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      Critique « Transformers – The Last Knight » de Michael Bay : un divertissement en demi-teinte

      Les aficionados de testostérone, de bagnoles, de filles sexys et d’explosions attendent ce film comme le Saint Graal de l’été 2017 ! Et oui mesdames et messieurs, ce mercredi 28 juin, Transformers – The Last Knight arrive dans les salles obscures françaises. Ce cinquième opus de la saga emblématique portée par Michael Bay nous avait déjà été présenté en partie il y a maintenant quelques semaines, dans 24 minutes d’extraits inédits. Cependant, nous n’avions pas vraiment été convaincus. Mais nous voilà rassurés. Si le nouveau film de Bay est loin d’être parfait, il s’avère plus concluant que ce que nous avions entrevu en avril dernier. 

       

      Michael Bay : ce maître incontesté de l’action 

      S’il y a bien une chose qu’on ne peux pas reprocher à Bay, c’est bien sa capacité à créer des scènes d’actions aussi titanesques qu’inventives. Avec ce nouveau Transformers, nous constatons que celui-ci n’a absolument pas perdu la main. En outre, le pyromane Michael a décidé de tourner la totalité du film en IMAX 3D, ce dont il aime parler en interview, non sans la moindre fierté d’ailleurs. De ce fait, nous bénéficions non seulement d’une mise en scène dynamique comme ce réalisateur sait nous en offrir, mais nous découvrons également une qualité d’image d’une fluidité à couper le souffle. Pour le reste, il n’y a pas grand chose à dire. Des explosions dignes de Michael Bay, une démesure propre aux blockbusters actuels, bref, de l’action-divertissement digne d’un Transformers. Une mention honorable est à faire concernant le design des vaisseaux spatiaux et à la bataille qui se déroule dans les airs. Michael Bay a de quoi être fier de son tournage en IMAX 3D, car cette méthode cinématographique se marie parfaitement au grandiose des vaisseaux envahisseurs et à ses plans aériens parfaitement filmés. 

      Transformers 5 - 5

      Un problème flagrant de rythme 

      Cela peut paraître paradoxal dans un film aussi testostéroné mais les problèmes du film viennent en partie de là. Le film ne s’arrête jamais. Bien évidemment, Transformers n’a jamais eu l’ambition d’être un film intellectuel ni même particulièrement crédible. Sa seule ambition est de faire déconnecter les cerveaux à grands coups d’explosions et de combats de robots. Cependant, même dans un film dont l’ambition première est l’action, il serait parfois bon de faire une légère pause.

      Explications : même si nous ne demandons à Transformers aucune transcendance philosophique, il serait peut-être bien que les scènes pensées pour être posées le soient vraiment. Car si les scènes d’actions épileptiques n’ont rien de désagréable et offrent un bon moment de détente, les scènes censées être explicatives sont toutes aussi épileptiques. Chaque scène supposée exposer le contexte ou tout simplement calmer le jeu après beaucoup d’action reste filmée de manière trop dynamique, sans la moindre accalmie. Ainsi, ce qui est censé être une pause dans le récit devient juste une scène explicative bâclée, dont on essaye de se débarrasser le plus vite pour revenir aux combats. Hors, lorsqu’il n’y a plus aucune pause dans l’action, l’action finit par perdre de sa saveur. Fort heureusement, la scène d’action venant conclure le film est tellement grandiose que celle-ci rattrape les problèmes évoqués ci-dessus. 

      Transformers 5 - 4

      Des incohérences scénaristiques très voyantes

      Il faut le répéter pour éviter les amalgames : en aucun cas, nous n’attendons de Transformers un scénario poussé ou philosophique. Cependant, même en pardonnant à la saga ses facilités scénaristiques, il faut mettre en exergue les incohérences. Deux principalement sont à noter. 

      La première concerne la purge des Transformers. Le film s’ouvre sur une purge visant aussi bien les Autobots que les Decepticons. Les humains tuent sans discernement la race de métal afin de préserver l’humanité, inquiète suite aux nombreuses invasions extra-terrestres. Cependant, nous découvrons rapidement que les principaux lieutenants du méchant Mégatron sont… en prison. Pourquoi ? ils n’ont pas vraiment d’informations à leur soutirer, Mégatron n’est clairement pas disposé à collaborer avec les humains et pour couronner le tout, ses lieutenants sont de dangereux psychopathes qui tuent juste pour le plaisir. À quoi bon nous présenter un monde dans lequel tous les Transformers sont traqués et tués (les bons comme les méchants), si c’est pour ensuite nous montrer une jolie prison pour robots où sont détenus les pires ? Cela n’a aucune cohérence avec le monde que l’on s’est évertué à nous présenter au début du film. Évidemment, chaque guerre implique des otages et capturer les principaux lieutenants ennemis est toujours intéressant pour l’autre camp. Mais dans ce contexte précis, cela ne marche pas car, comme précisé auparavant, il n’y a pas d’information à leur soutirer et Mégatron est disposé à tout sauf à collaborer (ce que n’importe quel personnage comprend au moindre coup d’œil). Pourtant, une partie du film est dédiées à une soi-disant collaboration avec le maître des vilains, alors que mêmes les personnages du films savent que c’est inutile. Bref, une incohérence dont on aurait clairement pu se passer en laissant Mégatron ourdir ses plans de son côté. 

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      La deuxième incohérence concerne l’élément clé de ce cinquième épisode, à savoir le grand Optimus Prime. Nous n’en dirons pas trop ici pour éviter les spoilers, mais une chose est à retenir : il change de camp comme de chemise. Si son développement psychologique avait un remarquable potentiel scénaristique, il ne faut pas oublier que nous sommes dans un film Transformers. De ce fait, le développement d’Optimus est totalement éludé et ses changements d’humeur également. Tout est balayé d’un revers de la main, encore une fois pour en revenir à l’action. Du coup, cet incroyable potentiel s’est retrouvé gâché alors qu’il s’agissait probablement de l’aspect le plus important à développer. Ceci est véritablement décevant d’ailleurs quand on sait qu’une bonne partie de la promotion s’est faite sur cet aspect de l’histoire. Dommage. 

      Transformers – The Last Knight est un agréable film d’action-divertissement à l’instar de ses prédécesseurs. Efficace et bien réalisé, il réussit encore une fois sa mission de faire débrancher les cerveaux pendant quelques heures. Cependant, les problèmes de rythme et les incohérences scénaristiques viennent ternir le plaisir car ceux-ci sont beaucoup trop flagrants pour être ignorés. Bref, du bon et du mauvais mais une chose est sûre : beaucoup de choses sont à dire. Le film vaut indéniablement le coup d’œil sur grand écran rien que pour son format IMAX 3D si cher à Michael Bay et si bien maîtrisé par ce dernier. 

       

      Bande-annonce : Transformers – The Last Knight

      https://www.youtube.com/watch?v=am-0-ZNA2aQ

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      Robin Uzan
      Journaliste, photographe et réalisateur indépendant, écrire pour Justfocus est un de mes plus grands plaisirs. Bonne lecture !

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