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      Free to Run – L’évolution d’une course, d’un sport, d’une société.

      Ils courent partout: sur la plage, les parcs, dans les rues. N’importe quand, à l’aurore, à la pause déjeuner et même lorsqu’il ne leur reste plus que la lumière des lampadaires pour les guider dans leurs péripéties nocturnes. Par n’importe quel temps, qu’il pleuve, vente, neige, quand bien même ferait-il 40 degrés à l’ombre: ils courent. Si aujourd’hui, il est tout à fait anodin de ne plus pouvoir se promener sans se voir dépasser par un(e) joggeur/joggeuse vêtu(e) de ces tenues jaune fluo moulantes, vous seriez choqués d’apprendre qu’il n’y a même pas 50 ans, cette pratique était cantonnée dans les stades avec des règles strictes, rétrogrades et sexistes.

      FREE TO RUN est un documentaire de l’auteur et réalisateur suisse, Pierre Morath. Ce dernier, s’étant par le passé déjà distingué dans le documentaire (Chronique d’une mort oubliée-2012), est également un historien ainsi qu’un ancien athlète de haut niveau et c’est le croisement de ses passions qui ont été la genèse de ce film. Dans ce documentaire, il nous dévoile l’évolution d’un sport, des années 1960 à nos jours qui, bien que pratiqué aujourd’hui par 20% de la population française, nous est quasiment inconnu. Il vient ainsi contester historiquement l’apriori qui nous laisserait penser que la course à pied a toujours été ce sport libre et simple à pratiquer.

      free to run (2)Un film de mémoire

      FREE TO RUN s’attelle à nous enseigner de quelle manière les changements de mentalités de la société ont eu une répercussion sur la pratique de la course à pied. Ainsi s’était répandu progressivement un esprit nouveau luttant pour le droit de courir librement en particulier pour les femmes. Mais aussi l’émancipation vis-à-vis des systèmes sportifs fédéraux, et la liberté d’organiser des courses hors stade. L’approfondissement du propos en choisissant d’analyser certains personnages clés  qui ont contribués à l’histoire de ce sport (Kathrine Switzer, Fred Lebow, Steve Prefontaine, Noël Tamini…), est un judicieux instrument savamment dosé qu’utilise ici le réalisateur. Il permet ainsi aux spectateurs de prendre davantage conscience de l’expansion de la course à pied.
      Avec rigueur et intensité, il montre comment la pratique de ce sport par cinq « excentriques » joggant dans les années 1960 a conduit à un phénomène de société.

      En haut de gauche à droite : K. Switzer et Fred Lebow. En bas, de gauche à droite : Steve Prefontaine et Noël Tamini

      Un film militant

      Toutefois, il arrive que l’expansion engendre des dérives. En effet, «Lorsqu’une révolution s’impose ou commence à avoir du succès, les combattants s’effacent au profit de ceux qui récupèrent ce succès pour l’utiliser et en faire un business». Tel est le constat du réalisateur qui explique ainsi le rôle central des Etats-Unis au sein d’un documentaire, qui devient le récit «d’un mouvement libertaire rattrapé par le libéralisme».

      De cette dérive naît une question: comment doit être la course? Pierre Morath y répond avec subtilité et beauté. Pour cela, il glisse tout au long du film et par petit bouts, la même scène filmée à travers divers angles de vue. Cette scène présente une femme et un homme courant dans la forêt, dépouillé de tout : voilà sa réponse, voilà ce qu’est la course !

       

      Ce documentaire nous invite dans un univers: celui de la course à pied. Cependant, il ne fait pas que nous le décrire. Il nous émeut, nous captive par la musique qui entoure le propos et se mêle à merveille aux images tantôt d’archives, tantôt tournées en direct et qui donne une certaine poésie à l’ensemble.

       

      free to run

       

      Dès sa sortie le 13 avril, n’hésitez pas à courir voir ce film, ou marcher, ou jogger … comme bon vous semble car après tout, vous êtes libre !

       

       

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