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      Partez à la recherche du pactole dans Golden Guy

      L’éditeur Mangetsu a mis en avant des séries très diverses mais il ne s’était pas encore attaqué au polar. C’est chose faite avec Golden Guy, la nouvelle série de Jun Watanabe.

      L’or des yakuzasL'action dans Golden Guy

      Mangetsu soigne sa nouvelle série. La couverture noire et rouge met en valeur le titre rehaussé d’une impression dorée. Puis, les principaux personnages sont présentés. Le cadre est posé dès la première scène : un jeune homme aux cheveux blonds se fait tabasser par trois petits truands. Cependant, ils se figent quand arrive un homme tout aussi jeune mais portant un costume. Il s’agit du personnage principal de Golden Guy. Gai Sakurai dirige le modeste clan Osaragi à Yokohama au sein de la famille Kikaku. Il règle très rapidement le différend pour revenir à son petit commerce illégal. Tout suit tranquillement son cours mais la mort d’un yakuza vient bouleverser l’équilibre mafieux.

      Les indices conduisent Sakurai à suspecter un groupe de la même famille. En effet, le clan Akane veut récupérer le trésor caché des Tokugawa qui serait détenu par les Osaragi. Ce trésor a permis au clan d’obtenir le soutien de la population de son quartier fait rare dans la mafia japonaise et de favoriser l’essor de toute une partie de la ville. Mais le chef des Akane suspecte qu’il reste encore de l’or. Les Osaragi sont censés être en possession d’un trésor mais ils ont un rôle mineur dans l’organigramme et donc reçoivent très peu d’argent. Cette découverte est loin d’être une invention car des dizaines ont été sortis de terre dans les années 1980 pendant la forte croissance urbaine de Tokyo. Chaque boss est tendu tout en voulant éviter un bain de sang. L’hypocrisie règne dans Golden Guy car aucun n’avoue être responsable des meurtres et nie vouloir se lancer dans une guerre des gangs. Cependant, pourront-ils contrôler leurs lieutenant avides de vengeance ?

      Un polar en mangaLe héros de Golden Guy

      Le cinéphile voit tout de suite les références de Golden Guy. Ces tenues impeccables, ces zooms sur le pistolet au bout du bras ou les cadrages du bas du sol font penser aux polars hong-kongais. Des scènes de dialogues entre mafieux se déroulent dans un bar ou un sauna. Quand des billets sont projetés en l’air, le dessin donne l’impression d’un ralenti artistique. On retrouve aussi une rencontre entre les deux leaders lors d’une réunion au sommet de tous les chefs de clans de la même famille. Le final de ce tome est aussi impressionnant et chorégraphié qu’un film. On cherche même les noms de Chow Yun-Fat ou John Woo sur la couverture de Golden Guy pour en être sûr. Il y a aussi ce mélange entre l’action et l’humour potache. Les lieutenants du clan Osaragi sont des bouffons.

      Le polar est d’ailleurs devenu la spécialité de Jun Watanabe. Le scénariste et dessinateur s’est fait connaître en France par le seinen Montage autour d’un fait divers : le vol de 300 millions de yens. Il avait fait un pas de côté dans l’horreur par Malédiction finale et revient au crime par Golden Guy. On voit par les dessins que Jun Watanabe maîtrise les codes du genre. Le sang gicle et la découverte d’un cadavre est glaçante. Les onomatopées et la mise en page très dynamique lors des combats font exploser les rétines des lecteurs. Le niveau de violence monte au fil des pages. Cependant, le scénario cherche à rester plausible. Les armes étant compliquées à trouver au Japon, les conflits se résolvent au départ à l’arme blanche.

      Telle une balle sortant d’un canon de pistolet, le premier tome de Golden Guy est un excellent lancement de série. Les premiers chapitres présentent les personnages, le milieu des yakuzas et les enjeux à venir. Une fois, le cadre posé, Jun Watanabe fait monter progressivement la tension jusqu’à offrir dans les dernières pages deux retournements de situation.

      Si ce trésor vous intéresse, vous pouvez retrouver des manga se déroulant à l’époque des Tokugawa : Butterfly Beast et Keiji.

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