Critiques de La Zone d’intérêt, Acide et Toni, en famille

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La Zone d’intérêt – « Du lila pour embellir le camp »

Une famille mène une vie sereine à côté du camp de concentration d’Auschwitz.

Tout commence sciemment antinomiquement avec l’aspect bucolique de gazouillis d’oiseaux sur fond noir. Le tour de force du métrage est de nous emporter dans cette cécité paisible : baguenauderies telles la cultivation d’un potager et de fleurs ou encore des jeux enfantins avec le canidé fuligineux de la smala, Cerbère involontaire de la porte des Enfers. Du travail d’orfèvre est fourni sur la bande-son pour une expérience sensorielle intense composée de sanglots d’enfants, d’un bruit effroyablement chthonien, de coups de feu sur lesquels nul protagoniste ne s’attardera et d’une musique ouvrant le générique qui est glaçante. En outre, l’unique préoccupation de l’épouse est leur éventuel déménagement alors que la petite famille côtoie l’horreur génocidaire perpétuellement invisible, en hors-champ. Avec cette œuvre incommode et déconcertante, on borde la banalité du mal en exhibant que des échos ; nulle image lacrymale n’est montrée.
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Acide – « Quarante-deux degrés dans les rues de la capitale »

Une famille tente de survivre à l’adversité causée par des pluies acides.

Quoi de plus effrayant comme antagoniste qu’une imprévisible et capricieuse précipitation ? La vision du moindre cumulonimbus parvient à nous faire frémir. Il est amusant de constater que les angoisses écologiques et climatiques nourrissent actuellement le cinéma d’horreur. Ce récit familial n’est pas sans rappeler La guerre des mondes de Steven Spielberg. Même Guillaume Canet excelle dans ce métrage, à peine remis de son agaçant Astérix. Néanmoins, la conclusion est assez bâclée et les personnages n’arrivent pas à se départir d’une étiquette d’antipathie.
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Toni, en famille – « Vous vous voyez où dans dix ans, Catherine ? Morte »

Toni passe son temps à régler les bisbilles fraternelles. Elle décide de se réorienter à quarante-deux ans en allant à l’université.

L’abnégation de la matriarche est admirable comme l’amour qu’elle prodigue à sa marmaille revêche. Le métrage fait la part belle aussi aux turpitudes pubères en sublimant ses portraits d’adolescents. Nathan Ambrosioni livre une œuvre d’une invraisemblable maturité pour ses vingt-quatre ans. De plus, les dialogues sont fort cocasses à l’instar de la scène où le fils sort du placard dans une équanimité absolue. Camille Cottin a effectivement fait du chemin depuis ses caméras cachées un brin fauchées Conasse, princesse des cœurs.