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      Après toi, le chaos : thriller espagnol à découvrir et surtout, à ne pas rater

      Cette série originale de Netflix est basée sur le roman El desorden que dejas, dont l’auteur est Carlos Montero lui-même. Il s’agit d’un thriller psychologique qui se déroule à Novariz, une petite ville fictive de Galice.

      L’histoire

      Raquel aménage avec son mari en Galice pour remplacer une professeure de littérature. Le premier jour des cours, elle apprend que la dernière professeure de littérature, Viruca, s’est suicidée. Elle trouve une note dans son sac qui dit « Et toi, combien de temps te faudra-t-il pour mourir? » Elle doit affronter des élèves qui ne lui pardonnent pas son « intrusion » dans le lycée, et essayer d’assumer les traces que Viruca a laissées.

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      Fiche technique

      Titre original : El desorden que dejas
      Genre : Thriller dramatique
      Création : Carlos Montero
      Production : Vaca Films
      Musique : Ricardo Curto, Lucio Godoy
      Pays d’origine : Espagne
      Chaîne d’origine : Netflix
      Nb. de saisons : 1
      Nb. d’épisodes : 8
      Durée   35-56 minutes
      Diff. Originale : 11 décembre 2020

      Distribution : Inma Cuesta, Bárbara Lennie, Tamar Novas, Arón Piper, Roberto Enríquez.

      Impressions

      Ce n’est pas sans une certaine surprise que nous regarderons cette petite série espagnole. Il faut se rendre à l’évidence, ces derniers temps les séries laissent à désirer. « Elite », « La casa de papel », ont tellement dégringolé que les yeux de la plupart d’entre nous, se sont tournés vers d’autres horizons à la recherche de ces bijoux comparables à « Breaking bad » ou « Game of thrones » (craignant quand même une fin aussi désastreuse que celle de cette dernière).

      Mais, sans les fesses de Regé-Jean Page, aurons nous envie de découvrir la deuxième saison de « La chronique de Bridgerton ? » C’est le seul hic de la performance d’un acteur ou d’une actrice trop charismatiques. Dès qu’ils quittent un film ou une série, cela a tendance à s’affaisser comme une tente à laquelle on aurait enlevé le support principal.

      Sans cette cousine éloignée de Chucky qui nous chantait 1,2, 3 soleils à la coréenne, est-ce que les prochaines séries du Pays du matin calme auront autant de succès ? Sachant surtout que cette volonté d’intensifier à tout prix le succès précédent, peut justement provoquer l’effet contraire et ne donner qu’un amalgame d’éléments sans âme.

      Côté danois, les choses semblent aussi figées que le paysage glacial. Après ce génial « Le Pont », les séries danoises semblent avoir atteint un point ultime impossible à dépasser. Ce n’est pas mauvais. C’est même assez bon mais, linéaire et sans aucune notion de risque. Genre, on va se permettre une petite folie…

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      Et puis de temps en temps, oh miracle, on tombe sur des mini-séries qui ne font peut-être pas trop de vagues, mais qui nous appellent à les regarder d’affilé, dégustant chaque seconde de l’intrigue.

      Deux femmes. Une marche sur les traces de l’autre. Quoi qu’elle fasse, elle se retrouve inévitablement dans l’espace étriqué que l’autre a pu lui laisser. Un petit village où tout le monde se connaît. Le froid. Il fait froid en Galice. Ce tutoiement qui permet aux élèves espagnols de traiter leur professeur d’égal à égal. La paranoïa. Des yeux qui regardent partout, aux aguets. Des histoires cachées, des pistes maladroites. Des personnages ambigus qui laissent entrevoir toutes sortes de possibilités, les unes plus tordues que les autres. Et puis, ces acteurs qui savent parfaitement s’insérer, se fondre dans cette ambiance impassible et terne qui donne l’humidité de la mer. Carlos Montero se débarrasse des aspects excessifs et superflus d’Elite pour tracer sans filtre une ligne droite vers l’essentiel.

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      Inma Cuesta, vue dans «Julieta », d’Almodovar ou dans « Everybody Knows » (Todos lo saben, litt. « Tout le monde le sait ») du réalisateur iranien Asghar Farhadi. Bárbara Lennie, vue aussi dans « Everybody Knows » et « El Reino », entre autres. Et puis Arón Piper, connu surtout par son rôle d’Ander dans « Elite ». Brutal, entier, sans complexes, ce jeune acteur de 25 ans pourrait se mesurer aux jeunes années de Vincent Cassel.

      Si dans la série espagnole « El embarcadero » la personnalité des deux femmes finit par nous gaver (depuis la première seconde d’ailleurs), ici, le tour de rôle de chacune allège l’intensité et nous évite une overdose d’œstrogènes. Leur façon d’être si différente l’une de l’autre, nous permet de nous reposer quand cela pourrait devenir trop lourd. Le manque d’assurance de Raquel et son épuisante mais non pas moins légitime chasse aux sorcières, contraste avec l’arrogance et la véhémence de Viruca. Si à tout ça on ajoute le caractère presque schizophrène de Iago, l’intrigue évolue dans un équilibre homogène mais pas du tout ennuyeux.

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      La seule chose qui risquerait de gêner les amateurs des détails, c’est l’accent. Ou plutôt le manque d’accent. Ou plutôt, les efforts pour s’attribuer un accent. Il apparaît, il disparaît, comme si les acteurs se rappelaient de temps en temps qu’il faut parler avec un accent. Mais bon, cela ne dérangera pas du tout le spectateur français, seulement les hispanophones (500 millions de personnes).

      Nous saluons la décision de Carlos Montero de ne pas prévoir une suite. De ne pas vouloir s’accrocher à tout prix au succès d’une première saison pour en faire une deuxième qui ne lui arriverait en rien à la cheville. Et nous compatissons avec Hwang Dong-hyeok, à qui on pousse à créer un calmar aussi puissant que le premier.

      Episodes

      Dans la gueule du loup (En la boca del lobo)
      Ils savent (Lo saben)
      Compte jusqu’à trois (Cuenta hasta tres)
      Chute en piqué (Caída en picado)
      Le Lieu secret (El lugar secreto)
      Ta face cachée (Lo que no quiso ver en ti)
      La Troisième Victime (La tercera víctima)
      Le désordre que tu laisses (El desorden que dejas)

      Tournage

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      La ville de Novariz est fictive, un lieu inventé par Carlos Montero dans lequel il mélange les villes de Celanova, Allariz, Bande et Ribadavia. A travers ce thriller, la production a voulu montrer les paysages de la Galice, de La Corogne et Ourense, aux 190 pays qui utilisent Netflix.

      Mais le lycée n’est pas fictif. Le lycée de Novariz est en fait le lycée Celso Emilio Ferreiro de Celanova et est le même centre éducatif où Carlos Montero lui-même a étudié. L’institut fait partie du monastère de San Salvador et depuis sa désaffectation, au XIXe siècle, il s’est consacré à l’éducation publique. Son architecture baroque, ses classes en pierre, son impressionnante bibliothèque ou ses cloîtres, sont quelques-uns des éléments qui en font l’un des instituts le plus unique de Galice.

      La série a été tournée pendant l’année scolaire, il n’était donc pas possible d’utiliser les classes de l’institut lui-même. L’équipe de tournage a créé sa propre classe dans l’une des salles de classe vides du bâtiment annexe du cloître. (source)

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