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      The Prodigy sortent « The Day Is My Enemy », leur sixième album.

      Clubbers du bout de la nuit, ils reviennent. Avec « The Day Is My Enemy », The Prodigy sortent l’artillerie lourde qui balance toujours aussi grassement depuis leur premier EP « Experience » il y a … 23 ans. Sans eux, la musique festive serait différente, plus commerciale, plus policée qu’elle ne l’est maintenant : heureusement qu’ils sont là pour injecter un peu de vert punk et de transgression à rebrousse poil, que David Guetta et d’autres programmateurs de musique automatique renâclent. 

      Entre les Britanniques et la fête, on connait la chanson : au niveau du rock, dans les années 60, à la musique un brin sophistiquée et spirituelle du rock’n roll balbutiant des USA, les Anglais répondent par l’euphorie des guitares rythmiques basiques et sans fioritures, ça s’appelait la British Invasion, et le monde entier dandinait de la tête au son des premiers « Boys bands ». Puis dans les années 80, au son froid et clinique des pionniers électro Kraftwerk et au hip hop éléctro un peu trop socialement connoté de Grand Master Flash, les britanniques répondaient en mixant tout ça dans un shaker kiwi fluo nappé de framboise. Underworld, The Chemical Brothers et The Prodigy arrivaient pour décomplexer votre derrière sur cette fabuleuse musique qui s’intronisait désormais partout où on fait la fête : la techno.

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      The Prodigy sortent « The Day Is My Enemy »

      Au départ, The Prodigy se fait rapidement respecter d’une certaine scène de la dance underground UK des années 90. Le retentissant « Experience » pond ce fameux single « Out of space » où la voix du reggaeman Max Romeo est samplée dans ce tube dance extatique, tandis que « Music for the Jilted Generation » met la barre plus haut pour sauter davantage sur « Voodoo People« , « Poison » ou « No Good« . 3 classiques absolus qui résument complètement l’esprit Prodigy : un refrain edulcoré et répétitif pour l’addiction, une rythmique binaire basique à tendance Drum’n bass pour la défoule, des loops mélodiques qu’on sature volontiers dans les aigus, pour que ça passe sur Fun Radio. Keith Flint, le chanteur charismatique, personnifie le groupe, mais les commandes sont toujours entre les mains de Liam Howlett, le producteur historique. La consécration mondiale et durable, ça sera avec « Fat Of The Land« , en 1997. Keith, déboule sur le plateau de « Top of the Pops » avec le titre « Firestarter » et cette crête verte qu’on croyait plus revoir depuis la fin des Sex Pistols. C’est l’Angleterre puritaine qui se retrouve à nouveau shocked. Choqué, on peut éventuellement l’être à la vue du clip de « Smack My Bitch Up » (un titre déjà pas très gentleman) tournée eu vue subjective, qui montre une descente nocturne qui tourne violemment à la débauche narco-sexuelle la plus totale. Le ton transgressif, en même temps que les guitares trash qu’on entend beaucoup plus, va réveiller le punk qu’il y a en nous, et ça va aider le groupe à brasser plus large, pour être aujourd’hui à 20 millions de ventes. Les albums des années 2000 valent aussi le détour, »Always Outnumbered, Never Outgunned » et « Invaders must die » contiennent aussi de la dynamite à la puissance de frappe jamais démentie.

      Pour la cuvée 2015, on reste sur les fondamentaux : les ingrédients sont les mêmes. Pas de surprise, mais on ne leur demande pas moins de continuer à nous catapulter dans les sphères acidulées des raves parties (sur scène, ils sont impressionnants). C’est chose faite, comme dans ce « Destroy« , déjà un classique, ce genre de titre qui rassure dans ses capacités défoulatoires de tous les instants. « Wild Frontier » ? Un petit anathème drum’n bass redoutablement efficace. « Medicine » ? Le refrain à la « No Good » qui va bien et les bons breaks toute en chaloupe. Les connaisseurs avertis noteront par ailleurs une évolution légèrement plus indus dans la musique : on croirait entendre parfois du Ministry à l’écoute du morceau single « The Day Is My Enemy« . « Invisible Sun » finit l’album sur une tendance aérienne au poil, pour que la décuvée se fasse en douceur, pour que l’hystérie salvatrice n’atteigne pas l’oppression non plus. Bref, on peut danser sur nos deux pieds, la techno anglaise se porte bien, merci pour elle. Vous le verrez sans doute lors de leur passage au Zénith de Paris le 15 avril prochain.

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