[Critique] Palms de Thrice : alchimie et maturité

[Critique] Palms de Thrice : alchimie et maturité

Thrice revient pour son dixième album, Palms, sorti chez Epitaph Records. Le groupe de post-hardcore livre cependant son deuxième album depuis sa reformation en 2015. Après l’acclamé To Be Everywhere is To Be Nowhere (2016), que vaut ce nouvel opus ?

Thrice, Palms, Epitaph Records, post hardcore, rock

Présents depuis deux décennies sur la scène rock alternative, Thrice est devenu un groupe de référence quand il s’agit d’allier qualité des compositions, d’interprétation, et surtout une capacité à évoluer et se réinventer. Commençant par des albums plus bruts comme The Illusion Of Safety (2002), les Américains ont incorporé petit à petit diverses expérimentations : Vheissu (2005) ou The Alchemy Index (quatre albums sortis entre 2006 et 2008) en sont de bons exemples.

Le meilleur de Thrice

Si le groupe réussit encore une fois à livrer un album qui ne fait pas réchauffé, on retrouve ce qui fait la recette de leur succès.

Dustin Kensrue (chant), Teppei Teranishi (guitare), Eddie Breckenridge (basse) et Riley Breckenridge (batterie) ont vraiment une très bonne alchimie entre eux. Le jeu de chaque musicien permet aux autres de s’élever et de briller : La voix de Dustin Kensrue est portée par les arrangements des guitares et des synthés, la basse et la batterie sont très cohérentes.

A noter également que les parties rythmiques de Thrice sont toujours très intéressantes : il y a beaucoup de mesures composées (qui ne sont pas en 4 temps) ou des rythmes qu’on n’attend pas forcément, qu’ils soient présents dans le fond ou carrément dans un refrain.

Le morceau The Grey aurait très bien pu figurer sur les premiers albums du groupe, grâce au côté énervé des riffs et de la rythmique. La maturité des musiciens rend cependant encore plus justice à la force de la chanson. Thrice 2018 est toujours puissant.

 

My Soul est plus dans l’esprit de Beggars (2009), une sorte de ballade mélancolique qui ne perd pas en intensité. A Branch In The River rejoint le post-hardcore du culte The Artist in the Ambulance (2003). Hold Up A Light est la juste continuité du morceau précédent : un refrain qui reste dans la tête et une batterie qui frappe fort.

Une nouvelle phase pour le groupe

Everything Belongs sonne nouveau pour Thrice. Même si la voix de Dustin Kensrue et la rythmique asymétrique se reconnaîtrait à des kilomètres, le morceau semble ajouter quelque chose de nouveau à l’esthétique du groupe. Alliant une ballade au piano et des nappes de synthétiseurs, le titre ferait penser à du Coldplay en beaucoup plus épique. Blood on Blood étonne par son début à la guitare acoustique et aux percussions.

Palms s’ouvre avec Only Us, un titre qui permet à Thrice de reconnecter avec son son habituel mais d’ajouter de la nouveauté, grâce aux synthés/moogs du début. Le titre en lui-même est d’ailleurs une excellente introduction à l’album. On retrouve la puissance, la voix poignante, et les riffs lourds.

 


Note : 8.5/10

Thrice est réellement un des groupes les plus importants de son style, qui continue d’inspirer malgré 20 ans de carrière.

Thrice, Palms, Epitaph Records, rock, rock alternatif, post-hardcore

Palms sonne comme le groupe avec lequel on a grandi, qui aurait finalement grandi avec nous. Il a pris en maturité, et ce depuis quelques années déjà. L’évolution est progressive, sans jamais renier ses débuts. La voix sur laquelle Thrice se trouve est résolument la bonne. En pleine possession de sa créativité, Thrice s’impose encore une fois comme un groupe incontournable de notre génération.

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