Swing Rendez-Vous, l’amour toujours

Critique du film de Gerome Barry

0
355
Affiche du film

C’est sur fond de jazz et de paysages Franco-Américains que Swing Rendez-Vous nous parle d’amour : de soi, des autres et de la vie. On y suit le parcours de Théodore (narré en anglais par une voix suave) dans sa reconstruction alors qu’il se met en tête de trouver la partition d’une mélodie légendaire qui aurait le pouvoir de rendre quiconque l’entend fou amoureux.

Un thème fard

L’amour, l’amour, l’amour… C’est l’un des sujets les plus universels qui existent, notamment au cinéma. C’est autour de lui que tourne Swing Rendez-Vous, en apportant des réflexions multiples. Sur diverses tons, de l’humoristique carrément absurde au dramatique plus posé, il met en exergue plusieurs situations à travers tous ses personnages : le coup de cœur obsessionnel, le couple sur le point de se marier, l’ancienne relation qui laisse des séquelles, la nouvelle relation hypothétique… Dans une sorte d’existentialisme présenté avec légèreté, tous ces personnages en pleine remise en question sont le reflet de tous les aspects d’un sujet si complexe. Avec en prime des inspirations cinématographiques Franco-Américaines empruntes de romantisme comme les comédies musicales où l’on peut retrouver Gene Kelly ou les films parisiens du milieu 20ème siècle, le sujet principal du film est traité sur plusieurs niveaux et dans la plus grande des réflexions mélangée à un sacré divertissement.

Sincérité viscérale

La plus grande force de Swing Rendez-Vous c’est sans conteste la sincérité qui s’en émane. De par son sujet bien sûr, mais aussi à travers une mise en scène qui semble ne rien s’interdire et s’amuser à son gré. De courtes séquences d’animation pour représenter certaines situations, une voix-off en anglais omniprésente… Et de nombreuses surprises qui font de ce film la petite perle de créativité qu’il est. C’est aussi cette sincérité qui apporte ses quelques maladresses de montage et parfois de cadrage. Maladresses bien présentes mais facilement pardonnables en vue de ce que dégage Swing Rendez-Vous dans sa globalité. Du reste, on peut aussi saluer la performance des acteurs et leur alchimie qui aide à cette dite sincérité et les caméos étonnants et enthousiasmants de personnalités publiques françaises. On doit bien l’admettre : ça fait du bien de voir des films qui ne se brident absolument pas d’un point de vue créatif et de qui émanent une authenticité si forte.

Le rythme dans la peau

Comme l’indique son titre, Swing Rendez-Vous base une grande partie de sa direction artistique sur sa musique et son rythme. A travers son voyage pour trouver la partition miraculeuse qui rendrait quiconque amoureux, Théodore est confronté à tout un paysage musical. Tout au long du film on entend des morceaux de jazz et de swing, la plupart interprétés avec douceur par Tatiana Eva-Marie qui campe le rôle de la chanteuse Maria. On rencontre des personnages musiciens dont toute la vie tourne autour de la musique et qui sont transportés par leur passion. Le rythme du film est aussi une de ses forces, et il était crucial qu’il le soit dans un film si musical. On nous emporte avec aisance dans ce monde souvent considéré comme peu facilement accessible.

Swing Rendez-Vous est une belle surprise de ce début d’année 2023. Authentique, créatif, enthousiasmant, drôle mais aussi surprenant… On ne peut que le recommander. Une belle ode à l’amour et toutes ses facettes.

En salles le 11 janvier.