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      Deauville – 2017 « The Yellow Birds » d’Alexandre Moors : Panorama sur les horreurs de la guerre

      Déjà présent à Deauville en 2013 pour son long-métrage Blue Caprice, Alexandre Moors est de retour au festival du cinéma américain avec The Yellow Birds. Le réalisateur français établi aux USA nous présente ici un film de guerre réaliste et impactant, qui semble aussi bien fustiger l’armée américaine qu’honorer les soldats qui lui dévouent leur vie. 

      Une fresque contemplative sur l’inutilité de la guerre

      Dans The Yellow Birds, pas de patriotisme dégoulinant ni de grands discours qui remontent le moral des troupes. La guerre est seulement montrée comme ce qu’elle est : une succession de missions dangereuses où la mort est omniprésente. Ainsi, le film semble être aussi bien un pamphlet anti-guerre, qu’un hommage aux soldats qui dévouent leur vie à l’armée, quitte à en revenir brisés (voir à ne pas en revenir). Les images présentées sont d’une sobriété déconcertante, nous immergeant sans grande difficulté dans l’atmosphère du film. La proximité que la caméra instaure avec ces personnages nous attache immédiatement à eux, rendant l’empathie bien plus naturelle que dans d’autres films de guerre. 

      Les plans lancinants sur les paysages et sur les personnages réveillent une sorte de fascination pour eux, tout en nous obligeant à nous questionner sur l’utilité de leur combat. Force est  de constater que malheureusement, leur combat semble dérisoire, servant des intérêts moralement flous et une cause qui ne les concerne pas vraiment. In fine, ces soldats sont les grands perdants d’une guerre qui n’est pas la leur et dans laquelle on les a envoyé sans vraiment leur dire pourquoi (si cela ne vous évoque pas Rambo, c’est qu’il vous faut regarder ce film immédiatement, bien que le registre soit totalement différent). 

      Des acteurs efficaces et tout en retenue

      La sélection d’acteurs et d’actrices désignés font, sans être inoubliables, très correctement leur travail. On peut féliciter Alexandre Moors d’avoir choisi Alden Ahrenreich comme rôle-titre. Le jeune acteur, désigné pour être le nouvel Han Solo, a déjà fait ses preuves dans des films d’auteurs tel que Tétro de Francis Ford Coppola. Son interprétation dans The Yellow Birds confirme sa capacité à jouer des personnages timides et torturés. Jennifer Aniston fait également correctement son travail et est aussi émouvante que crédible en mère aimante. Enfin, c’est un plaisir de retrouver Tony Collette, dans un rôle maternel également. Cette dernière, extraordinaire dans Little Miss Sunshine, est la représentation même de la famille impuissante face aux changements radicaux de son enfant revenu de la guerre. Si la performance de chaque acteur est sommes toute correcte, l’osmose créée entre les personnages et leurs interprètes est très réussie. 

      Il est difficile de décrire en détail The Yellow Birds, tant cette fresque contemplative doit se découvrir, se ressentir et s’apprécier en fonction de sa propre sensibilité. Certains adoreront, d’autres haïront, mais il est probable que les spectateurs ne ressortent pas indifférents de leur salle de cinéma. 

      Robin Uzan
      Journaliste, photographe et réalisateur indépendant, écrire pour Justfocus est un de mes plus grands plaisirs. Bonne lecture !

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