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      [Critique] The Handmaid’s tale – saison 1

      Vous n’avez pas pu passer à côté, The Handmaid’s tale est LA série dont tout le monde en parle en ce moment !

      the handmaid's taleThe Handmaid’s Tale est une série télé américaine diffusée depuis le mois d’avril sur la plateforme de vidéo à la demande américaine Hulu. Elle a débarqué très récemment en France sur OCS, le 27 juin dernier, après avoir conquis la critique et les téléspectateurs outre-Atlantique. Adaptée du roman de science-fiction du même nom « La Servante écarlate » en français, sans doute plus facile à retenir pour les moins bilingues d’entre nous, a été écrit par Margaret Atwood dans le Berlin Ouest de 1985. Pourquoi tout le monde parle de cette série? Just Focus vous livre ses impressions.

       

      The Handmaid’s tale

      Il s’agit bien d’un conte, comme son titre l’indique, mais autant l’annoncer rapidement : The Handmaid’s tale est en réalité une dystopie incroyable. Dans un futur qui peut sembler proche, après de violentes catastrophes environnementales, les États-Unis et le monde entier sont confrontés à un problème grave de natalité. Pour y échapper, la religion a pris le pouvoir sur la politique et un régime totalitaire impose aux hommes et surtout aux femmes des règles très strictes. Elles sont alors divisées en trois classes : les Épouses – stériles – de la classe dominante doivent accepter dans leur foyer la présence d’autres femmes capables, elles, de tomber enceintes. Il s’agit des Servantes écarlates. Leur but est bien sûr d’inverser la chute démographique liée à l’infertilité. Enfin, dans la dernière catégorie sont regroupées les Marthas, stériles elles aussi, elles sont elles aussi placées dans des foyers et s’occupent de la maison et des tâches domestiques. Toutes les autres femmes sont déportées dans les Colonies où elles manipulent des déchets toxiques jusqu’à une mort certaine. C’est aussi le sort réservé à toutes celles qui n’obéiraient pas aux règles, cérémonies et autres contrôles exercés par le pouvoir.

      Une des Cérémonie religieuses dans The Handmaid's tale
      Une des Cérémonie religieuses dans The Handmaid’s tale

      Une voix féminine

      C’est Elisabeth Moss (Mad Men) ou plutôt June, qui nous raconte son histoire et toute la narration de The Handmaid’s tale passe à travers ses yeux. Elle incarne une de ces rares femmes encore fertiles, contrainte à l’esclavage sexuel. Au début du récit, elle intègre le foyer d’un des couples les plus puissants du nouveau gouvernement en place : le Commandeur Fred Waterford, joué par Joseph Fiennes (American Horror Story) et sa femme Serena, Yvonne Strahovski (Chuck, Dexter).
      Pour survivre à son quotidien infernal dans la tyrannie masculine, elle se remémore sa vie d’avant, sa meilleure amie Moira, interprétée par Samira Wiley (Orange is the new black), son mari Luke joué par O.T. Fagbenle (The Five), sa fille qu’elle a longuement tenté de protéger ; ces nombreux flashback permettent au spectateur de comprendre petit à petit la révolution qui a mené au basculement du pouvoir.

       

      Une mise en scène symbolique 

      La mise en scène de The Handmaid’s Tale et la manière de filmer jouent sur les contrastes des couleurs, qui renvoient chacune à une émotion. Devenue Offred, (« of Fred » : qui appartient à Fred, le maitre des lieux) elle doit désormais se vêtir de longue cape rouge, qui s’apparente très rapidement à sa souffrance morale, sa soumission traumatisante. En changeant son nom et en choisissant sa tenue, on lui impose aussi une certaine négation de personnalité. La culture est celle de l’inégalité absolue entre les genres : le rôle des deux sexes qui constituent une société est complétement remis en question. Les hommes, et tous ceux qui incarnent le pouvoir, ne s’habillent que de noir, qui représente leur autorité aussi agressive qu’indomptable et leurs Épouses sont elles en vert foncé (aigreur, jalousie et déception), les domestiques (Marthas) en vert clair. On sent que les décors et costumes ont été pensés avec un soin tout particulier afin d’augmenter le sentiment d’asphyxie collective qui règne dès le premier épisode.

       

      Une réflexion oppressante sur la condition de la femme

      Pertinent au moment de sa publication, il y a trente ans, l’adaptation de The Handmaid’s tale l’est toujours autant si ce n’est plus à l’heure actuelle, dans l’Amérique de Donald Trump.  Margaret Atwood est d’ailleurs productrice et consultante sur le projet, notamment sur les parties qui extrapolent ou modernisent le roman. Les dix épisodes qui constituent la saison 1 résument l’oeuvre originale, ce qui signifie que la saison 2, déjà en cours de tournage, sera totalement inédite ! Et autant vous dire que l’épisode 10 nous laisse plein de questions !
      Incontestablement LA série à regarder cet été, l’adaptation du roman est une superbe réussite, tout en subtilité et glaçante de réalisme. Ce goût pour l’ordre, ce besoin de règles précises illustrent une époque que l’on pensait révolue mais qui ne semble jamais complètement disparaitre. Vous l’aurez compris, The Handmaid’s tale est un récit complet qui s’interroge sur le genre, l’altérité, le féminisme, le vivre ensemble, la démocratie, mais aussi sur l’imagination, et la confiance qu’on peut placer dans l’homme.

       

       

       

      « Nous vivions, comme d’habitude, en ignorant. Ignorer n’est pas la même chose que l’ignorance, il faut se donner de la peine pour y arriver. »

       

       

       

       

       

       

       

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