Pixar : Top 14 de leurs meilleures thématiques pour adultes

Pixar : Top 14 de leurs meilleures thématiques pour adultes

Dès 1995 avec la sortie de leur premier long-métrage d’animation (Toy Story), les studios Pixar n’ont cessé de surprendre le grand public comme les cinéphiles. Cela est bien évidemment dû à des films de très grande qualité (pour la plupart), mais aussi et surtout à des thématiques en sous-textes que l’on retrouve au sein de ces œuvres. Aujourd’hui, nous vous proposons un tour d’horizon de quelques unes des productions Pixar, au travers des thèmes incroyablement matures que celles-ci ont pu nous proposer. Focus ! 

Toy Story – John Lasseter (1995) : pouvoir et surconsommation 

Toy Story est le premier long-métrage créé par un ordinateur en animation 3D. Il fait suite à quelques courts métrages réalisés par John Lasseter dont Tin Toy en 1988 qui traitait déjà du thème des jouets animés. Réalisé sept ans plus tard, Toy Story reprend la même thématique. À l’abri des regards humains, les jouets s’animent et se comportent comme nous. Dans la chambre d’un petit garçon, le cow-boy Woody, leader des jouets, va se voir remplacé comme un malpropre par Buzz l’Éclair, la nouvelle attraction en vogue. De sa jalousie va naître un comportement immoral : Woody va provoquer la chute de Buzz l’Éclair hors de la chambre, leur unique lieu de vie. Cette inimitié va se transformer en « happy ending » avec le rétablissement d’un équilibre et le partage du leadership entre Buzz et Woody. Le long-métrage, destiné majoritairement à un public « enfantin », ouvrira la voie à beaucoup d’autres Pixar en y insérant plusieurs grilles de lecture lui permettant d’atteindre également les adultes. Ainsi, le film englobe deux thèmes principaux : la société de consommation et les velléités de pouvoir.

La surconsommation s’exprime par le remplacement aisé d’un jouet par un autre : Woody par Buzz l’Eclair. Ces deux objets ne sont que des divertissements temporaires. L’effet de mode autour de ces icônes passagères est parfaitement induit par la publicité. Buzz, la nouvelle tête de gondole, est partout : à la télévision, dans les rayons des supermarchés, en poster dans la chambre d’Andy… La surconsommation et le marketing de masse finissent par toucher la réalité de Buzz qui se croyait unique. Il réalise finalement qu’il est « made in Taïwan » parmi tant d’autres et que ses ailes ne sont pas réelles, simplement un packaging bien pensé.

Woody endosse le rôle de l’esprit cartésien qui comprend immédiatement les enjeux de la réalité : il est un jouet remplaçable. Cela crée immédiatement un sentiment de peur d’être abandonné. Contrairement à Buzz, utopiste éternel, Woody incarne des sentiments très humains auxquels nous pouvons facilement nous identifier, notamment la jalousie et les graves actes que celle-ci peut entraîner. Le sens moral se perd dans cette quête du pouvoir et il en vient à des stratagèmes perfides voire violents pour éjecter Buzz de son territoire. La double-réalité évidente entre les deux personnages principaux : celle de l’imaginaire et le pragmatisme de la société de consommation, peut se rapprocher de la dualité Pixar/Disney. Pixar crée de l’imaginaire ; Disney distribue et gère la communication. Un binôme aux deux réalités très différentes : création et innovation contre pragmatisme financier. Avec des sous-textes aussi poussés, Toy Story a posé les jalons de sa propre saga, mais également pour la plupart des productions qui suivront !

Auteur : Barnabé

Toy Story 2 – John Lasseter (1999) : l’abandon

En 1999, John Lasseter remet ça avec l’approfondissement des thématiques précédentes, tout en en rajoutant de nouvelles. Toy Story 2 recèle des thématiques qui ont rendu bien triste la moitié des enfants, tout en laissant l’autre moitié indifférente. La raison de cette émotion tient dans certaines scènes profondes, difficiles à apprécier à leur juste valeur pour un jeune public. Le thème central de l’histoire est celui de l’abandon et de l’oubli. Il fut certes abordé dès le premier film, mais ici, ce sujet ne touche plus seulement Woody. D’autres personnages sont en proie à cette peur, du fait d’un problème global : les enfants grandissent, changent, et délaissent leurs jouets, qui de par leur nature d’êtres vivants, deviennent des victimes impuissantes.

Le premier exemple est un pingouin, Siffly, qui se retrouve incapable de siffler. Or, c’est ce qui le rendait intéressant en tant que jouet. Et que fait-on d’un objet ayant perdu son intérêt ? On le jette. On s’en débarrasse. Étrangement, on peut penser à un ouvrier qui perd sa main dans un accident et devient incapable de travailler. Siffly, être pitoyable, donne l’impression d’être en fin de vie, malade. C’est cette inutilité qui le tue. De plus, il est instantanément comparé à Woody, qui lui possède un avantage qui n’est pas livré avec la boîte : Andy l’aime. C’est d’ailleurs pour cela que même s’il n’est pas emporté au camp de vacances car cassé au dernier moment (lui faisant perdre sa raison d’être), il n’est pas vendu au vide grenier par la mère.

Le personnage le plus touché par cette problématique est celui de Jessy. Celle-ci est en parfait état mais a pourtant été abandonnée. Pour une raison simple : en grandissant, sa propriétaire considérait qu’elles n’avaient plus rien à faire ensemble. Sa chanson explique quelque chose d’absolument horrible : une rupture sans possibilité de retour d’une amitié passionnelle avec son ancienne propriétaire. On peut en effet parler de rupture, tant la séparation est violente. Si vous avez vécu une séparation amoureuse, vous comprendrez parfaitement le chagrin de cette cow-girl. Mais on peut se poser une question : l’enfant ordinaire est-il capable d’apprécier cette chanson poignante à sa juste valeur ? La réponse est probablement non. Et c’est pour cela que Toy Story 2 mérite d’être revu en prenant de l’âge : ses thématiques (principales ou secondaires) sont loin d’être enfantines.

Auteur : Jean Johnson

Monstre & Cie – Pete Docter, David Silverman et Lee Unkrich (2001) : L’inversion de l’effroi

Sorti en 2001, Monstres & Cie nous propulse à Monstropolis, une ville habitée par des monstres et organisée comme les nôtres, à l’exception que leur énergie est créée par les cris d’enfants. L’entreprise « Monstre & Cie » a ainsi développé 230 équipes composées chacune d’une terreur d’élite et de son attaché de stress, afin d’effrayer les enfants de 253 pays différents. Nous y suivons les aventures de Jacques Sullivan (ou Sulli) et Robert Razowski (aka Bob), qui croisent la route de Bouh, une enfant du monde réel. Or, les éléments du monde réel sont considérés comme toxiques. S’ensuit donc une course afin de cacher l’enfant auquel Sulli s’attache peu à peu. Le plus intéressant dans ce film d’animation est la façon dont Pixar apaise les peurs et rend obsolète le mythe du monstre dans le placard.

Le film commence par la scène d’un monstre qui se faufile dans une chambre. On se met alors naturellement du côté de l’enfant assoupi au lit. On ne voit pas le monstre, uniquement des yeux effrayants et une silhouette horrifique. Puis il se dresse devant l’enfant qui pousse un cri. Le monstre fait alors de même, effrayé par le cri du petit garçon. Cette première scène nous immerge parfaitement dans le film ! L’intérêt pour cet enfant (qui est au final un robot) disparaît et nous nous attachons à ce monstre qui n’a que la silhouette d’effrayante mais qui est au final ridicule.Ensuite, on nous présente cette société organisée comme la nôtre : les monstres travaillent, les enfants monstres vont à l’école… On s’habitue donc totalement à ces « monstres » qui finalement ne sont effrayants que dans notre monde. Dans cet univers, ce qui devient effrayant voire monstrueux pour ses habitants, c’est nous, les êtres humains.

S’opère alors une très intéressante inversion des valeurs. Dans cet univers, les éléments du monde des humains sont censés être toxiques et sont craints, au même titre que nous craignons ce que nous ne connaissons pas. Mais au fil de l’histoire, chacun se rend compte que ces craintes sont infondées. Le film se termine sur cette idée quand ils découvrent que le rire est une source d’énergie plus puissante que la peur. Ils achèvent donc le mythe du monstre effrayant pour le remplacer par celui du monstre sympathique. On pourrait ainsi y voir une ode à la tolérance, personnifiée par ces monstres si attachants. Après tout, l’homme a toujours craint ce qu’il ne pouvait comprendre. Mais en grattant un peu la surface de ce qu’il ne connait pas, il peut s’enrichir et apprendre de ces différences…  

Auteur : Sami

Les Indestructibles – Brad Bird (2004) : Mise en abîme super-héroïque et adultère 

Sorti en 2004 (soit il y a presque 15 ans, bonjour le coup de vieux), Les Indestructibles reste encore à ce jour l’un des films de super-héros les plus cool et les plus abouti jamais sortis. Outre le fait d’être une mise en abyme de divers univers super-héroïques, le film d’animation (récompensé aux Oscars) n’a pas ménagé les enfants ni les adultes, avec des thèmes comme la famille ou encore… L’adultère ! Oui oui, l’adultère est bel et bien une des thématiques principales de ce film, venant s’ajouter au magnifique patchwork qui nous est dépeint

Commençons par l’adultère, car celui-ci occupe une place de choix parmi les sous-textes de l’œuvre. Dans le but de revivre sa gloire passée, Robert Parr cache ses activités à sa femme Helen. Or, parmi ses activités, Bob en vient à fréquenter une femme aussi sensuelle que mystérieuse : Mirage ! Bien que cela ne soit jamais explicité dans le film, un jeu de séduction s’installe entre les deux personnages. Bien sûr, Mirage joue de ses charmes afin de mieux manipuler Monsieur Indestructible. Mais cette façon qu’ont les deux personnages de flirter est assez flagrante, bien que Bob n’ait jamais envisagé un seul instant que Mirage puisse être une aventure. Outre ce jeu de séduction auquel nous assistons, nous suivons Helen et ses inquiétudes face aux absences de son mari. Mensonges, dissimulation, absences régulières… Tout est mis en œuvre pour que les inquiétudes de Madame Indestructibles paraissent justifiées. Il est même effarant de constater à quel point la situation de cette femme est réaliste. Nul doute que de nombreux couples ayant connu l’adultère se sont identifiés à cette situation des plus gênantes. Cerise sur le gâteau : le spectateur assiste avec cet arc narratif à une ironie dramatique. En clair : il sait déjà ce que les personnages n’ont pas encore découvert et il les regarde s’embourber dans leurs quiproquos en tous genres. Une petite merveille d’écriture pas vraiment enfantine ! 

Mais n’oublions pas que Les Indestructibles est avant tout un film de super-héros ! Laissons donc de côté les considérations familiales pour nous intéresser à la mise en abyme effectuée. Bien que le film soit une représentation très claire des 4 Fantastiques, Les Indestructibles est une mine de références à de nombreux super-héros, ainsi qu’à de nombreux courants super-héroïques. Si l’on retrouve des références subtiles à l’époque de parution des premiers comics dans lesquels régnait une certaine insouciance, nous sommes également propulsés dans un univers plus réaliste où les super-héros sont mis face aux responsabilités de leurs actes et de leurs pouvoirs (« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités… » ; ça nous dit quelque chose cette phrase !). En outre, la légitimité des super-héros à agir est mise à mal, faisant ainsi écho au cultissime Watchmen d’Alan Moore. On notera d’ailleurs concernant cette légitimité à agir que Pixar était en avance sur Civil War, comics de légende paru en 2006-2007 aux États-Unis. En bref, une belle rétrospective nous faisant réviser l’histoire de divers courants super-héroïques

Auteur : Robin Uzan

Ratatouille – Brad Bird et Jan Pinkava (2007) : Malbouffe et tolérance

Derrière sa fable animale, Brad Bird profite de l’occasion pour régler ses comptes avec une certaine Amérique. Le choix de la France comme décor de Ratatouille n’est absolument pas anodin, puisque notre pays apparaît encore aujourd’hui comme une terre de résistance à la globalisation rampante.

Ainsi, le frère du héros est un rat obèse et un exemple flagrant de cette dénonciation de notre mode consommation. Celui-ci préfère manger une grande quantité de nourriture sans se soucier de sa qualité, alors que le protagoniste Rémy est plus maigre que ses compatriotes car plus sensible aux arts culinaires. Bird s’oppose aux ravages de la nourriture industrielle, incolore et inodore, pour mettre en valeur une alimentation plus saine et plus naturelle. Brave position quand vous savez que le film est produit par la société Disney, qui représente précisément la standardisation culturelle dénoncée dans cette oeuvre. De plus, le plaisir fin et gourmand du film repose sur un paradoxe : si la tradition culinaire française irradie tant, elle peut aussi devenir un obstacle et même une impasse pour qui refuse de vivre dans son temps et de s’adapter à la mondialisation. De même, dans sa communauté, Rémy ne suit pas la tradition des rats d’égout. Il refuse la saleté comme principe de vie et rêve de devenir cuisinier dans le monde des humains. Le film propose tout un questionnement sur l’acceptation de l’autre, l’acceptation de soi et l’acceptation de ses choix, apparaissant alors comme une véritable ode à la tolérance, en plus d’être une dénonciation de la globalisation.

Auteur : Rabat

Wall-E – Andrew Stanton (2008) : écologie et société de consommation 

Bien plus qu’un simple film d’animation, Wall-E est sans conteste un des Pixar les plus poussés sur son message. En dehors des thématiques évidentes sur l’écologie et le devoir moral des humains à préserver la planète, Andrew Stanton va plus loin.

Le monde est gouverné par une autorité stricte et aveugle, qui suit les directives avec des œillères. Certes, ce sont les robots qui régissent l’Axiome, mais le quotidien des passagers est paramétré de A à Z, avec un processus bien huilé qui conditionne l’humain pour qu’il acquiert une « indépendance », par la dépendance au système. Et malheur à quiconque voudrait penser « en dehors de la boîte » et proposer une alternative à cette société malade. La société de consommation est poussée à son paroxysme avec des individus littéralement surchargés de publicités et qui consomment H24. Cette vision restrictive du monde est chamboulée quand Josh et Mary se rendent comptent qu’il existe une piscine à bord du bateau ! On vit le nez rivé sur un écran ou le sol et l’on passe bien souvent à côté des choses essentielles…..si seulement on prenait le temps de s’arrêter et de lever les yeux. L’utopie promise par Buy N Large (achetez en gros) suit sa croisière depuis plus 255 642 jours.

La société contemporaine et surtout la vision occidentale sont remises en question dans tous ses aspects dans Wall-E, que ce soit l’éducation (et l’alphabet curieux qu’on apprend aux bambins), la mode, la circulation de fausses informations et le conditionnement… L’œil adulte pourra apprécier les questionnements divers et inattendus que propose cette histoire. Pour terminer, la subtilité du scénario montre que même les robots en ont marre de leur quotidien et que dès que le chat n’est pas là, les souris dansent et prennent le temps d’observer les merveilles du monde…

Auteur : Domnulekhuz

Là-Haut – Pete Docter et Bob Peterson (2009) : Deuil, couple et éternelle jeunesse

Là-Haut est probablement (avec Vice-Versa) le Pixar le plus acclamé concernant sa maturité. Devenu emblématique grâce à sa légendaire introduction, le film d’animation évolue dans un contexte et une symbolique qui n’appartiennent qu’à lui. Entre les divers deuils de Carl Fredricksen, la thématique du couple et la course à la jeunesse, beaucoup de choses sont à dire concernant Là-Haut. A vrai dire, cette oeuvre est si complexe qu’elle mériterait une thèse à elle toute seule !

Le deuil est une thématique de plus en plus récurrente chez Pixar et offre à Là-Haut la maturité qu’on lui connaît. On pense bien évidemment au deuil de Carl Fredricksen vis-à-vis de sa femme. Lui qui ne vivait qu’à travers Ellie, n’est plus que l’ombre de lui-même après son décès. Le parcours initiatique jusqu’aux chutes du Paradis offrira au vieil homme la catharsis dont il avait besoin, l’obligeant à lâcher prise et abandonner sa maison quand la situation devient critique. Tout ce deuil est personnifié par la maison dans laquelle Fredricksen avait construit toute sa vie. Un autre deuil sera à faire pour Carl, à savoir le deuil de l’enfant qu’il n’a jamais eu. Ceci sera symbolisé par Russell, ami et petit-fils d’adoption ramenant la naïveté et la gaieté dans le cœur du vieillard. Enfin, Carl Fredricksen devra faire le deuil d’une partie de sa jeunesse, symbolisée par son idole Charles Muntz, ayant troqué son costume de héros national pour celui d’affreux méchant. 

Outre les divers deuils, la thématique du couple est également très présente au sein de l’oeuvre de Pete Docter et Bob Peterson. Le couple Ellie et Carl bien sûr, mais le couple au sens large. Plus clairement : le binôme. Le couple Ellie et Carl, bien qu’il ne soit visible à l’écran que durant les premières minutes, plane comme une ombre durant tout le film car Carl n’agit que pour elle. On peut également penser au binôme Carl/Russell, Carl représentant un père de substitution pour Russell et Russell un petit-fils de substitution pour Carl. Outre cet aspect famille de substitution, les deux personnages gagnent une chose qui n’a pas de prix : un ami. Russell forme également un duo fort amusant avec Kévin, l’inimitable dabou. Leur relation empreinte de tendresse et d’humour a forgé les moments les plus hilarants de Là-Haut. Enfin, Carl Fredricksen forme un duo spirituel avec Charles Muntz, idole de son enfance. Cependant, il s’apercevra vite en le rencontrant que cette admiration était fondée sur des bases qui n’existent plus, tant Muntz est devenu détestable. Ainsi, ce rejet de l’aventurier est aussi un moyen pour Carl Fredricksen de se détacher d’une partie de ses souvenirs d’enfance, à savoir l’idéalisation d’un homme devenu cruel

Cependant, le rejet d’une partie de son enfance n’implique pas pour Carl Fredricksen le rejet total de sa jeunesse. Ce serait même plutôt le contraire. Fredricksen ne fait que courir durant tout le film à travers le fantôme de sa jeunesse perdue, représentée par Ellie, l’amour de sa vie. Cependant, L’abandon de sa maison en fin de film symbolise ainsi un attachement au futur (représenté par Russell) plutôt qu’au passé. Ainsi, Fredricksen acquiert une deuxième jeunesse empreinte d’aventures auprès de Russell, tout en n’oubliant pas d’incarner la sagesse due à son grand âge. C’est donc tout un patchwork d’émotions et de symboles que nous offre Là-Haut, qui n’a pas démérité son Oscar du meilleur film d’animation en 2010 !

Auteur : Robin Uzan

Toy Story 3 – Lee Unkrich (2010) : deuil de l’enfance et transmission

Sorti en 2010 après les plébiscités Ratatouille, Wall-E et Là-haut, Toy Story 3 est le film de toutes les exceptions, se posant comme l’une des meilleurs suites de l’histoire de l’animation. Véritable bijou d’émotion, le film de Lee Unkrich arrive à trouver l’équilibre parfait entre émerveillement, sensibilité et renouvellement. Après les thèmes de la surconsommation, de la lutte de pouvoir ou encore de l’abandon, c’est cette fois-ci sur le deuil de l’enfance que le film est tourné

Malgré son propos tourné vers l’avenir et la réflexion sur le souvenir d’enfance, Toy Story 3 n’en oublie pas de divertir, de faire rire mais également d’émouvoir, parfois jusqu’aux larmes. On pense notamment à l’une des séquences les plus violentes et tétanisantes qu’ait pu nous proposer le studio jusqu’à ce jour (si vous avez vu le film, vous savez de laquelle il s’agit !). C’est également la thématique du deuil qui est transmise ici par son réalisateur, notamment par le fait d’abandonner son enfance pour enfin passer à l’âge adulte. La force du film est de réussir à toucher au cœur aussi bien les enfants, fascinés par un univers enfantin qui les construit, que les adultes qui voient dans le personnage d’Andy leur culpabilité, celle d’avoir renié un passé coloré et rêveur pour s’adonner à un monde plus mature et moins chaleureux. Le sommet de sensibilité du film se trouve dans sa scène finale, qui voit ainsi son propos sur la transmission sublimée par une entente complice entre l’ancienne et la nouvelle génération. C’est en cela que Toy Story 3 confine au chef d’œuvre de Pixar : pour avoir réussi à transmettre aux générations un message solaire et plein d’espoir, sans pour autant ménager son spectateur, enfant comme adulte.

En outre, nous retrouvons dans ce troisième opus le sempiternel thème de la saga Toy Story : celui de l’abandon. Après avoir été personnifiée par Woody et Jessy (Toy Story 1 & 2), c’est au tour de Lotso de représenter cette peur inhérente aux jouets du films (comme à beaucoup d’êtres humains). Désabusé, violent et dictatorial, Lotso est le stade d’évolution final du jouet malheureux d’avoir été abandonné, au point d’être devenu un véritable tyran. Il est d’ailleurs aisé de comparer Lotso au chercheur d’or dans Toy Story 2, voire même à ce qu’aurait pu devenir Woody s’il s’était senti abandonné de la sorte. Rappelons que Woody est devenu pendant un temps fourbe et violent suite à son sentiment d’abandon et de remplacement par Buzz dans le premier opus. L’occasion de faire réfléchir l’adulte comme l’enfant sur une chose : tout le monde peut devenir un monstre, pour peu qu’une émotion violente vous soit insufflée par un événement traumatisant

Auteur : Louis Verdoux

Rebelle / Brave – Mark Andrews et Brenda Chapman (2012) : le féminisme

Sorti en 2012, Rebelle (Brave en VO) de Mark Andrews et Brenda Chapman est un film audacieux et particulier à bien des égards. Mérida est une princesse insoumise et résolument moderne, qui cultive une relation compliquée avec sa mère, la reine Elinor.

Mérida n’est pas une princesse de conte de fées. Elle n’a pas le rôle attentiste de ses consœurs plus traditionnelles, au premier plan desquelles Blanche Neige et Aurore de la Belle au bois dormant. Notons au passage que la Belle au bois dormant s’appelle dans la version originale Rosépine. Mérida ne souhaite qu’une chose : pouvoir choisir son destin toute seule tout comme son futur compagnon, sans se plier à d’antiques traditions (parmi lesquelles le mariage forcé). Elle souhaite être princesse puis reine par elle-même, sans devoir s’appuyer sur l’autorité ou la protection d’un homme. Elle ne conçoit pas qu’on lui refuse de s’adonner à la passion dans laquelle elle excelle, le tir à l’arc, simplement parce que ce serait une activité d’homme. En effet, pour quelles raisons serait-elle moins légitime que ses prétendants à pratiquer cette activité alors qu’elle les surpasse largement ? Elle entend ainsi lutter pour sa liberté et son libre arbitre.

Mérida et sa mère sont les deux seules femmes du film (hors la sorcière) et chacune représente un aspect de la féminité. La reine Elinor est l’incarnation de la femme suivant les modèles archaïques. Calme, posée, toujours maîtresse de son corps, engoncée dans des vêtements étriqués, qui ne jure que par l’éducation traditionnelle visant à placer la femme dans l’ombre de son époux en faisant des travaux d’aiguille. A l’inverse, Mérida veut bouger librement, monter à cheval et parcourir la campagne sans se plier aux protocoles. Elle défend ses convictions, quitte à s’opposer à la société. Elle est une belle représentation de la féminité moderne et sûre d’elle-même. Toutes deux représentent deux aspects en apparence opposés de la féminité et un choc des générations. Mais en réalité, ce sont des conceptions de la vie qui ne demandent qu’à dialoguer pour puiser en chacune les qualités de l’autre. Mérida y apprend la responsabilité et la sagesse, alors que sa mère s’autorise à se relâcher et à ne plus tout contrôler, en particulier la vie de sa fille.

Auteur : Sandra B

Vice-Versa – Pete Docter (2015) : psyché humaine 

Vice-Versa (Inside – Out) : de l’émotion avant toute chose ! En 2015, Pixar reconquiert la légitime réputation qu’on lui attribuait après un assez étonnant passage à vide, traversé par des productions en demi-teinte et qui semblaient annoncer l’érosion de la puissante machine à rêves qu’elle incarnait depuis une quinzaine d’années. C’était sans compter sur le coup d’éclat presque miraculeux que fut Vice-Versa. Cette oeuvre réconcilia aussi bien le public que la critique, qui se retrouvent unis dans une réception teintée aussi bien d’attendrissement que d’un enthousiasme quasi absolu.

Une réception finalement cohérente au regard de la tête pensante de cette oeuvre : Peter Docter (à qui l’on devait déjà Monstres & Cie et Là-Haut) et que l’on présente (assez justement) comme un cinéaste du sentiment. Et quel lien plus éclatant donc, entre ces trois œuvres, que celui du fil de l’émotion qui les traverse puissamment ; se trouvant par là au cœur des enjeux de la narration ? Ainsi, le concept de Vice-Versa repose littéralement sur la conceptualisation du mécanisme de nos émotions et leurs significations, cette réflexion se plaçant sur deux plans :

  • Le plan de la fiction à travers les différents personnages du récit et notamment le parcours psychique de la jeune Riley, qui apprend à gérer un mécanisme émotif de plus en plus complexe au fil des années (mécanisme qui pendant un temps la dépassera complètement).
  • Un plan plus pragmatique qui se pose à l’échelle du spectateur et de la réception par celui-ci (comment et quelles émotions faire ressentir à l’autre ? Qu’est-ce que je ressens en tant que spectateur et pourquoi ?).

Le film rappelle ainsi cette habilité incroyable du studio à réussir à jouer simultanément sur plusieurs grilles de lecture sans jamais délaisser un seul de ses publics. C’est avec une acuité rare qu’il arrive à trouver un terrain d’éloquence aussi large auprès des adultes qui trouvent une caisse de résonance encore bien présente en eux. Il faut accepter ses émotions telles qu’elles sont et reconnaître la légitimité de chacune. La tristesse est aussi indispensable que la joie ou la colère car chacune participe à un équilibre harmonieux qui nous permet de nous construire. Le film évoque aussi le rapport aux autres qui implique le fait de ressentir : il faut accepter de partager ses émotions avec autrui pour se faire comprendre. À travers ce cheminement réflexif, Pixar a ainsi réussi le pari incroyable de nous plonger dans une aventure détonante emplie de péripéties en partant d’une réflexion purement conceptuelle. En prenant son public avec une certaine hauteur intellectuelle, le studio nous prouve une fois de plus que le divertissement peut parfaitement cohabiter avec une réflexion exigeante.

Auteur : InesH

Le voyage d’Arlo – Peter Sohn (2015) : l’animal qui sommeille en l’homme

Imaginez un instant que l’astéroïde qui a préfiguré l’extinction des dinosaures ait raté sa cible. L’histoire aurait-elle suivi son cours ? C’est ainsi que débute Le Voyage d’Arlo. Arlo est un jeune Apatosaure aussi petit que craintif, qu’un événement tragique va mener loin de chez lui. Son retour à la maison sera semé d’embûches et de rencontres. Jusqu’à présent, aucune surprise…Et pourtant, le film va peu à peu nous offrir une très intéressante inversion des rôles homme – animal

Les rencontres sont multiples mais la plus émouvante et surprenante reste évidemment la rencontre entre Arlo et Spot, un petit garçon qui devient son compagnon de voyage. Ceux-ci s’apprivoisent rapidement et se font grandir mutuellement. Le plus surprenant se trouve dans le personnage de Spot. En effet, quand on découvre ce petit être, on s’attend à voir un petit garçon. Mais ici, l’humain est totalement déshumanisé ! Spot est un véritable petit sauvageon qui vit au milieu des dinosaures et qui ne parle pas. Il ne s’exprime que par des grognements, des aboiements et des hurlements. Spot chasse et remue ses fesses comme un chien remuerait sa queue. Il laisse même pendre sa langue quand il est content à l’image de notre fidèle compagnon canin. En revanche, Arlo parle et cultive la terre avec sa famille, faisant passer d’ailleurs un message purement écologique. Arlo est un être intelligent et sensible. En réalité, on a davantage l’impression qu’Arlo est un humain dans un corps de dinosaure et Spot un chien dans un corps d’homme. Il n’est pas courant de voir cet inversement des rôles chez Disney/Pixar. Dans la plupart des classiques du studio au grandes oreilles en collaboration avec Pixar, les Hommes sont des Hommes et les animaux sont personnifiés. Mais ceux-ci n’inversent généralement pas leurs caractères. 

Le film se déroulant à l’âge de pierre, l’Homme est lié à une image très primitive. C’est donc à travers ce contexte que ces deux grands studios ont pu faire passer un message fort d’une certaine maturité. En effet, l’animal n’est pas celui que l’on croit… Cela nous fait clairement réfléchir sur l’animalité de l’Homme et sur ses instincts primitifs. C’est à travers ce film d’animation totalement divertissant qu’on se met à réfléchir sur les actions parfois très bestiales de l’Homme. On pense à l’Homme qui fait la guerre, qui tue les bêtes pour en faire des trophées de chasse… en d’autres termes l’Homme destructeur alors même qu’il est doté de raison (contrairement aux animaux). Cela nous oblige donc à avoir une profonde réflexion sur nous-même. Dans ce dessin animé, ce n’est pas l’Homme qui est mis à l’honneur mais l’animal. Et loin de nous choquer, cet inversement des rôles rend l’histoire tellement plus attendrissante. Le transfert des émotions et des sensations se fait de la manière la plus simple possible c’est-à-dire à travers des sons, des larmes ou encore des rires et des yeux craintifs. Ce n’est pas une oeuvre simpliste mais elle sera beaucoup plus accessible pour le jeune public que ne l’est l’excellent Vice-Versa, assez complexe pour nos chères petites têtes blondes. Ainsi, Le Voyage d’Arlo est un film d’animation parfait pour la cible infantile mais pas seulement… 

Auteur : Nadiou Nadiou

Le monde de Dory – Andrew Stanton (2016) : le handicap

Quelque 13 ans après son grand succès Le Monde de Némo, Pixar crée une séquelle se focalisant sur Dory, le poisson chirurgien bleu qui souffre d’une maladie nommée « le trouble de la mémoire immédiate » (comme le dit Dory elle-même). Lorsque l’on fait la rencontre de Dory en 2003, on constate que celle-ci était principalement utilisée comme élément comique de l’aventure de Marin et Némo. Dans le film de 2016, des souvenirs de l’enfance de Dory resurgissent et elle décide de retrouver ses parents jusque-là oubliés. C’est ainsi que notre poisson chirurgien favori revêt une puissance dramatique bien supérieure à celle que nous lui connaissions déjà

Le film est extrêmement pertinent dans sa manière de traiter du handicap. Un de ses points forts est la présence de plusieurs animaux présentant des maladies physiques et mentales : Némo et sa nageoire atrophiée, le requin-baleine myope Destinée, le béluga Bailey souffrant d’un problème avec son écholocalisation, Hank, un poulpe qui ne possède que sept tentacules (et qui est probablement anxieux)… Mais la force de Pixar c’est que ces handicaps ne sont pas présentés comme des « problèmes ». Ceci est très important quand on a à l’esprit que ces films sont destinés à un public jeune qui a besoin de modèles. Souvent, les personnages avec des handicaps sont des êtres isolés vivant dans un environnement « normal » et peinant à s’adapter à ce monde ; ou alors ils sont représentés de façon à ce que le protagoniste principal se sente mieux car il/elle l’a aidé. Ici, Dory EST le protagoniste principale et c’est elle qui aide les autres. Le Monde de Dory montre que les individus qui ne sont pas dans la « norme » ne sont pas forcément pires et ne devraient pas être traités comme divergents : leur cerveau fonctionne différemment des autres, mais c’est bien là leur force car ils peuvent explorer la réalité et résoudre des problèmes de façon originale. La perte de mémoire n’est pas le problème. Le vrai problème, c’est le manque de patience et de gentillesse de la part des autres. Dory réussit sa mission non pas malgré mais grâce à son handicap.

D’autres vérités de la vie avec un handicap sont ici étudiées, notamment le capacitisme (discrimination fondée sur la capacité physique) avec les figures que sont Gerald et Becky ou encore l’amour, la dévotion et la patience des parents de Dory (Jenny et Charlie). Finalement, le méchant dans Le Monde de Dory n’est pas un personnage, mais ce sont les problèmes que chacun rencontre : le manque de confiance en soi et la position des autres face à ces problèmes. Le film démontre que c’est en travaillant ensemble et en ne s’arrêtant pas à nos différences que l’on peut arriver à nos fins.

Auteur : PatrycjaT

Cars 3 – Brian Fee (2017) : obsolescence et transmission 

Cars 3 n’est ni plus ni moins que le Rocky Balboa de la saga Pixar ! Après un premier épisode fort agréable et un second bien moins réussi (malgré l’audace d’en faire un film d’espionnage), la saga Cars est revenue plus forte que jamais avec Cars 3. Il faut dire que le scénariste Daniel Gerson et le réalisateur Brian Fee n’y sont pas allés de main morte concernant la descente aux enfers du héros Flash McQueen. D’abord mis à mal du fait de son obsolescence, McQueen subira la pire chose que puisse subir un sportif de haut niveau : une blessure réduisant considérablement sa condition physique. S’engage alors une lutte pour retrouver non pas sa gloire d’antan, mais bien l’autorisation de concourir à nouveau sur un circuit professionnel.

La comparaison entre Cars 3 et Rocky Balboa n’est pas anodine, car beaucoup de questions y sont similaires : Une blessure marque-t-elle nécessairement la fin d’une carrière sportive ? Quand la passion s’éteint-elle et comment peut-elle resurgir ? Comment rester au niveau face à de nouvelles méthodes d’entrainement plus perfectionnées ? Est-il légitime de mettre les anciennes légendes au ban de la société afin de laisser les nouveaux talents s’épanouir ? Tout cela marque non seulement la ressemblance entre ces deux films, mais également sa ressemblance avec toute la saga Rocky, cette dernière étant bourrée de thématiques profondes. Ces questions font également écho à notre société moderne ainsi qu’à notre rapport au sport. Le sport de haut niveau s’est beaucoup développé entre le 20ème et le 21ème siècle et Cars 3 y fait allègrement référence, notamment via les considérations économiques évoquées (publicités, sponsoring…) ou encore les salles d’entraînement ultra-modernes. De quoi nous faire réfléchir sur l’esprit sportif et la façon dont l’argent a perverti beaucoup de disciplines. 

Mais si Cars 3 est un miroir de Rocky et de notre société, il fait également appel de manière très accentuée au premier épisode de cette saga. Les thématiques de transition et de remise en question y sont reprises et décuplées afin d’offrir à notre héros un parcours initiatique d’une grande puissance émotionnelle. Cette fois-ci, McQueen ne devra pas apprendre d’une ancienne légende de la course (Hudson Hornet). Il devra s’exercer auprès d’une jeune entraîneuse habituée à former les véhicules de nouvelle génération et dont les méthodes modernes le dépassent complètement. Cependant, la méthode d’entrainement « Old School » de McQueen sera aussi d’une grande utilité à son entraîneuse Cruz Ramirez, qui découvrira des modes d’exercices aux antipodes des salles ultra-épurées dans lesquelles elle évolue. Ainsi, nous retrouvons en sous-texte le thème de la transmission mutuelle entre les générations. Certes, les générations précédentes ont beaucoup d’expérience à faire valoir. Cependant, ces générations au dessus ne doivent pas se fermer à l’expérience des jeunes générations, sous peine de se retrouver totalement dépassées par celles-ci tôt ou tard. L’échange générationnel est donc admirablement dépeint par le parcours de Flash McQueen, qui revêt dans le même film le costume de l’élève et celui du mentor. Une magnifique évolution du parcours de McQueen, étayée par une mise en scène impeccable (bon sang que la scène de l’accident est forte !) ainsi que des dialogues aux petits oignons. On notera l’hommage très poussé à Paul Newman, qui interprétait le mentor Doc Hudson dans le premier Cars. Malgré sa mort, Doc Hudson plane comme une ombre bienveillante au-dessus de nos héros. Nous pourrions en dire autant de Paul Newman, dont ce fût le dernier rôle en 2006, avant que ce monstre sacré du cinéma ne s’éteigne à l’âge de 83 ans. 

Auteur : Robin Uzan

Coco – Lee Unkrich (2017) : mort, deuil et mémoire

Se déroulant durant l’emblématique Dia de los Muertos, Coco traite admirablement de la mort, du deuil, mais également la mémoire et la façon de l’entretenir. La grande force de Coco est de vulgariser ces sujets pour les plus jeunes, tout en les rendant admirablement émouvants pour les adultes. Véritable plongée aux confins de la généalogie de Miguel et de sa famille, Coco est d’une puissance émotionnelle assez déconcertante. 

Si parler d’écologie (Wall-E), de féminisme (Rebelle) ou encore de la dépression infantile (Vice-Versa) est important et difficile, la mort reste toutefois un des thèmes les plus durs à aborder (si ce n’est le plus dur), surtout dans un média jeunesse. Après tout, ce sujet concerne tout le monde sans exception et inquiète la majorité des êtres humains. Pourtant, quelle finesse se dégage de Coco, malgré un sujet si délicat à traiter. Le fait de faire accepter la mort comme une composante de la vie, tout en rappelant d’honorer la mémoire des défunts est admirablement dépeint et particulièrement subtil. Les mêmes thèmes auraient pu être abordés de manière beaucoup plus grossière afin de ménager nos chères petites têtes blondes. Mais le nombre de niveaux de lectures présents dans cette oeuvre en fait une totale réussite. Prenons comme exemple le principe de « la dernière mort », évoqué au sein du pays des défunts. Pour les enfants, cela sera interprété comme un danger qu’encourent nos héros. mais pour l’adulte qui sommeille en nous et qui craint la mort, cela fera écho à une des plus grandes peurs de l’Humain : l’oubli. Car en effet, le principe de cette « dernière mort » est que l’on n’a plus personne pour honorer notre mémoire, nous faisant ainsi tomber dans le néant le plus total… Quel talent de la part du géant Pixar d’arriver à créer d’aussi bonnes histoires, tout en venant toucher les spectateurs à la racine même de leurs émotions, en faisant appel à leurs peurs les plus intimes et refoulées

On pourrait croire que ces thèmes empêchent la féerie (propre aux longs-métrages Pixar) d’intervenir : mais il n’en est rien. Malgré un sujet de fond lugubre, Coco garde cette fraîcheur que l’on a pu retrouver dans Là-Haut, Toy Story, Les Indestructibles et bien d’autres ! Cela est probablement dû au thème le plus mis en avant dans le film : la musique ! Eh oui : si la mort et le deuil sont les sujets que l’on retrouve en sous-textes (ou en thèmes secondaires), la musique reste l’enjeu principal de cette histoire. Ainsi, l’amour que porte Miguel à cet art permet d’enjouer toute les scènes, bien que la quasi-totalité du film se passe au pays des morts. Et puisqu’on parle du pays des morts, celui-ci présente également une dichotomie flagrante entre le sujet du film et son traitement. Dans l’imaginaire collectif, la mort est triste, maussade, lugubre… Pourtant, en découvrant ce pan de la culture mexicaine, nous découvrons également un monde coloré, dans lequel la mort n’est pas la fin, mais simplement une étape suivante de la vie… 

Auteur : Robin Uzan

Et voilà pour notre retour sur le géant Pixar ! Il y a encore tant à dire que nous pourrions y dédier des études complètes. Et vous ? Quel est votre Pixar préféré ? Laissez-nous votre avis ainsi que vos analyses sur les longs-métrages manquants ! Nous pourrons ainsi vous rajouter (et vous créditer) dans l’article ! Messieurs / dames : à vos claviers 

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