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      Un récit fantastique, le rêve d’un Homme Ridicule de Dostoïevski

      Une scène, un banc et rien de plus. Le Théâtre de Belleville retient son souffle pour l’entrée du comédien qui jouera pendant environ une heure, le rôle de l’Homme Ridicule de Dostoïevski. Il passe la tête par la porte d’entrée de service et le voilà face à nous.

      «Je suis un homme ridicule. Maintenant, ils disent que je suis fou. Ce serait une promotion s’ils ne me trouvaient pas toujours aussi ridicule. Mais maintenant je ne me fâche plus, maintenant je les aime tous, et même quand ils se moquent de moi – c’est surtout là, peut-être, que je les aime le plus. »

      Cela fait déjà quelques temps qu’il a décidé de se suicider et a acheté un revolver. Un soir, il marche dans la rue : ce sera pour aujourd’hui ! Une petite fille, la robe trempée et les souliers troués, lui tire la manche de son manteau. Elle l’appelle au secours pour sa mère mourante. Il ne se laisse pas entraîner, la repousse même et finit par rentrer chez lui. Il maintient sa décision de se tuer, mais, à cause ou grâce à la petite fille, il ne le fera pas. Il se pose la question de savoir pourquoi il n’arrive pas à oublier cette petite fille et son appel. Pire, cette histoire ne lui est pas égale et il a pitié d’elle… Il se dit que tant qu’il n’est pas indifférent au monde qui l’entoure, insensible, il ne peut pas se tuer. A la place,  il s’endort dans son fauteuil, le revolver face à lui et fait un rêve très particulier. A son réveil, il se voit transformé par une révélation qu’il aura eue pendant le rêve et se sent investi d’une mission : prêcher la renaissance et la vie par-delà l’ironie du destin des hommes

      L’homme ridicule finit par susciter en nous une surprenante tendresse malgré un jeu d’acteur parfois hésitant, une étonnante empathie lorsqu’il en appelle à un amour réciproque entre tous les hommes. Sa naïveté est touchante presque enfantine, l’énergie des sentiments exprimés surprend, sa métamorphose étonnante et laisse à penser sur le changement de perceptions du monde et de soi.

      Paru en 1876, Le rêve d’un homme ridicule est l’un des derniers contes de Dostoïevski. Il exprime la quintessence de la culpabilité, des contradictions de la responsabilité individuelle et de l’envie de vivre. Fiodor Dostoïevski, aujourd’hui considéré comme un grand maître de la littérature, a bâti son œuvre en écrivant des feuilletons populaires pour des journaux et des revues. À son époque, l’auteur était aussi bien lu par des paysans que par des bourgeois et des aristocrates de la société russe. Aujourd’hui, il intéresse tous les horizons et tout âge confondu.

      Une collecte a été initiée via KissKiss Bang Bang pour faciliter la mise en œuvre et la réalisation scénique du texte de Dostoïevski et aura pour principal objectif de le rendre accessible au plus grand nombre. Des représentations sont déjà prévues jusqu’en 2016 en Ile de France avec la compagnie du Pas Sage.

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