De sombres Avengers arrivent en roman

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dark avengers
Couverture des dark avengers

Vous sortez de Black panther et si vous tentiez les romans édités par 404 éditions ? Dark Avengers, La liste du Patriot propose justement un approche différente de l’univers de Marvel et pourrait même transformer une fausse bonne idée en un bon roman.

De l’action à chaque page

L'équipe faussement héroïque des Dark Avengers
Les dark avengers

Des extraterrestres, les skulls, avaient infiltré le monde en prenant l’identité et le corps des héros et héroïnes. Ils ont été écrasés mais cette attaque a eu des effets : le S.H.I.E.L.D. devient le H.A.M.M.E.R. et le président des États-Unis choisit un ancien vilain, Norman Osborn, comme directeur de ce réseau mondial d’espionnage. Le Bouffon Vert devient l’Iron Patriot puis remplace les Avengers par des super-vilains. Mais Norman le cache au public en leur donnant un costume et un nom de héros : Moonstone en Captain Marvel, Bulleye en Hawkeye, Daken en Wolverine et Venom en Spider-Man.

En comics, cette idée du scénariste Brian Michael Bendis n’allait hélas pas jusqu’au bout tandis que Dark Avengers, La liste du Patriot est un roman d’action bien mené. Les Dark Avengers partent à la poursuite d’un journaliste détenant une liste des remplaçants potentiels des Avengers. Ce vol marque la première étape d’une attaque plus grave qui déstabilise l’équipe en privée et humilie Norman en public. Sa vengeance sera redoutable…

Par le talent de description de David Guymer, le lecteur voit les immeubles s’effondrer et les civils fuir face à la rage des Dark Avengers. Il décrit très justement la méthode de combat si particulière de Venom. On est plongé dans l’action mais aussi dans la folie du personnage. En effet, faire porter le costume de super-héros à des fous furieux n’est pas le plus facile à gérer. Ils sont l’antithèse des héros : Arès remplace Thor. S’ils sont très puissants, ils sont aussi très peu discrets et se heurtent vite à la police. Contrairement à Thor, Arès inspire la peur et laisse le mal agir. Philosophiquement, il estime que le conflit est à la base du progrès de chacun.

Un roman politique ?

Le comics Dark Avengers était conçu avant l’arrivée au pouvoir de Trump tandis La liste du Patriot est écrite pendant. Au départ, Brian Michael Bendis faisait une critique des lois anti-terroristes du Patriot Act mais, le contexte ayant changé, le message est transformé : David Guymer montre l’opposition à l’impérialisme américain et donne une vision pessimiste du contemporain. On salue Bulleye quand il tue dans le dos des manifestants pacifiques.

Un portrait de sales gosses surpuissants

La violence des Dark Avengers
Norman Osborn dirigeant les Dark Avengers

Dans les premières pages de Dark Avengers, chaque chapitre suit un personnage différent. Comme les héros Marvel, chacun a une faiblesse mais ces Dark Avengers sont surtout totalement malades. La plupart des Avengers souffrent d’un manque affectif depuis l’enfance et d’un syndrome de supériorité. Seul Sentry est différent. Ce n’est pas un homme violent mais un héros perdu. Il a dû aspirer en lui un démon, Void.

David Guymer fait un portrait juste et complexe de Norman Osborn. Devenir Iron Patriot est l’occasion de tourner le dos au Bouffon Vert. Il a un ego démesuré car, pour lui, le héros est supérieur aux autres. Officiellement dans le camp du bien, il veut faire mieux que ses prédécesseurs Fury puis Stark. Pourtant, il s’enrichit sur le dos de l’État. Malgré tous ces défauts, le lecteur pénètre si facilement dans l’intimité des personnage et s’attache si fortement à eux que cela en devient inquiétant.

L’auteur de Dark Avengers semble bien connaître le monde de Marvel. On peut le voir par les nombreuses allusions pour le fan de comics et le contexte expliqué dès le début. Cependant, tout cela n’est pas indispensable pour prendre plaisir à la lecture du roman. Les personnages sont très proches des comics mais on distingue des différence. L’auteur renforce la noirceur du concept des comics.

Les Dark Avengers, La liste du Patriot, Marvel est conçu comme un film avec une scène pré-générique avant la page de garde. Cependant il se révèle ensuite un roman tendu où l’action ne cesse jamais. Le lecteur voyage à travers le monde pour suivre ces Avengers dérangés et rentre dans leur personnalité complexe. Par cette brillante réussite, David Guymer démontre que l’univers de Marvel s’adapte très bien sans image. Découvrez sur JustFocus, La tête de Mimir un autre roman de l’univers Marvel ainsi qu’un article sur George Martin.