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      Passez du côté de l’enfer des espions français dans les années 50

      L’espionnage français ne se limite pas au comique maldroit d’OSS117.  Du côté de l’enfer , nouvelle série d’espionnage en deux tomes chez Glénat démontre que l’espionnage chez nous peut aussi être très sombre.

      Entre la France et l’AlgérieLes débuts parisiens dans Du côté de l’enfer

      Du côté de l’enfer envoie le lecteur dans Paris des années 1950. La France est alors plongée dans les affres de la guerre d’Algérie. Cette série du scénariste Noël Simsolo, du dessinateur et coloriste Dominique Hé suit les sombres secrets des services spéciaux français. Leurs agents, parfois surnommés les barbouzes, réalisent des meurtres légaux car ils sont commandités par l’État.

      On le découvre à travers Dan, un ancien agent qui s’est rangé en devenant propriétaire d’un bar. Il commence comme résistant avant d’être recruté après 1944 pour tuer des nazis français exilés puis des résistants des peuples colonisés. C’est là qu’il arrête. Dix ans plus tard, son passé vient le frapper avec fracas. En effet, ce premier tome s’ouvre par un braquage minable dans un petit bar à entraîneuses. Les deux attaquants sont mis en fuite par le barman. Cependant, plus que l’argent, ils venaient délivrer un message. Les services spéciaux ont besoin de Dan et il n’a d’autre choix que de revenir. Il est chargé d’exécuter en Belgique un marchand d’armes du mouvement indépendantiste algérien. Mais Dan a changé. Comme dans un film de Clint Eastwood, Du côté de l’enfer suit un homme affaibli devant revenir à son passé. Au fil des missions, Dan s’enfonce et perd les maigres idéaux qu’il avait conservé en partant. Pourtant, Dan est un homme paradoxal qui rêve du grand amour mais couche avec une femme marié… qui est avec son ancien patron dans l’espionnage qui plus est.

      Une ambiance de Tontons flingueursLe passé trouble Du côté de l’enfer

      Du côté de l’enfer se passe certes pendant la guerre d’Algérie mais c’est surtout le contexte de l’après-Seconde Guerre mondiale qui apparaît. Le truand de la première attaque est un déserteur américain devenu tueur pour la pègre, le barman et le propriétaire sont d’anciens résistants.

      La série n’a pas seulement un cadre historique mais le scénariste, adepte des romans noirs de l’époque, cherche à retrouve cette ambiance dans les bd. Noël Simsolo et Dominique Hé l’ont déjà trouvé dans Les Miroirs du Crime. Les dialogues font penser à Audiard et le scénario reprend des classiques de l’époque. La vision des individus est très genrée. Les hommes sont des durs insensibles et les femmes des vamps dangereuses mues par le sexe. Du côté de l’enfer fait visiter des quartiers chauds à Paris et à Gand par la palette de Dominique Hé. Cependant, le dessin est loin d’être le premier atout de la série. L’arrière-plan manque de décors détaillés. On ne voit que les couleurs numériques plates.

      La série reflète également les changements de la perception de la Résistance dans la bd depuis Il était une fois la France. On ne les présente plus comme des héros. Du côté de l’enfer démontre que la morale n’existe pas pour l’État. Tout est bon pour maintenir l’empire et ce machiavélisme traverse les groupes sociaux. Un homme politique, grand bourgeois, ne se salit pas les mains mais n’hésite pas à commanditer des meurtres à travers un baron du crime.

      Du côté de l’enfer Série est une série qui carbure à l’action. Ce premier volume multiplie les rebondissements mais chaque nouvelle action pousse le personnage principal encore plus au fond. Dan est piégé dans les tourments d’une époque bien plus trouble que la Seconde Guerre mondiale. La France est du côté des oppresseurs et refuse que cela se sache. Quitte à tuer pour maintenir le secret.

      Sur Justfocus, vous trouverez la chronique des tomes 2 et 3 Docteur Radar du même scénariste

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