Critique « Justice League » de Zack Snyder : un film hybride décevant

Critique « Justice League » de Zack Snyder : un film hybride décevant

Note

Critique « Justice League » de Zack Snyder : un film hybride décevant

Scénario

Réalisation

Effets visuels

Casting

Personnages

Summary:
Très loin de la qualité de Avengers, Justice League est un film hybride, qui signe la fin de l'ère Zack Snyder au sein du DCU.

54%

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Alors que le DC Universe peine à convaincre, Justice League s’annonçait comme la pierre angulaire de l’univers, comme LE film qui allait remettre sur les rails le DCEU. Cependant, Justice League est un film hybride, pas totalement raté, mais qui peine à suivre la ligne directrice appliquée dans les précédentes œuvres. Justice League est symptomatique des mauvais films de super-héros actuels, et signe peut-être un tournant dans la carrière de Zack Snyder.

 

Une équipe impressionnante pour un rendu décevant

Il y avait du beau monde dans ce projet. Une équipe encore plus impressionnante que celle des comics. Zack Snyder à la réalisation. Un cinéaste avec une véritable vision, sombre, pessimiste, lente, mais aussi splendide, cherchant toujours à magnifier ses personnages. Au sommet de son art avec Watchmen, le cinéaste a légèrement perdu sa verve et son identité depuis qu’il a rejoint le DCEU. Un Man of Steel superficiel où ses questionnements et son style étaient dilués dans un pathos dégoulinant et un Batman V Superman avec un potentiel énorme, gâché par les coupes de la Warner qui ont réduit le film. 

Justice League signe sa reddition, un film qui n’a plus grand-chose à voir avec sa vision. Le cinéaste n’a d’ailleurs pas terminé le film pour raisons personnelles. La Warner a alors appelé Joss Whedon à la rescousse, le réalisateur d’Avengers 1 et 2, remercié par Marvel après l’échec critique du second opus. Ce dernier a reshooté le film et y a incorporé sa vision. Malheureusement, ces deux réalisateurs aux visions opposés ont créé un effet d’annulation. Les deux styles ne parviennent pas à coopérer, ce qui donne un film hybride entre deux mondes. Le style sombre et badass de Snyder est dilué dans le punch et la couleur de Whedon. Les deux styles ne parviennent pas à coexister, ce qui crée un résultat superficiel à la limite du fake.

Le casting était imposant. Cette jeune équipe, emmenée par Ben Affleck, devait briller. Nous retrouvons également Jason Momoa, impressionnant en Aquaman, imposant sa classe, son style à un personnage obsolète et pas forcément très apprécié, qu’il modernise totalement. Les autres acteurs ne sont pas exceptionnels. L’outsider Ray Fisher s’en sort avec les honneurs dans les circuits de Cyborg, certainement le personnage le plus intéressant du film, dont les enjeux sont à peine effleurés. Ezra Miller, dans le costume de Flash, est le comique de service, le personnage qui fait du pied aux geeks, parfois avec humour, parfois avec lourdeur. Vient le trio de tête : Henry Cavill (Superman), Gal Gadot (Wonder Woman) et Ben Affleck (Batman). Le premier est fidèle à son jeu terne et froid, qui sied parfaitement à l’homme d’acier, le problème vient de l’écriture du personnage. Gal Gadot n’arrive pas à feindre une émotion, et parvient même à être gênante à l’écran. Elle n’est pas aidée par une écriture paresseuse de son personnage, dont les répliques tombent à plat. Si ce n’est son introduction réussite, Wonder Woman a peu de place pour s’exprimer. Mais le véritable affront vient de Ben Affleck. L’acteur qui veut abandonner le rôle de Batman le montre clairement à l’écran. Morne, morose, triste, Ben Affleck fait la gueule et ne se donne plus le mal d’insuffler la moindre identité à son personnage. Reste la musique de Danny Elfman qui joue subtilement sur sa composition du Batman de Tim Burton et les musiques de Hanz Zimmer, précédent compositeur du DCU.

 

Un gros problème d’écriture 

Au-delà d’un scénario parfaitement commun, Justice League souffre d’un énorme souci d’écriture. Histoire classique de quête d’artefacts, opposition d’un méchant fade qui n’est pas aidé par une matérialisation en CGI, création rapide d’une équipe à la manière de Suicide Squad, le film n’a pas une grande originalité. Le montage trace sa route à une vitesse folle, sans laisser le temps à une véritable intrigue de se mettre en place, jusqu’à un dénouement sans réelle consistance.

Mais ce problème d’écriture touche aussi les personnages, notamment Batman et Superman. Le premier a perdu son côté antihéros de Batman V Superman et se place dorénavant comme un leader fatigué, à peine investi dans ce projet. Ben Affleck n’aidant pas, Batman devient pratiquement un running-gag, malmené par ses ennemis et ses amis. Lancé comme une vieille chaussette par Superman, le personnage devient un effet comique à lui tout seul. Quant au tant attendu retour de Superman, celui-ci est malheureusement fade. Comme si cet épisode n’était pas totalement assumé. Si ce n’est une courte bataille torse-nu, Superman n’a pas le grand retour héroïque tant attendu. Dans une discrétion décevante, le personnage se réintroduit à l’univers avec presque autant de paresse que Kenny dans South Park. Une résurrection anecdotique. Puis après une courte partie « La petite maison dans la prairie » Superman revient au combat, là-aussi avec discrétion, presque par la petite porte. Où est le grand dieu décrit dans BvS ?

Quant aux personnages secondaires, notamment Alfred et le commissaire Gordon, ils sont totalement délaissés par le scénario. Pourtant les choix de casting étaient excitants. Jeremy Irons, dans la peau du majordome de Batman, n’existe presque pas et l’acteur semble le savoir. Presque inexistant, ce n’est pas mieux avec le commissaire Gordon. Très loin de l’importance de Gary Oldman dans les Batman de Nolan, celui-ci n’apparaît pratiquement pas. Le talent de JK Simmons est laissé au placard. Ces personnages font davantage l’effet d’un fan service, que d’éléments servant à faire avancer l’intrigue. Une utilisation d’acteurs talentueux pour rien.

Ludique et divertissante cette Justice League n’aura rien de plus. La version hybride de Snyder et Whedon crée un effet d’annulation entre ces deux visions. Le film ne ressemble plus à rien, accumulation de scènes anecdotiques face à un ennemi bien fade. L’histoire est d’un ennui total. Si Flash reste drôle, Cyborg attachant et Aquaman charismatique, le souci vient des trois personnages principaux. Superman est lui aussi anecdotique, sa résurrection ratée, presque non assumée, Ben Affleck n’est pas investi, et Gal Gadot n’est pas convaincante. Les effets visuels restent acceptables mais l’animation de Flash est à des années-lumières de celle de Vif Argent dans les X-Men.

Bande-annonce Justice League 

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