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      Découvrez en bd le cinéaste Wim Wenders

      Le dessinateur Stéphane Lemardelé est également storyboardeur mais cette profession est mal connue. Dans Le Storyboard de Wim Wenders, il profite d’un tournage avec le cinéaste allemand pour expliquer son métier et faire découvrir les coulisses d’un film indépendant. Attention, ça tourne…

      L’envers de l’écranUn tournage de Wim Wenders

      Vivant au Québec depuis 1995, Stéphane Lemardelé a commencé comme storyboardeur avant de devenir tardivement dessinateur de bandes dessinées. Dans ce nouveau roman graphique, il veut raconter les différentes étapes de la création du film de Wim Wenders Every Thing Will Be Fine. Il part de la rencontre avec le cinéaste puis détaille la rédaction du script, les repérages, les prises de vue, la création du storyboard et enfin le tournage en extérieur et en studio. Ce livre est donc à la fois une plongée dans la création pour un cinéphile et un manuel facile d’accès pour un apprenti cinéaste. Le cinéma quitte la théorie pour devenir pratique : doit-on enlever un pan de mur pour filmer ?

      Le lecteur découvre les coulisses mais pas celles que l’on représente souvent du réalisateur ou d’un acteur mais du storyboadeur. Sous l’autorité du réalisateur, son travail est de préparer le tournage en faisant des dessins de chaque plan et donc de planifier tout le travail. Stéphane Lemardelé décrit les techniques pour passer du brouillon aux photos puis au dessin final. On comprend l’intérêt de son travail car ses images concrétisent les idées du cinéaste.

      Wim Wenders explique pourtant qu’il a rarement recours à un storyboard. Cependant, une préparation fine est nécessaire pour une scène. L’équipe ne peut tourner plus de trois heures par jour car un enfant est à l’écran. De plus, le tournage se fait sur la glace dans une cabane en bois sur le lac gelé et il faut qu’il neige. Le Storyboard de Wim Wenders montre aussi la particularité du cinéma d’auteur. Le tournage en petite équipe offre une grande souplesse et permet donc l’improvisation. Dans la dernière partie on découvre d’autres intervenants comme les techniciens de la lumière, les décorateurs, les ingénieurs du son…

      Une rencontre artistiqueUn débat avec Wim Wenders

      Le Storyboard de Wim Wenders est également une plongée dans l’esprit d’un cinéaste. Stéphane Lemardelé nous raconte le parcours de Wim Wenders. On comprend l’intensité et la durée de la réflexion du cinéaste par des images extraits des différentes périodes du cinéaste. Le livre a d’ailleurs été relu et corrigé par le cinéaste. Par les dialogues avec son équipe, on comprend qu’il est obsédé par la lumière et s’inspire de la peinture. Humble, il se présente comme un étudiant velléitaire qui a découvert la cinémathèque pour profiter du chauffage. Prenant des notes pour se souvenir des chocs visuels qu’il reçoit, il devient critique. C’est à ce moment qu’il devient accro à la pellicule. Le roman graphique est l’occasion de comprendre la pensée du cinéaste allemand. Il est très attaché aux lieux car les choses délabrées ont une surface dont l’aspérité permet aux souvenirs de s’accrocher. Stéphane Lemardelé reproduit dans son dessins les nombreux effets de matière.

      Malgré sa carrière, il reste passionné par les nouvelles techniques. La 3D fait sortir le cinéma de la peinture. Wim Wenders y trouve un nouveau champ d’exploration dans la technique, le rapport aux acteurs et le résultat. La liberté procurée par l’acte de création est pour lui la dernière aventure contemporaine. En tant qu’artiste, il veut s’emparer de ces nouvelles technologies pour ne pas les laisser aux commerçants. Il est amusant de lire cette attention à la technique moderne alors que le dessin de Stéphane Lemardelé imite le crayon. Les traits laissant volontairement une impression de croquis dissimulent une mise en page rigoureuse.

      Édité par La Boîte à Bulles, Le storyboard de Wim Wenders conjugue une double réussite. D’une part, elle est une bd de reportage permettant de comprendre les métiers et le fonctionnement d’une équipe de tournage d’un film indépendant. D’autre part, elle est un portrait d’un cinéaste posant sur son art un regard passionné et aventureux.

      D’autres reportages en bd vous attendent sur le site avec Mon rond-point dans ta gueule et Tiki.

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