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      Critique Agents Très Spéciaux – Code UNCLE de Guy Ritchie

      S’intégrant à la soudaine vague d’intérêt porté au genre du film d’espionnage (Kingsman, Spy, Mission Impossible : Rogue Nation, Spectre), Agents Très Spéciaux – Code UNCLE du britannique Guy Ritchie débarque enfin dans les salles françaises. L’occasion rêvée pour voir le metteur en scène britannique adepte de la pop-culture emballer une intrigue rocambolesque dans une aura délicieusement rétro, et nimbée comme tout bon film du genre, du clivage oppressant de la scission Est/Ouest ! Un régal !

      Un réalisateur providentiel

      A l’origine série télévisée mettant en scène un agent du KGB devant pactiser avec un agent de la CIA pour sauver le monde d’une organisation secrète aux sombres desseins, Agents Très Spéciaux – Code UNCLE se paye un ravalement de façade version cinéma, sous la houlette du très référentiel Guy Ritchie. Le réalisateur qu’on connait surtout pour son travail effectué sur Snatch ou le dyptique Sherlock Holmes, semblait à première vue le seul capable de coucher à l’écran cette alliance improbable, tant l’univers dépeint au travers des épisodes de la série, alliage délicat entre humour teinté de choc des cultures et action old-school, coïncidait avec le mantra du réalisateur, qui de films en films n’aura eu de cesse de s’affirmer comme un faiseur d’ambiance. De ses débuts de cinéaste fauché dans Arnaques, Crimes et Botaniques, qui garde encore les stigmates d’une production sans le sou, aux images pétaradantes et virtuoses habitant Sherlock Holmes : Jeu d’Ombres, ce besoin impérieux de transcrire une ambiance sur ses films l’aura finalement conduit à accepter le projet, passé par toutes les couleurs de l’arc en ciel, et voyant pléthores de star graviter autour comme ce fut le cas avec Tom Cruise, George Clooney ou Steven Soderbergh. Et au vu du résultat final, cette adaptation lorgnant autant du coté de James Bond que de Chapeaux Melon et Bottes de Cuir semble symboliser à tout point de vue, la quintessence du style Ritchie, entre divertissement régressif et véritable envie de cinéma.

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      Une ode à l’espionnage et aux 60’s

      On reconnaitra d’ailleurs cette envie qu’à Ritchie d’embrasser en permanence les deux tableaux. Quand sa partie de cinéma lui intime de se calquer sur les lignes directrices esquissés par les genres qui infusent ces images, ce qui donnera à voir un mélange lorgnant tantôt dans la veine espionnage pur et dur, entre complot, menace nucléaire et gadgets ; tantôt dans le style rétro donnant à voir une Italie de cartes postales respirant le glamour, sa partie prônant le divertissement lui fera appliquer son style si reconnaissable entre tous. En résultera ce qui fait le sel de sa mise en scène, à savoir un empilement jamais indigeste de split-screens, monté en parfaite synchronisation avec une musique harmonieuse, rappelant çà et là les mélodies d’espionnages et les musiques de westerns spaghettis, délibérément calqué sur un rythme effréné. Les images s’enchainent, le plaisir commence à monter progressivement, et on se surprend à être captivé par cette intrigue rocambolesque, qui à défaut de compter de réels enjeux et une réelle profondeur (quid du plan des antagonistes ?), sait user à bon escient du seul potentiel comique présent : ses acteurs. Rivaux dans la vraie vie, mais devant pour le salut de l’humanité s’allier, on sent d’emblée que l’alchimie est forcée et un brin difficile. Entre l’espion américain, ex-faussaire polyglotte au charme raffiné, et son homologue russe, très porté sur le combat et l’efficacité, le malaise est constant, et l’un comme l’autre, doivent parfois briser la glace pour faire esquisser à l’audience un sourire. Car de manière hautement paradoxale, le film bien que baignant dans une veine comique, ne fait jamais rire jusqu’aux larmes. Outre le fait qu’il ne s’agit sans doute pas là de son ambition principale, c’est probablement dû au fait que pour la première fois dans un film de Ritchie, la dynamique de duo ne fonctionne que très peu, faute de voir les deux agents rarement occuper l’écran simultanément. En résulte ainsi, ce qui s’apparentera à la meilleure scène du long-métrage quand Solo (Henry Cavill) laisse Kuryakin (Armie Hammer) en pleine poursuite de hors-bord tandis qu’il se fait un bon chianti en écoutant de la musique italienne. UNCLE 1

      Pour autant, malgré un rythme assez ambivalent et des antagonistes aux abonnés absents niveau motivation, on en retiendra un véritable exercice de style et une véritable proposition de cinéma, dans la mesure où l’originalité revendiquée par le projet, peut aisément se voir assimiler au pendant rétro du détonnant Kingsman sorti en début d’année.

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