La Fête du court métrage : un format sous-estimé en salle

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Manifestation annuelle, La Fête du court métrage est née de la volonté de mieux faire connaître le court métrage au plus grand nombre.
Manifestation annuelle, La Fête du court métrage est née de la volonté de mieux faire connaître le court métrage au plus grand nombre.
La Fête du court métrage a battu son plein dans tout l’hexagone et dans le monde, mettant ainsi en lumière un format sous-estimé et qui peine à trouver sa place en salle : le court métrage. L’idée étant de faire rencontrer le public avec ce format qui embrasse toutes les formes cinématographiques, de l’animation au film expérimental. C’était aussi l’occasion de rencontrer les artisans du cinéma, au cœur des innovations, loin des stéréotypes techniques et narratifs.
Bien qu’il ait pu être exploité dans les salles par le passé, il est aujourd’hui bien souvent relégué aux festivals et aux plateformes de streaming. Pourtant, la direction des études, des statistiques et de la prospective du CNC révèle que les spectateurs sont plutôt intéressés par les projections et en ressortent souvent satisfaits. Analyse des données de l’année 2021.

Les spectateurs prêts à redécouvrir le format court en salle

Interet La Fête du court métrage : un format sous-estimé en salle

Avant tout, ces données nous dévoilent que la curiosité est un trait prédominant chez la plupart des spectateurs sondés. (63,5% contre 30,3% de désintérêt.) À noter que 6,2% des sondés ne savent pas et pourraient ne pas être familiers avec ce format.

Les projections de courts métrages ne déçoivent pas

Satisfaction La Fête du court métrage : un format sous-estimé en salle

Par la suite, la satisfaction domine très largement chez les spectateurs intéressés. 40,2% d’entre eux sont très satisfaits, 51,7% le sont assez.

Une expérience encore trop rare en salle

Participation La Fête du court métrage : un format sous-estimé en salle

Aussi, la participation au visionnement des courts-métrages en salle est un point essentiel. Elle reste très limitée, les courts-métrages étant programmés durant un événement spécifique (11,3%) ou avant un long-métrage (18,3%). 70,5% des spectateurs sondés n’ont pas participé à une projection au cours de ces douze derniers mois.

Les raisons contrastées de la participation limitée aux projections

Raisons La Fête du court métrage : un format sous-estimé en salle

De fait, les raisons de cette participation limitée les plus souvent évoqués sont la difficulté à trouver des projections en salle (22,3%), la méconnaissance du format et son manque de visibilité (26,3%) et le visionnement sur les plateformes (8,6%). Sinon, 26,6% des sondés ne sont pas intéressés et 16,2% ne savent pas.

Pourtant, le potentiel du court métrage en salle de cinéma est énorme. Il peut offrir une grande variété de genres et de styles, qui ne s’embarrassent pas des contraintes d’un long métrage comme nous l’avons mentionné plus haut. D’ailleurs, la liberté créative et la variété du langage filmique de ce format forment l’un des grands axes de La Fête du court métrage.

Actuellement, ce sont les courts-métrages d'animation qui sont principalement diffusés en salle. Ici, le rendez-vous des cinémas Pathé Gaumont réservé au jeune public.
Actuellement, ce sont les courts-métrages d’animation qui sont principalement diffusés en salle. Ici, le rendez-vous des cinémas Pathé Gaumont réservé au jeune public.

En définitif, la Fête du court métrage est l’occasion de découvrir ou redécouvrir un format qui mérite sa place en salle. Les chiffres de 2021 montrent qu’une majorité de spectateurs sont intéressés, mais il reste toujours des obstacles à franchir pour que les projections de courts métrages en salle se développent. De plus, cela pourrait apporter une plus grande visibilité aux cinéastes émergents et de contribuer à l’enrichissement de l’expérience cinématographique pour les spectateurs.

ArieS © Love, Death Robots
ArieS © Love, Death & Robots

En attendant, les festivals et les plateformes de streaming offrent de belles opportunités de découvrir ce format sous-estimé. C’est le cas notamment de Netflix avec l’anthologie d’animation pour adultes Love Death & Robots ou la série de courts-métrages Oats Studios de Neill Blomkamp. De même, l’agence du court métrage a pour vocation d’élargir et de diversifier la diffusion. Elle propose notamment des formations, des ateliers de réalisation, ainsi que des outils pédagogiques pour aider les enseignants à intégrer le court métrage dans leur programme scolaire.

Toutes ces initiatives contribuent à donner une place de choix au court métrage, en salle comme sur les autres supports de diffusion.