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      Deauville 2017 – « Mary » de Mark Webb : une tendre et chaleureuse fable familiale

      Connu pour son succès d’estime 500 jours ensemble et pour sa saga des Amazing Spiderman, Mark Webb revient à la réalisation avec une tendre histoire familiale. Mary relate l’histoire de Frank et de sa petite nièce. Cette dernière étant un jeune prodige des mathématiques, cela ne manque pas de susciter l’intérêt de sa grand-mère (avec qui Frank a coupé les ponts). Très rapidement, un combat juridique familial s’engage pour décider du destin de la petite fille… Ce petit bijou simple et chaleureux présenté au Festival Américain de Deauville nous offre un moment de divertissement sans prétention, dans lequel les histoires familiales côtoient les émotions sincères. 

       

      Un traitement sobre et rafraîchissant 

      Quel plaisir de pouvoir profiter d’un film divertissant, intelligent mais surtout sobre. Mary bénéficie d’une réalisation académique, d’un traitement de personnages simple et d’une écriture sans prétention. Pourtant, quelle réussite ! Cette sobriété est à l’origine du charme de l’histoire, tout en ne l’empêchant pas d’être profonde. Nous sommes confrontés aux relations les plus complexes qui soient : les relations familiales. L’amour, la rancœur, les difficultés de communication, le sacrifice… Grâce à ce traitement plus que réaliste, il est aisé de s’identifier aux personnages et à leurs dilemmes. 

      Ce qui frappe le plus dans cette histoire, c’est à quel point les adultes peuvent nuire au bonheur de leur descendance. Là est probablement la critique principale que nous pouvons déceler. Le film met en avant l’aveuglement des parents désireux de contrôler le destin de leurs enfants. Cet aveuglement est personnifié par le personnage de la mère / grand-mère, prête à troquer le bonheur de sa descendance pour la faire entrer dans l’histoire. A l’opposé de cet odieux personnage, nous retrouvons un autre modèle parental, lui beaucoup plus appréciable : celui qui ne veut que le bonheur de l’enfant qu’il élève, tout en doutant de ses capacités à le rendre heureux. Ainsi, ces deux modèles parentaux se retrouvent en totale contradiction, pour une intéressante critique des différents modes d’éducation. C’est donc au spectateur de se faire sa propre idée sur ce qu’il juge adéquat pour l’enfant, aussi bien en termes d’évolution sociale que de bonheur.

      Des acteurs adaptés à leur rôle 

      Nous avons le droit à un quasi sans-faute de la part des acteurs de ce long-métrage. Commençons par la jeune Mckenna Grace, aka Mary, l’enjeu principal du film. Il est toujours très difficile pour des enfants aussi jeunes de tenir la cadence face à des acteurs d’envergure internationale (ici en l’occurrence Chris Evans, Octavia Spencer et Lindsay Duncan). Mais la jeune actrice n’en est pas à son coup d’essai en terme cinématographique, puisqu’elle peut déjà se vanter d’avoir une filmographie bien étoffée pour son âge (incluant des blockbusters tels qu’Independance Day Résurgence). Ainsi, cette jeune fille s’avère parfaite dans le rôle de Mary. Attachante, touchante et drôle, celle-ci s’adapte parfaitement à son personnage si complexe et émotif.

      Chris Evans est lui aussi très correct dans son rôle, mais ne tire malheureusement pas son épingle du jeu. Bien qu’il soit tout à fait adapté au rôle de l’oncle aimant et paternel, il ne casse pas vraiment son image de boy-scout qui lui colle à la peau grâce à Captain America. Belle performance donc, mais espérons que celui-ci saura se défaire de cette image de héros à la bannière étoilée. Peut-être d’ailleurs est-ce nous, en tant que spectateurs, qui avons encore du mal à le voir dans d’autres rôles. Affaire à suivre, en espérant que ce dernier choisira correctement ses prochains rôles (quitte à être dans l’auto-dérision comme il a pu le faire dans Scott Pilgrim VS The World). 

      Égale à elle-même, Octavia Spencer nous offre encore une performance délectable avec son personnage de substitut maternel particulièrement attachant. Toujours présente quand il le faut et toujours aussi douée pour balancer les punchlines, c’est un véritable plaisir de la voir étoffer ce joli casting. 

      Enfin, un mot sur l’incroyable Lindsay Duncan (Birdman, Sherlock). L’actrice britannique est tout simplement parfaite en mère autoritaire, bornée et manipulatrice. Elle est de ces actrices donnant vie à des personnages qu’on adore détester (ce que nous avions déjà pu constater dans Birdman, tant son rôle de critique aigrie est méprisable). Grâce à une interprétation toute en finesse et à des dialogues parfaitement maîtrisés, celle-ci se fond parfaitement dans son rôle de mère et de grand-mère, tantôt douce (ce qu’elle est par intérêt), tantôt cassante (ce qu’elle est par nature). Une magnifique performance qui donne envie de la découvrir rapidement dans d’autres films et d’autres registres. 

      Drôle, tendre, chaleureux et divertissant, Mary a tout pour plaire aux publics les plus variés. Une petite pépite humble qui devrait sans difficulté charmer le jury de la compétition.  

       

      Bande-annonce Mary

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      Robin Uzan
      Journaliste, photographe et réalisateur indépendant, écrire pour Justfocus est un de mes plus grands plaisirs. Bonne lecture !

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