Critique « Green Room » de Jeremy Saulnier

0
54

Après le drame familial Blue Ruin (2013), caractérisé par son extrême violence, Jérémy Saulnier récidive avec Green Room, un survival voyant un groupe de punk rockers pris en otage par une bande de skinheads voulant leur faire la peau.

Gore assumé et punk rock en toile de fond : forces et faiblesses de Green Room

Lors de son intervention au Club de l’Etoile, après la projection de son film en mars dernier, Saulnier avouait s’être inspiré des Chiens de paille de Sam Peckinpah (une histoire minimaliste pour un pur film de survie). Saulnier souhaitait, dans cette histoire de survie, baser son propos sur la scène punk des années 90 aux Etats-Unis, scindé entre les punks au sens classique du terme et les punks néo-nazis. Malheureusement, cette scission n’a pas été exploitée et sert de prétexte pour lancer le survival.

Darcy (Patrick Stewart) à la tête d'une équipe de skinheads hyper violents
Darcy (Patrick Stewart) à la tête d’une équipe de skinheads hyper violents – Copyright Broad Green Pictures 2016

Si Sam Peckinpah a su nous tenir en haleine dans Les Chiens de Paille par un rythme lent, malsain, érotique, inquiétant, parsemé de quelques moments gore qui n’éclatent qu’aux trois quarts du film, le film de Saulnier, bien qu’on ne s’y ennuie pas, démarre très vite avec des effets gore et est envahi d’images de violence. La cadence des images et effets ne laisse pas de place pour la tension et le suspense de l’attente. A aucun moment, le spectateur n’a de répit face à ce spectacle extrêmement brutal. Néanmoins, l’une des forces du film est d’assumer pleinement cet aspect hyper gore. On regrettera cependant que l’énergie de la musique punk rock n’ait pas plus servi le propos du film.Mention spéciale à Patrick Stewart qui joue Darcy (qu’on a pu voir dans plusieurs épisodes de X-Men dans le rôle du professeur Xavier), le chef des néo-nazis.

Ambiance glauque et femme forte

Imogen Poots dans le rôle de la très déterminée Amber - Copyright Broad Green Pictures 2016
Imogen Poots dans le rôle de la très déterminée Amber – Copyright Broad Green Pictures 2016

On notera l’évolution du personnage féminin, Amber, campé par Imogen Poots. D’une position de faible, elle va graduellement s’affirmer, jusqu’à prendre le rôle de leader, attribué traditionnellement au protagoniste masculin. Prête à tout pour survivre, c’est elle qui inventera  la majorité des stratagèmes pour lutter contre les skinheads. Green Room a été nominé à la Quinzaine des Réalisateurs 2015 et au festival du Cinéma Américain de Deauville. Un film bien mené avec montée d’adrénaline garantie.