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      A bittersweet life, le film coréen qui ne vieillira jamais

      Kim Jee-Woon n’a pas laissé au hasard ou aux mains de l’à peu près cette réalisation. Nous finirons soit émerveillés, dubitatifs, révoltés, mais jamais indifférents. Génie avéré, qui n’aura pas épuisé ses talents dans cet incontestable chef-d’œuvre (Le Bon, la Brute et le Cinglé, J’ai rencontré le Diable), il nous plonge, nous immerge dans un univers de violence impitoyable. Il s’exprime dans le paradoxe des émotions et du sang, à travers des chorégraphies qui donnent au film cette vision de coordination parfaite.

      L’histoire

      Kim Sun-Woo, manager dans un hôtel, a la réputation d’être pragmatique et efficace. Il est le bras-droit du président Kang, figure éminente de la pègre dont l’unique faiblesse est sa jeune maitresse, Hee-soo.

      Kang va ordonner à Kim Sun-Woo de suivre la jeune fille, qu’il soupçonne de le tromper. Kim Sun-Woo la trouve aux bras d’un autre homme, il hésite et décide de ne pas s’y impliquer sans savoir pourquoi. Furieux, Kang se sentant trahi, lance sa bande à sa recherche avec la ferme intention de lui faire payer cette erreur. Kim Sun-Woo va se retrouver en plein cauchemar menant une bataille irréversible pour sauver sa propre vie…

      Fiche technique

      Titre original: 달콤한 인생

      Réalisation et Scénario : Kim Jee-woon
      Genre : action
      Pays de production : Corée du Sud
      Durée : 118 minutes
      Sortie : 2005

      Distribution : Lee Byung-hun, Kim Yeong-cheol, Sin Min-ah, Kim Roi-ha

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      Impressions

      Loin de porter l’originalité dans son scénario, A bittersweet life puise son adresse au sein même de son protagoniste, plongeant le spectateur dans un territoire externe disloqué (mafia), caricatural et serein à l’image du héros (ou anti-héros, on dirait !).

      Le « tueur de l’hôtel » a une éthique, oui ! Le film aurait pu se construire sans le rôle de la jeune femme. Elle est presque une excuse qui nous permet d’entrevoir l’âme de ce dernier. Les plans du réalisateur honorent incroyablement cette perception.

      Afin d’atteindre graduellement la température d’une dynamique « film d’action », où fragilité et violence s’affrontent pour nous offrir un ensemble explosif, surprenant et homogène, les sentiments du héros deviennent clairs et opposés à sa situation chaotique.

      Calme dans la tempête (Yin-Yang), humour dans l’horreur (là où de grands réalisateurs occidentaux n’auraient sans doute jamais osé), éthique dans la mafia(!)… Loin de nous les préjugés mais une telle œuvre ne pouvait être que… asiatique! Un « brin décalé » toujours attaché à une lucidité de scénario qui reste, coute que coute, ancrée dans le drame et l’action.

      A Bittersweet life furyosa

      Une aparté (peut-être dans le souhait de laisser souffler le spectateur) qui surprend au détour d’une scène « sérieuse » (voir inquiétante), immiscent une pointe de légèreté alors que notre tension est au zénith. On est presque reconnaissant auprès du réalisateur, qui nous permet de reprendre notre souffle avant de replonger dans cet l’univers sanglant.

      Cela nous fait penser à une mouche égarée, virevoltant autour de la caméra pendant la prise!

      Les émotions extrêmes des personnages se voient traduites, mise en place à travers des scènes d’une grande violence. Ces mêmes scènes à la limite de l’insupportable pour le spectateur, portent le rythme haletant du film.

      Aucun doute, Lee Byung Hun se paie la meilleure part du gâteau (bah oui, c’est lui qui porte le film!). Mais loin d’accepter la facilité, il s’adonne à un exercice périlleux et subtil dont il se sortira avec brio usant habilement de son talent pour nous permettre de déflorer un personnage autant complexe que perceptible. A la fois froid, pragmatique, poétique, à l’éthique attendrissante et… émouvante.

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