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      Critique « Come as you are the miseducation of Cameron Post » de Desiree Avakhen : un sympathique teen drama

      1993. Une jeune femme, Cameron, se retrouve à ses dépens dans un centre visant à remettre dans le « droit chemin » des jeunes gays. On suit alors le parcours d’une fille tiraillée entre son attirance pour les femmes, et sa volonté de lutter contre ses sentiments, ainsi que de l’amitié naissante qui a lieu entre elle et les autres pensionnaires du centre. Un film assez tendre qui parle d’un sujet inédit. 

      Chloé Grace Moretz à bien grandi. Après l’avoir vu enfant en apprenti super-héroïne tranchant des tibias à coup de katana dans Kick-Ass, on la voit désormais dans l’un de ses premiers rôles que l’on pourrait qualifier « d’adulte ». Elle joue pourtant le rôle d’une adolescente, et de tous les problèmes qui vont avec le teen movie. Mais c’est le thème du film qui plonge l’actrice dans un nouvel âge. Le film s’intéresse au sort de jeunes homosexuels envoyés de force en thérapie de conversion où l’on vise à empêcher leurs « pulsions » de s’exercer et de rester hétéro. 

      Dans ce qui pourrait être un drame on obtient plutôt une comédie-dramatique. Les moments d’humour et de bravoure sont nombreux. Entre les jeunes qui cultivent leurs propre marijuana, loin du centre, où encore la scène de karaoké sur du Lotte Kesner, déjà mythique, la vie ne s’arrête pas. Le film ne masque cependant pas une certaine gravité. Entre des personnages qui finissent par plonger dans la dépression, d’autre qui se soumettent aux règles de l’institution dans laquelle ils se trouvent, une ombre recouvre ce film. En essayant d’empêcher des jeunes gens d’être ce qu’ils sont, on leur inflige de la souffrance. 

      Sur le fond Come as you are est sans aucun doute un film nécessaire, qui pourra porter débat, et être un outil pédagogique envers l’homophobie. Ce qui peut expliquer la présence d’actrices comme Sasha Lane et Chloé Grace Moretz, attirées par le côté politique du script, surtout à un moment où le président des États-Unis n’est autre que Donald Trump. Cependant, sur le fond, on peut reprocher au film de ne pas clairement dénoncer les thèses qui sont que l’homosexualité découle de troubles mentaux. En voulant démontrer cette « théorie » en montrant des personnes qui se retrouvent en dépression, Desiree Avakhen n’arrive pas à montrer clairement la fausseté de cette opinion. Pire, le film donne l’impression de ne pas choisir, car manquant de clarté sur ce point de vue. 

      Quand à la forme, celle-ci n’est pas d’une grande réussite. Malgré quelques belles idées de réalisation, et une belle lumière, la mise en scène fait penser à celle d’un téléfilm. A aucun moment la réalisatrice ne parvient à sublimer son propos, étant incapable de sortir d’une réalisation très fonctionnelle. On a donc un film maitrisé mais incapable de sortir des sentiers battus et de se différencier d’un teen-movie classique. 

      Récompensé à Sundance, Come as you are, est le film typique du cinéma américain indépendant. Petit budget, réalisateur.ice méconnu.e., acteurs célèbre, conçu pour faire une razzia sur les oscars, avec des sujets de société important. Come as you are, malgré son sujet est un film mineur, mais qui a le mérite d’être honnête et émouvant. 

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      1 COMMENTAIRE

      1. J’ai beaucoup aimé l’idée de ce film, et j’ai trouvé Chloé Moretz excellente dans ce rôle, malgré tout en sortant de la séance j’avoue être un peu restée sur ma faim … passé les premières 30 minutes, l’histoire n’avance plus vraiment et trop de personnages manquaient pour moi de réelle profondeur …

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