Le Chat Potté 2 : La Dernière Quête, le retour du matou

Critique du film de Januel P. Mercado et Joel Crawford

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le chat potté 2
Affiche du film

Le personnage du Chat Potté apparaît pour la première fois en 2002 dans Shrek 2 et devient immédiatement culte. Il a droit à son film éponyme, Le Chat Potté premier du nom, en 2011. C’est plus de dix ans après que le félin aventureux revient sur grand écran pour le plaisir de petits et grands dans Le Chat Potté 2 : La Dernière Quête, film dans lequel il va devoir se battre pour retrouver ses 9 vies au cours d’une épopée des plus éblouissantes.

Une transition réussie entre le passé et le présent

Au début du film, on retrouve le chat que l’on connaît tous: présomptueux (voire même prétentieux), casse-cou et adulé par une foule de fans. Mais très vite, alors qu’on lui annonce qu’il a épuisé 8 de ses vies de chat et qu’il ferait mieux de raccrocher l’épée, le personnage rentre en introspection. Un véritable changement qui fait du bien, parce qu’on arrive à trouver un juste milieu optimal entre l’univers que l’on connaissait et ce qu’il devient. C’est même l’un des thèmes du film : l’acceptation. On peut aisément affirmer qu’elle se fait en douceur grâce à une écriture soignée, à la fois drôle et incisive, et surtout via le développement de notre cher matou. En allant plus loin on pourrait même dire que Le Chat Potté 2 : La Dernière Quête parvient presque à atteindre le niveau de pastiche des premiers films Shrek.

Un renouvellement esthétique

L’évolution de l’esthétique des grands studios d’animation fait débat depuis quelques années, entre nostalgie d’un côté et satisfaction globale de l’autre. On sent que chaque studio essaye des nouvelles choses, de trouver sa pâte graphique, et Dreamworks ne fait pas exception à la règle. Dans Le Chat Potté 2 : La Dernière Quête, on a un véritable renouvellement esthétique qui fonctionne bien. La direction artistique est claire, précise, et en plus d’une animation 3D classique, on utilise le cel shading, une technique qui force les traits des contours pour donner un aspect plus « cartoonesque » à ses personnages ou son environnement. Dans les scènes d’action (très prenantes et amusantes par ailleurs) on se permet de jouer avec le rythme, à commencer par celui de l’image, et différentes techniques se mélangent là aussi pour le plaisir des yeux. A tout cela s’ajoute le développement très travaillé des différents endroits dans lesquels nos héros se rendent. L’identité esthétique du film est marquante et inventive, devenant l’une des forces du film.

Un film emprunt de maturité

Le Chat Potté 2 : La Dernière Quête est une montagne russe d’émotions, mais c’est aussi une sorte de gifle de maturité qu’on se prend en plein visage sans s’y attendre vraiment. On y aborde des thèmes comme la peur de la mort, les traumatismes, le développement personnel et l’introspection ; sans oublier le sous-texte sur l’anxiété maladive. Sans aucune lourdeur, sans que le film ne joue au tire-larmes ni ne soit trop effrayant pour un public jeunesse, on assiste au passage à l’âge adulte d’un personnage qui a été créé il y a 20 ans, et avec lequel plusieurs générations d’enfants ont grandi. Cela renforcera inévitablement l’identification d’un spectateur qui a grandi autant avec la saga Shrek qu’avec Le Chat Potté. Un véritable tour de force qui s’étend même aux personnages secondaires (et par conséquent à tout l’univers du film) qui même pour les plus innocents, pour les plus marrants, ont beaucoup de profondeur. La quête de Potté n’est pas une aventure comme toutes celles qu’il a pu vivre, ou celles auxquelles on a pu assister dans tous les médiums possibles, c’est une quête du bonheur, une quête de lui-même.

A la fois un film dans lequel se retrouver pour les adultes et une belle leçon, amusante qui plus est, pour les enfants, Le Chat Potté 2 : La Dernière Quête réussit le pari de faire revenir un personnage phare des studios d’animation Dreamworks au cinéma avec brio. On pleure, on rit, on sourit devant cette suite qui, espérons-le, inspirera le plus grand nombre.

En salles le 7 décembre.