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      Men and Chicken et Adam’s Apple: Deux œuvres aux profils analogues

      « Men and Chicken » le tout dernier film d’Anders – Thomas Jensen est sorti ce 25 mai en salle. Ce papier n’en est pas la critique (Si la critique de Men and Chicken vous intéresse, elle a été également réalisée par Justfocus) mais se veut une analyse comparée de cette œuvre avec le film « Adam’s Apple », également du réalisateur Danois, sorti en France en 2006.

       

      • Un homme au palmarès impressionnant

      Anders – Thomas Jensen est un réalisateur, scénariste et acteur danois, né en 1972. S’il a joué dans deux films, c’est notamment derrière la caméra qu’il développe son talent.

      D’une part, en tant que scénariste, avec une quarantaine de films à son actif, dont le polémique Antichrist (2009), qu’il a co-scénarisé avec son confrère et concitoyen Lars Von Trier, et d’autre part, en tant que réalisateur. Il a, en effet, réalisé trois courts métrages (Ernst & lyset (1997), Wolfgang (1998) et Valgaften) et quatre longs métrages (Lumières Dansantes (2000), Les Bouchers Verts (2003), Adam’s Apple et désormais men and chicken).

      L’ensemble de ces réalisations a été nommé et récompensé dans divers festivals régionaux. Mais c’est son dernier court métrage (Valgaften) qui lui permet d’obtenir en 1999, l’oscar du meilleur court métrage de fiction.

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      • Des films différents et pourtant des textures similaires

      Adam’s Apple et Men and Chicken sont les deux dernières œuvres du réalisateur danois. Bien que réalisées avec 10 ans d’écart, il émane d’elles un même sentiment : celui de l’incompréhension. C’est une incompréhension qui vient du spectateur lui-même. C’est-à-dire que le spectateur, pris entre plusieurs feux, ne sait à quelle émotion s’abandonner : la joie, la tristesse, le dégoût (notamment dans le film de 2016) … Bien entendu, la joie est l’émotion la plus présente tout au long de ces films … ou devrais-je préciser : un rictus pouvant aller aux éclats de rire, selon les passages, selon l’humour.

      Il est vrai qu’Anders-Thomas Jensen joue avec un humour particulier, à la fois décalé, absurde et parfois noir. Il désarçonne un peu plus le spectateur qui ne sait où se mettre. Dans Adam ‘s Apple, une scène en est un flagrant exemple : une femme vient voir un homme d’église pour lui raconter son malheur. Celle-ci est enceinte, et les médecins lui ont dit que son enfant avait une forte probabilité de naître handicapé, elle pense donc à avorter. Pendant toute cette scène, le prêtre ne pense qu’à une seule chose. Ce dernier a demandé qu’on leur apporte à lui et à la femme des gâteaux. Or, dans une assiette, il y a plus de gâteaux que dans l’autre. Il se met donc à critiquer celui qui a amené les gâteaux. Cette scène horrible pour cette femme qui se confie sur son malheur et qui nous remplirait d’émotion habituellement, perd tout son pathos à l’instant même où la caméra se braque sur les gâteaux. A-T Jensen vient percer notre bulle de tristesse. Il ne reste qu’une gêne, mais pas n’importe laquelle, celle qui nous laisse un sourire en coin. Voilà la force du réalisateur. Il en est de même pour le film Men and chicken, lorsque toutes les scènes panoramiques sont coupées par l’intervention d’un personnage qui vient rompre (de manière grotesque la plupart du temps) la contemplation des magnifiques paysages. La nature ne semble jamais paisible, la présence humaine est constante.

      Au-delà de cette touche personnelle, s’ajoute les formes d’humour « habituels » comme le comique de geste, avec dans Men and Chicken des scènes qui semblent inspirées des trois stooges, où les personnages s’assomment à coup de casseroles et de bouts de bois. Ainsi que le comique de situation, lorsque dans Adam’s Apple, on se rend compte que quel que soit les problèmes qu’endure l’homme d’église, celui-ci les prend toujours bien. C’est sur ce décalage qu’aime jouer le réalisateur.

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      Toutefois, si ces deux films regorgent d’humour, ceci n’est que l’enrobage, ce n’est que le haut de l’iceberg. Car au fond, ces deux histoires sont des histoires tristes, traitant d’hommes perdus, qui font de leur mieux pour survivre quel que soit leur malheur.
      Il y a certaines scènes qui nous plongent au plus profond du film, dans un milieu où le rire s’efface au profit de la mélancolie. Face à nous, les masques que portaient les personnages se lèvent pour nous dévoiler leurs sentiments les plus profonds. C’est aussi ça le cinéma d’Anders-Thomas Jensen.

       

      • Un acteur fétiche, un acteur de talent 

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      Tim Burton et Johnny Depp, Woody Allen et Scarlett Johansson, Scorsese et Harvey Keitel, Robert De Niro puis Léonardo Di Caprio …
      La plupart des réalisateurs ont leur acteurs/ actrices fétiches, avec lesquels un simple regard suffit pour se mettre d’accord. L’un et l’autre partage la même vision et cette approche semblable leur permet de travailler efficacement, avec fluidité. C’est ainsi que l’on peut définir Mads Mikkelsen pour Anders-Thomas Jensen.

      Cet acteur danois, de 50 ans, s’est fait mondialement connaître en interprétant en 2006, dans Casino Royale le personnage du « chiffre » ennemi de James Bond (interprété pour la première fois par Daniel Craig). Il interprète également le rôle-titre d’ « Hannibal » Lecter dans la série éponyme.
      Il est aussi prévu qu’il joue un rôle dans le prochain Star Wars : Rogue one ainsi que dans le prochain film des studios Marvel, Docteur Strange. Tous ces projets témoignent de son importance dans le cinéma américain.
      Néanmoins, il continue de jouer dans des films Danois tel que le drame La chasse de Thomas Vinterberg (2012) qui lui a permis de remporter la même année, le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes. Festival dont il était cette année, un membre du jury, présidé par George Miller.

      Cet acteur a tant de succès, car c’est un caméléon, celui-ci se glisse à la perfection dans ses rôles.
      Qu’il s’agisse du rôle du « méchant », rôle qui semble lui être étiqueté dans les films anglophones, à raison, étant donné son regard qui dans Hannibal égalerait presque celui d’Anthony Hopkins, ou qu’il s’agisse de rôles de personnes qui souffrent, ses personnages semblent lui coller à la peau.
      Dans Men and Chicken sont talent de « métamorphe » est indéniable, autant par le comportement de son personnage marginale (avec des scènes de masturbation plus qu’étranges) que par ses traits, la présence d’un bec de lièvres sur le visage de l’acteur, ainsi que des cheveux bouclés le rendent presque méconnaissable.

       

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