoiselle Paradis » de Barbara Albert : Passionnant mais mal rythmé

      Le Festival du Cinéma Européen des Arcs a terminé sa compétition ce jeudi 21 décembre avec la présentation d’un film autrichien : Mademoiselle Paradis. Inspiré d’une histoire vraie, Mademoiselle Paradis relate le parcours de Maria Theresia von Paradis, pianiste aveugle placée sous la tutelle du Dr. Anton Mesmer, célèbre magnétiseur. Si cette oeuvre sincère offre de nombreuses idées intéressantes, il est triste de constater que beaucoup d’entre-elles ne sont que moyennement exploitées… Focus ! 

      Une histoire trouvant difficilement son rythme

      Mademoiselle Paradis est une histoire passionnante, souffrant toutefois d’un problème flagrant de rythme. Bien que l’on soit très attaché aux personnages (notamment grâce à leur interprétation parfaite), ceux-ci évoluent dans un film peinant à trouver un tempo. Toute la première partie s’enchaîne sans réellement poser de contexte historique. Seul le caractère des personnages est établi. Si cela ne dérangera pas les connaisseurs de l’histoire autrichienne, il faut bien avouer que ceux-ci sont peu nombreux à l’étranger (et même probablement dans leur propre pays). Il aurait donc été fort intéressant de nous poser le cadre socio-culturel de l’époque de manière un petit peu plus accentuée afin de nous immerger totalement dans cette époque lointaine. Fort heureusement, la seconde partie du film finit par trouver son rythme et s’avère bien plus intéressante à suivre

      Trop de thèmes abordés

      Résumons un peu. Les film aborde à la fois :  

      • Le parcours d’une musicienne aveugle cherchant à guérir.
      • Le rapport au monde quand on souffre d’un handicap.
      • Le traitement des personnes handicapées au XVIIIème siècle.
      • Le rapport à la musique.
      • La place de la femme dans la société autrichienne de l’époque.
      • Les nouveaux types de médecine.
      • Les relations mondaines au XVIIIème. 

      C’est un peu trop… En soi, traiter tous ces thèmes n’est pas une mauvaise chose, bien au contraire. Mais à force de vouloir raconter trop d’histoires, le film les raconte mal. On sent à quel point la réalisatrice Barbara Albert a voulu faire de son film une oeuvre engagée. Et pour cela on ne peut que la féliciter. Cependant, le problème de rythme sus-cité est en partie dû au fait que trop de sujets soient traités. Si la réalisatrice avait supprimé un ou deux thèmes pour en approfondir d’autres, le film aurait probablement gagné en puissance dramatique. 

      Cependant, il faut bien admettre qu’avec autant de thématiques, il y a de quoi faire réfléchir les spectateurs et intéresser tous les férus d’histoire. Même si ces thèmes sont traités bien trop rapidement, c’est une bonne chose que ceux-ci soient abordés. Ils permettent au public profane de découvrir un mode de pensée qui leur est inconnu. Ces sujets permettront également aux amateurs d’histoire d’ajouter divers éléments à leur culture générale. 

      Des performances d’acteurs/trices impeccables 

      S’il y a bien une chose sur laquelle le film n’a pas pêché, c’est sur les performances de ses comédien(ne)s. Preuve en est : la jeune et talentueuse Maria-Victoria Dragus s’est vue décerner le prix d’interprétation féminine pour son interprétation de Maria-Theresia von Paradis. Et quand on voit à quelle point la comédienne s’est investie dans son rôle de musicienne aveugle, il faut bien avouer que ce prix est totalement mérité. Le Dr. Anton Mesmer n’est pas en reste non plus concernant son interprétation. Devid Striesow (La chute) nous offre une performance impeccable, doublée par son charisme naturel. Quant au reste des acteurs/trices, ils/elles remplissent chacun(e)s leur rôle à la perfection, rendant les échanges entre chaque personnage absolument savoureux. 

      Mademoiselle Paradis est une histoire passionnante et merveilleusement interprétée, malheureusement entachée par de nombreux problèmes de rythmes. Si ces problèmes n’enlèvent pas l’intérêt des thématiques abordées, ceux-ci risquent de perdre les spectateurs les moins attentifs. Un résultat en demi-teinte donc, qui reste toutefois une oeuvre intéressante à découvrir ! 

       

      Extrait Mademoiselle Paradis

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      Robin Uzan
      Journaliste, photographe et réalisateur indépendant, écrire pour Justfocus est un de mes plus grands plaisirs. Bonne lecture !

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