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      Beirut sort le single « No no no » en vue de son nouvel album

      4 ans après « The Rip Tide« , l’homme orchestre américain Zach Condon revient, pour le plus grand plaisir des encenseurs européens, alors qu’il est inconnu outre-atlantique. C’est une musique bourrée de références de folk européen qui domine les albums, avec des chansons artisanaux « fait maison » qui ont un charme inimitable, jouant lui même de l’accordéon, de la trompette, de l’orgue et de la mandoline (liste non exhaustive). Rétrospective et écoute.

      Zach Codon (Beirut)
      Zach Codon (Beirut)

      « J’ai envie qu’on me foute la paix quand je compose » confie-t-il dans une interview, à l’occasion de son dernier album en date, « The Rip Tide » (2011). C’est pour cela qu’il a choisi de quitter le label qui l’a signé, 4AD, pour avoir une totale liberté aussi bien sur le contenu que le délai. Il faut donc être patient, puisque 4 ans avaient été nécessaires avant de sortir le successeur du révélateur « The Flying Club Cup« . On pouvait alors parler en effet d’une vraie mine d’or. On entend Zach parler d’un certain intérêt pour la musique et à la chanson française du XX ème siècle (il avoue apprécier Serge Gainsboug, Jacques Brel et Yves Montand). Bon, on entend pas trop directement ces influences dans ses morceaux, mais plutôt des bouts de fanfares du Nord par ci, de la musique balkanique par là, le tout dans une ambiance générale de théâtre musical un peu baroque, un peu exotique, les moments de grâce en plus. Un exemple? Son « tube » « Nantes » (il adore le nom des villes, Beirut) avec une ritournelle qui là évoque un peu pour le coup les vieilles mélodies classiques (Piaf, Trenet), elles lui donnent l’opportunité de déployer sa virtuosité vocale. Avec les arrangements de cuivre assez imposants, la voix est le critère différenciateur de cet artiste assez hors du temps, qui construit une identité sonore rare, tant par la qualité que par le caractère, en ce début de siècle. On revient volontiers à l’écoute de cet album des années après, parce qu’on est surpris par les arrangements fourmillant de détails (ce banjo dans le grandiose « St Apollonia« …).

      « The Rip Tide« , le suivant, s’est fait attendre. Une attente certes pénible pour les admirateurs de « The Flying » mais pas autant que l’insupportable pression que l’artiste a ressenti lors de la composition : sous les feux des projecteurs, il est tétanisé à l’idée de décevoir, au point qu’il lui a fallu se reclure des mois durant dans une petite cabane de l’état de New York pour s’isoler du tumulte médiatique. Pour faire patienter, il sort l’EP « March Of The Zapotec« , une suite de chansons ayant été composées lors de ses débuts, conscient que sa carrière allait dépendre d’une nouvelle galette dans des années pas trop lointaines, pour éviter de tomber dans l’oubli. Effort récompensé : « The Rip Tide » est plus plane que son prédécesseur, mais pour une quiétude et une maturité qui, combinés avec le talent de composition de Zach, placent l’album dans un registre tout aussi bon (« Santa Fe » et son leitmotiv un peu rockabilly et aguicheur, « East Harlem » qui rappelle encore une comédie musicale, une ballade joviale ponctuée par des cuivres moins saillants qu’auparavant, s’adaptant au calme de l’album).

      Pour ce qui est des 2 titres annonçant l’album « No No No » qui sort ces jours-ci, ils annoncent une continuité dans le talent du chanteur, même si on espère avoir les pépites coutumières du chanteur, parce qu’on ne les entend pas facilement à l’écoute des singles « No No No » et de « Gibraltar« . L’intention de Zach pour cet album était de sublimer des moments récents qui lui ont été extrêmement difficiles (vacillement de son mental et divorce très malheureux) : on peut croire alors que sa capacité élévatrice qu’on affectionne particulièrement va être au rendez-vous.

      Beirut sera en concert le 22 septembre prochain au Zénith de Paris.

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