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      Red Clay Chronicles, un Indien dans ses rêves

      Avec Grindhouse Stories, les éditions Glénat lancent une nouvelle collection BD inspirée du cinéma de série B. Red Clay Chronicles en est une pièce maîtresse. Ce puissant récit mystique percute le genre du western.

      Un blanc chez les Comanches

      Après John Tanner, Justfocus continue d’explorer l’Amérique des indiens. En 1854 au Kansas, une bande de voleur tue toute une famille mais un garçon échappe au massacre. Fuyant dans la forêt, il est recueilli par des Comanches. Une fois adulte, Red Clay est si pleinement intégré qu’il combat contre les blancs et sa couleur de peau est même un atout lors des attaques surprises. On pense alors à Impitoyable de Clint Eastwood ou Little Big Man d’Arthur Penn mais avec en plus les visions. En effet, le dessinateur a été story-boarder dans l’animation. Le scénariste dont c’est la première BD a aussi été un scénariste de cinéma après avoir écrit des polars. Alors que la guerre se prépare, un rêve sur sa famille bouscule ses projets et le pousse à quitter la tribu…

      Un monde violent

      Un récit de vengeance

      Cet Indien blanc découvre que celui qui avait tué sa famille dirige la milice d’une très grande plantation de coton. Nacoma oublie alors la préparation de la guerre pour se consacrer exclusivement à la vengeance. Par ce héros mutique, le livre se lit très vite mais la BD joue à fond sur l’ambiance inquiétante et sombre. En effet, à l’image de la psyché de Red Clay, la mise en page est déconstruite et le dessin immersif sur toute la page renforce cette impression de plonger dans l’esprit d’un homme déséquilibré. Le trait vif et comme inachevé de Roland Boschi retranscrit à merveille la course d’un homme pris par des sentiments puissants. Cependant, chaque décision de l’anti-héros de ce récit n’est pas logique mais dictée par des rêves. Il part chercher les coupables et, au cours de cette quête, il sauve un immigrant allemand. Intrigué, ce dernier décide de l’accompagner et se révèle menteur et très violent. Le duo participe à une grandiose attaque de train.

      Un pays en guerre

      Dans Red Clay Chronicles, les États-Unis ne sont pas un pays neuf pour des colons en quête d’un futur meilleur mais un enfer où la violence est constamment présente. A titre individuel, Red Clay, enfant détruit par la civilisation a trouvé un nouveau foyer chez les comanches. Cet enlèvement lui a non seulement sauvé la vie mais lui a inculqué d’autres codes moraux. Plus globalement, le pays est en guerre civile entre indigène et blancs. La tribu comanche attaque les fermes voisines. Il est également fracturé par la division entre blancs dans un contexte de pré-guerre de sécession. Des milices privées veulent empêcher l’abolition de l’esclavage au Kansas. Illustrant ce monde sans pitié, Roland Boschi montre des scènes crues – des tortures dès la première case, des cadavres de colons dans un coin… – mais sans jamais verser dans un gore gratuit. On le comprend lors des nombreux bonus de croquis au page avant colorisation.

      Un dessin expressif

      Sang et stupre coulent de la BD par le talent de Roland Boschi qui plonge le lecteur dans un monde halluciné.  Red Clay Chronicles prouve l’intérêt de Grindhouse Stories. Les créateurs de cette collection sont des fans de pop culture qui regrettent qu’elle ait perdu son mordant en s’institutionnalisant. Par ces BD, ils ont la volonté de retrouver l’esprit subversif de ces films et y réussissent dans ce western acide.

      N’hésitez pas à suivre ce lien si vous souhaitez un autre western sorti récemment.

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